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Violences policières

« Sales putes », coup de poing dans le nez : trois femmes agressées par la police à Saint-Denis

Interpellées après avoir été agressées par un chauffeur de noctilien, trois femmes ont été insultées et frappées au commissariat de la Plaine Saint-Denis rapporte Streetpress. Un témoignage horrifiant à base d’insultes sexistes et de violences.

Paul Morao

25 octobre 2021

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Le témoignage publié par Streetpress la semaine dernière est glaçant. Trois femmes, Victoria, Magalie* et Juliette* racontent avoir vécu une nuit d’enfer à Saint-Denis fin septembre.

Alors qu’elles rentrent d’une soirée queer, le chauffeur du noctilien les agresse parce que l’une d’elles n’a pas composté son billet dans un premier temps. « Il l’agrippe par le bras et lui ordonne de sortir. Devant la résistance de la jeune femme, qui lui crie de la lâcher, qu’il lui fait mal et qu’elle a le droit d’être ici, l’homme la soulève et la plaque au sol. » raconte Streetpress.

S’en suit un déchaînement de violences du chauffeur et d’un de ses collègues contre la jeune femme et les deux autres qui cherchent à lui venir en aide. Un acte clairement lesbophobe et sexiste pour les trois femmes concernées. Mais la nuit est loin d’être terminée.

Les trois femmes sont en effet interpellées après que le chauffeur ait arrêté une voiture de police et les ait dénoncées comme l’ayant « agressé ». Emmenées au poste la Plaine Saint-Denis, les trois femmes sont traitées violemment. Elles racontent notamment avoir été insultées de « sales putes de gauchiste » et de « cafards ».

Au moment du transfert de Juliette et Victoria dans un autre commissariat, l’une d’elle est violemment agressée : « Sans explication, elles sont transférées dans un nouveau commissariat. (…) [Juliette] est installée à l’arrière avec Victoria. Mais la portière de droite se ré-ouvre. C’est le policier au cigare. Il assène un coup-de-poing dans le nez de Juliette, avant de refermer la porte. »

« La pétasse l’avait bien cherché. On devrait détruire ces enculés de gauchos » se vantera le policier en revenant à son poste, dans un commissariat où Magalie est restée. Après 18h de garde-à-vue au commissariat de l’avenue Jean Moulin à Saint-Denis où elles se retrouvent toutes les trois, elles seront finalement libérées.

« ‘’Aujourd’hui, si on en parle, c’est pour dénoncer les violences sexistes, lesbophobes et les violences policières. On est toujours dans un monde patriarcal’’, regrette Magalie. Après avoir hésité, pour se ménager mentalement et pour des raisons économiques, elle a pris la décision de porter plainte contre le chauffeur de bus, soutenue par Juliette et Victoria. » conclue Streetpress.

Un nouveau récit glaçant des violences policières qui témoigne, une fois plus, de la violence de cette institution sexiste et raciste, mais aussi du sentiment d’impunité des policiers.


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