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Politique

Un nouveau quinquennat d'attaques

La Défense : derrière les pseudo-signaux sur sa « gauche », Macron réaffirme son projet de guerre sociale

L’unique meeting de campagne d’Emmanuel Macron a eu lieu ce samedi à la Défense Arena. Macron a cherché à retrouver les échos de sa campagne de 2017, cachant mal un projet de « guerre sociale ».

lundi 4 avril 2022

Crédits photo : Thomas Coex / AFP

Ce samedi, Emmanuel Macron tenait son unique meeting de campagne à Paris. L’occasion pour le Président sortant de tenter de ressusciter le « en même temps » de 2017 après une entrée en campagne marquée par l’accent mis sur le programme de « guerre sociale » annoncé en cas de prochain quinquennat.

Terminant chaque phrase par le slogan « nous l’avons fait », Macron a ainsi égrainé différentes mesures en guise de bilan de son quinquennat : la PMA, le passage du congé parental de 14 à 28 jours, le pass culture ou le repas à un euro pour les étudiants. Une adresse claire à la « gauche » de sa base sociale.

Dans le même temps, tempérant son discours, Macron a tenté de s’adresser aux secteurs qu’il avait offensés au cours des cinq années de son mandat mais aussi avec sa conférence du 17 mars. C’est le cas tant pour le secteur de l’éducation que pour celui de la santé. En mars, le président avait revendiqué son bilan de suppression de lits d’hôpitaux et de suspension des soignants refusant la vaccination tout en évoquant des augmentations de salaires au mérite pour les enseignants . Cette fois, il s’est adressé à eux comme à des héros « à qui nous devons tant », réclamant des applaudissements euphoriques.

Promettant le recrutement de 50 000 infirmiers aides-soignants et un renforcement des contrôles, et faisant indirectement référence au scandale de l’Ehpad Orpéa, Macron va même jusqu’à reprendre un slogan historique de la Ligue Communiste Révolutionnaire, déclarant sans vergogne : « nos vies, leurs vies valent plus que tous leurs profits ».

Évoquant son projet pour 2022, Macron a poursuivi dans la même veine en promettant « un projet de droits réels, un projet de solidarité, un projet de progrès social » et affirmant « je ne me résoudrai jamais à ce que des Français qui travaillent voit tout leur salaire partir en plein d’essence en factures en loyer et renonce finalement offrir un cadeau à leurs enfants. C’est injuste ».

Une tonalité générale que certains éditorialistes, de L’Opinion au Point, n’ont pas manqué de décrire comme un tournant « à gauche », mais qui cache mal un projet inchangé sur le fond d’attaques sociales et de durcissement autoritaire, à l’image de son premier quinquennat.

Si Macron a ainsi expliqué avec ferveur « je ne me résoudrai jamais à ce qu’après une vie de travail des retraités puissent encore manquer d’argent et devoir aller à l’aide alimentaire » c’est pour ensuite affirmer que « il faudra de manière concertée bien sûr de manière progressive et visible passer l’âge de notre retraite à 65 ans ». Dans la continuité de sa conférence de mars, le candidat a réaffirmé : « il faudra travailler plus et d’abord travailler plus longtemps ».

De même, si Macron promet d’augmenter l’emploi, il le fait en célébrant la réforme du chômage qu’il dit indispensable tout en promettant de l’approfondir avec la mise en place « pour les bénéficiaires du RSA de 15 à 20 heures par semaine d’activités de formation ». Une attaque profonde contre les chômeurs et les précaires.

Derrière les figures rhétoriques, et la tentative éphémère de ressusciter le Macron de 2017, ce que Macron nous promet c’est un nouveau quinquennat d’attaques dans la continuité claire de ses cinq premières années de mesures réactionnaires et néolibérales. Des mesures qui ont frappé encore durement la jeunesse et l’ensemble de travailleurs et travailleuses. Face à cela, il est urgent de s’organiser et de se préparer à se battre dans la rue pour répondre à ces attaques et en finir une fois pour toutes avec la misère que nous promet Macron.



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