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Violences sexistes et sexuelles

MeToo Hôpital. Des travailleuses de la santé dénoncent les violences sexistes et sexuelles au travail

En réaction à la dénonciation de l’infectiologue Karine Lacombe sur les multiples violences sexistes et sexuelles commises par l’urgentiste Patrick Pelloux dans son service, la parole des soignantes se libère.

Sauvane Lemel

16 avril

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MeToo Hôpital. Des travailleuses de la santé dénoncent les violences sexistes et sexuelles au travail

Depuis plusieurs années, le Pr. Karine Lacombe, infectiologue spécialiste du VIH, des hépatites et du Covid-19, évoque le sexisme dans la médecine, et particulièrement son expérience auprès d’un urgentiste qu’elle a qualifié de « prédateur sexuel ». Dans le cadre d’une enquête publiée par Paris Match mercredi dernier, celle-ci a confirmé qu’elle évoquait le Dr. Patrick Pelloux, urgentiste ayant exercé à l’hôpital Saint-Antoine, jusqu’à sa mutation au SAMU de Paris en 2008 en raison des nombreux signalements qui l’auraient visés. Cette enquête a eu pour effet de mettre en lumière le problème des violences sexistes et sexuelles subies par le personnel soignant, et de pousser plusieurs centaines de soignantes à témoigner sur les réseaux sociaux à travers le hashtag #MeTooHopital.

Ce phénomène a été signalé à de multiples reprises. En effet, l’association Donner des ELLES, luttant contre le sexisme au travail dans le secteur de la santé, publie chaque année un baromètre des violences sexistes et sexuelles vécues par les soignantes. En 2023, l’organisme a constaté que 82 % des femmes travaillant en milieu hospitalier se sont déjà senties discriminées en raison de leur genre, que 78 % des femmes médecins déclarent avoir été victimes de violences sexistes, et que 30 % déclarent avoir subi des agressions sexuelles. De la même manière, en mars 2021, l’Association nationale des étudiants en médecine de France a décrit dans son enquête que 49,7 % des femmes interrogées ont reçu des remarques sexistes durant leur stage, seulement 16% l’ont signalé à une personne tierce, et 70 % ne savaient pas à qui s’adresser pour le faire, deux répondantes ont même été menacées pour qu’elles gardent le silence.

Ces violences sexistes et sexuelles sont entretenues et renforcées par la crise des services de santé qui ne cesse de s’approfondir au fil des coupes budgétaires mises en places par les gouvernements successifs. L’année dernière, ce sont les sages-femmes de la maternité des Lilas qui ont souligné le lien entre ces deux problématiques, lorsque 23 d’entre elles accusaient de harcèlement sexuel et moral un médecin. Ainsi en témoignait Corina, déléguée syndicale SUD de la maternité : « Il y a un rapport de pouvoir entre médecins et sages-femmes, il y a une hiérarchie extrêmement forte. Aux Lilas, je pense que les sages-femmes se laissent moins impressionner car elles ont davantage d’autonomie dans leur travail. Mais on a la pression de continuer à faire tourner la maternité, et si il n’y a plus de médecin on ferme... C’est le manque de médecins qui engendre cette politique de la peur. »

Cette pénurie de médecins amène souvent les directions hospitalières à ne pas protéger les soignantes. Pour y mettre fin, il faut mener un combat alliant lutte contre les violences sexistes et sexuelles et lutte pour obtenir plus de moyens pour la santé, revendiquant conjointement la mise en place de commissions de lutte contre les violences sexistes et sexuelles indépendantes des directions, la fin de la sélection dans les universités de médecine et du numerus clausus, et enfin un budget plus important pour les hôpitaux publics.


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