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Politique

Seconde vague

Hôpitaux saturés, soignants épuisés, la situation sanitaire se dégrade malgré le couvre-feu

Le couvre-feu imposé dans les métropoles depuis la semaine dernière, ne semble pas permettre de baisser le nombre de cas. Surtout, il n’a eu aucune incidence sur la situation dans les hôpitaux, dont les services de réanimation se remplissent dangereusement.

jeudi 22 octobre

Crédits photo : AFP/ARCHIVES - ANNE CHAON

Depuis la rentrée de septembre, le coronavirus a vu sa circulation augmenter, notamment à cause de la reprise des cours et du travail. Ces dernières semaines, l’augmentation du nombre de personnes infectées indiquait une forte circulation du virus. Plus de 40 000 cas ont été dénombrés aujourd’hui. Face à cela, le gouvernement a cherché à maintenir l’activité productive, au prix d’une gestion répressive de la crise sanitaire. Parmi les mesures phares du gouvernement, d’abord la fermeture des bars après 22h et ensuite l’imposition d’un couvre-feu à 21h dans les métropoles, et maintenant dans 54 départements.

La barre des 2000 patients en réanimation est passé, alors que, rappelons-le, seulement 4900 lits sont disponibles, et les entrées augmentent : 258 rien que ce mardi. A Paris, ce sont 54% des lits de réanimations qui sont occupés par des malades du covid-19 et les statistiques semblent pointer vers une augmentation du nombre de patients. En plus, la particularité de cette vague c’est qu’elle s’étend à toute la France. Dans l’hôpital d’Aix-En-Provence, l’ensemble des 10 lits de réanimations sont occupés par des malades du covid-19. A Lyon, c’est 94% des lits de réanimation qui sont occupés dont 46% par des malades du covid-19. A Clermont-Ferrand, de plus en plus de patients entrent en réanimation, sur les 40 malades du coronavirus, 20 sont désormais cas graves.

Dans de plus en plus de ville, les indicateurs sont au rouge et le « plan blanc » a été déclaré. Ce plan, prévoit notamment d’ajourner les actes non-urgents afin de pouvoir mobiliser l’ensemble des ressources pour lutter contre le covid-19 ou de réquisitionner des soignants. Mais malgré les déprogrammations, la situation ne s’améliore pas. Les soignants sont obligés de redoubler d’effort, malgré l’épuisement et subissent les conséquences des réformes qui ont attaqué leurs conditions de travail.

Il faut noter que les soignants ont commencé à manifester vis-à-vis du manque de personnel il y a plus d’un an et que la situation n’a pas évolué. Ainsi, malgré le caractère prévisible de la seconde vague de contamination, force est de constater que les hôpitaux ne sont pas prêts et que le Ségur n’a rien amélioré.

Le gouvernement, au lieu de chercher remédier au manque de moyens et d’effectifs, préfère des mesures répressives. Le gouvernement a choisi un couvre-feu répressif, pratiquement cosmétique, comme seule réponse, alors que les clusters augmentent dans les entreprises et les écoles et que les transports restent bondés. Le seul intérêt du patronat est protégé et pour éviter la perte de n’importe quel profit, le gouvernement met notre santé en danger. Pourtant seul un plan d’investissement massif dans l’hôpital public pourra permettre d’amortir l’épidémie et d’enfin aider les soignants.




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