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Politique

Crise sanitaire

Hôpitaux saturés : la situation sanitaire en Guyane continue d’empirer

En Guyane, l'épidémie flambe avec un taux d'incidence 6 fois supérieur à la moyenne nationale. Alors que les hôpitaux sont au bord de la saturation, l'État poursuit sa gestion coloniale et répressive.

vendredi 24 septembre

Crédits photo : REUTERS/Diego Vara

En Guyane, l’épidémie de Covid flambe. En effet, d’après les derniers chiffres de Santé Publique France, le taux d’incidence s’élève à 498 cas pour 100 000 habitants, quand le taux d’incidence moyen en France est à 76. C’est surtout sur le littoral ouest que la situation est catastrophique avec un taux d’incidence avoisinant les 830 cas pour 100 000 habitants. Alors même qu’aucun moyen supplémentaire n’est annoncé pour les hôpitaux quasi tous saturés face à cette quatrième vague particulièrement violente, le nombre de patients hospitalisés ne cesse de croître quant à lui, avec 104 patients hospitalisés dont 33 en réanimation.

Christophe Robert, directeur du centre hospitalier de Cayenne en Guyane, expliquait ce jeudi à Franceinfo que la situation sanitaire était « très tendue dans la mesure où nous sommes confrontés au pic de la vague » et explique que son établissement « tourne à 99% de ses capacités » alors que le reste du département est déjà « totalement saturé ». Il explique aussi que les collègues sont « usés », notamment du fait des heures supplémentaire pour combler le manque de personnel. En ce sens, il appelle à la « solidarité des collègues en métropole » alors même que la Guyane décompte un nombre de nouvelles admissions proche de celui de la première vague. Il ajoute que dans l’attente de personnels supplémentaires, ils vont être contraints de commencer à réfléchir à un « tri » des patients : « on ne va pas avoir le choix » explique le directeur du centre hospitalier de Cayenne.

Face à cette quatrième vague particulièrement violente en Guyane, et à un manque de moyens pour l’affronter, aucune mesure d’urgence ne semble être prise par le gouvernement notamment des mesures liées à la vaccination comme une grande campagne éducative sur le vaccin, la mise en place de centres de vaccination massifs, ou encore l’envoi d’infirmier.e.s et de médecins en nombre là bas. Car en effet, le taux de vaccination en Guyane est très faible, seulement 30% des plus de 12 ans ont un parcours vaccinal complet, et seulement 50% de soignant.e.s ont reçu leur première dose, toujours d’après FranceInfo.

Ce faible taux de vaccination s’explique par plusieurs facteurs, mais c’est avant tout le symptôme de la gestion coloniale de la crise sanitaire en Guyane, et reflète l’incapacité du gouvernement à convaincre, et son impréparation face au virus. De plus, comme nous le dénoncions déjà en mai : « En Guyane, non seulement les squats et les bidonvilles abondent, mais les infrastructures hospitalières ainsi que les ressources humaines et matérielles laissent beaucoup à désirer. Face à cela, il est urgent de revendiquer l’auto-organisation démocratique des travailleurs, en particulier des travailleurs de la santé, afin de pouvoir établir, un véritable plan à la hauteur de la crise qui priorise la vie et la santé de la population au lieu de veiller sur le profit des grandes entreprises de l’impérialisme français.




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