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Pass sanitaire. La CGT Commerce appelle à la mobilisation samedi, les directions confédérales restent muettes

Alors que la contestation contre le pass sanitaire s'est élargie samedi dernier, de nouvelles structures syndicales appellent à la mobilisation ce samedi, à l'image de la Fédération CGT du Commerce. Des appels qui restent cependant en ordre dispersé en l'absence de plan de bataille des directions dont le boycott du mouvement ouvre la voie aux récupérations les plus réactionnaires de la colère.

mercredi 28 juillet

Les mobilisations contre le pass sanitaire et la politique autoritaire et antipopulaire du gouvernement ont pris de l’ampleur ce samedi 24 juillet sur l’ensemble du territoire. Une dynamique d’élargissement de la mobilisation qui coïncide avec la concrétisation des attaques comprises dans le projet de loi au fil des débats parlementaires qui avait marqué la semaine. Parmi celles-ci, la possibilité de licencier les salariés refusant de présenter un pass sanitaire dans les secteurs concernés.

Dans ce cadre, des organisations du mouvement ouvrier avaient appelé à rejoindre la mobilisation la semaine dernière. A l’image de l’Union Syndicale Solidaires qui appelait le 23 juillet « à participer aux mobilisations sociales » mais aussi de plusieurs sections syndicales locales et départementales, à l’image de la CGT du Cher, de la CGT du 44 ou de l’intersyndicale CGT - FO - Solidaires du Maine-et-Loire. Des sections d’entreprises étaient également mobilisées le 24 juillet à l’image de la CGT TUI France à Paris ou de la CGT Promod à Lille.

Alors qu’une nouvelle journée de mobilisation aura lieu ce samedi, de nouveaux secteurs du mouvement ouvrier ont appelé à prendre part à la mobilisation. Dans un communiqué paru ce lundi 26 juillet, la fédération Commerce et Services de la CGT appelle « l’ensemble de salariés de ses champs professionnels à participer aux mobilisations estivales pour y porter des revendications claires : Non au pass sanitaire. Oui à la levée des brevets des vaccins et à la reconstruction de l’Hôpital Public. Non à la réforme des retraites et de l’assurance chômage. » Dans les Bouches-du-Rhône, les sections départementales de la CGT ainsi que de FO ont appelé à rejoindre la mobilisation, de même qu’à Dreux ou une intersyndicale CGT – FO appelle à une manifestation au départ de l’hôpital de la ville.

Des appels qui portent des revendications souvent justes en cherchant à lier la lutte contre le pass sanitaire à la lutte contre les attaques anti-sociales de Macron mais également à la revendication de moyens pour une véritable stratégie sanitaire. Des appels qui ont cependant la limite importante de ne pas s’accompagner d’appels à la grève, à l’image de celui de la Fédération CGT du Commerce. Cette absence exprime en creux la trahison importante des directions confédérales du mouvement ouvrier, à commencer par celle de la CGT, qui s’est contentée depuis le 14 juillet d’interpeller les parlementaires dans un communiqué. Alors que la colère s’étend et que des militants syndicaux de terrain rejoignent les mobilisations en ordre dispersé, la direction de la CGT n’agite comme perspective que la date très éloignée du 5 octobre 2021, cherchant ainsi à contourner la mobilisation actuelle.

Une attitude qui laisse le champ libre à l’extrême-droite, les complotistes et autres mouvements anti-vaccins pour récupérer la colère. Certes, celle-ci s’exprime certes sur un terrain favorable à ces courants réactionnaires puisque le refus des mesures autoritaires de Macron est majoritairement marqué par un prisme individualiste vis-à-vis de la vaccination ainsi que par une profonde défiance voire une opposition explicite au vaccin. Mais si l’extrême-droite fait son marché - à commencer par Florian Philippot, ex-bras droit de Marine Le Pen, qui a réuni plusieurs milliers de personnes au Trocadéro pour un rassemblement en forme de meeting samedi dernier – c’est en profitant largement du vide laissé par les directions syndicales, qui lui laisse toute latitude pour chercher à surfer sur les ambigüités de la colère.

A l’inverse de la logique de l’extrême-droite qui instrumentalise les peurs et la défiance anti-vaccin, il serait pourtant possible de proposer une alternative en mettant le poids du mouvement ouvrier au service du combat légitime contre le pass sanitaire. Le 24 juillet dernier, les Gilets jaunes franciliens et différents collectifs ont appelé à une manifestation alternative pour donner un sens progressiste à la mobilisation : « contre le pass d’identité sanitaire ; pour un accès libre, éclairé et équitable au vaccin ; pour la levée des brevets des vaccins ; contre les réformes antisociales », et ainsi s’opposer à la récupération de l’extrême-droite. Une initiative progressiste dont devrait s’inspirer le mouvement ouvrier.

De fait, l’intervention des organisations du mouvement ouvrier est essentielle pour disputer le terrain aux secteurs réactionnaires, élargir la mobilisation et construire un rapport de forces qui puisse faire reculer le gouvernement. Avec un véritable plan de bataille et une mobilisation, le mouvement ouvrier aurait par ailleurs l’autorité de briser le consensus actuel dans le mouvement qui consiste à mettre sous le tapis la question du vaccin, en renvoyant dos-à-dos « pro » et « anti » vaccins.

A l’inverse de cette attitude, le mouvement ouvrier pourrait assumer non seulement une lutte sans concession contre le pass sanitaire, mais aussi la revendication de la vaccination comme une nécessité collective, ainsi que la mise en place d’une véritable stratégie sanitaire. La défense d’une stratégie ouvrière sur le terrain sanitaire, pour « briser la défiance contre la vaccination pour permettre de la mener à son terme pour en finir avec l’épidémie : développer l’auto-organisation des soignants, revendiquer des commissions indépendantes sur la stratégie sanitaire, imposer la levée des brevets ou encore poser la question de l’expropriation des laboratoires pharmaceutiques sous contrôle des travailleurs et de la population », serait le meilleur moyen d’en finir avec la défiance d’une partie den notre camp social. Elle serait aussi un point d’appui pour les mobilisations de demain, alors que l’épidémie est loin d’être terminée.

Le communiqué de la Fédération CGT Commerce :




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