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Politique

Racisme d'Etat

Dissolution de la CRI : Darmanin poursuit son offensive autoritaire et islamophobe

Ce mercredi 20 octobre, Gérald Darmanin a annoncé la dissolution de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie. En cause son combat contre l’islamophobie et des commentaires Facebook publiés sur sa page. L’offensive autoritaire du gouvernement continue.

mercredi 20 octobre

Crédits photo : Ludovic Marin / AFP

Ce mercredi 20 octobre, Gérald Darmanin a annoncé dans un tweet la dissolution de la Coordination contre le racisme et l’islamophobie, expliquant qu’elle « appelait à la haine, à la violence et à la discrimination ». En cause, des commentaires que des internautes auraient publié sous les publications Facebook de la CRI et les déclarations des membres de l’association qui pousseraient « à percevoir les institutions françaises comme islamophobes ».

En réalité, il s’agit avant tout pour le gouvernement de criminaliser une organisation se réclamant de l’antiracisme et de la lutte contre l’islamophobie. Le décret est une illustration concrète de l’offensive que mène le gouvernement contre les personnes musulmanes ou assimilées comme telles. Reprochant à la Coordination contre le racisme et l’islamophobie d’œuvrer « à cultiver le soupçon de l’islamophobie au sein de la société française », le texte affiche clairement sa volonté de faire taire les musulmans et disparaître la notion même d’islamophobie.

Pour cela, le gouvernement n’hésite pas même à instrumentaliser la mort terrible de Samuel Paty. En effet, les propos de l’association qui, après avoir condamné cet assassinat, a déclaré que le professeur encourageait « ses élèves à pratiquer l’intolérance raciale et religieuse », sont accusés par le ministre de l’Intérieur de « [légitimer] et [justifier] les actes terroristes ». Une manière pour le gouvernement de se poser comme garant de la liberté d’expression et pourfendeur du terrorisme, dans la droite lignée de son instrumentalisation de l’hommage à Samuel Paty vendredi dernier.

Cette méthode, qui instrumentalise une prétendue "lutte contre la haine et la violence" à des fins en réalité racistes et sécuritaires, s’inscrit dans la droite lignée de la série de dissolutions annoncée par le gouvernement ces derniers mois. En octobre 2020, c’était BarakaCity, en décembre 2020 le CCIF, et, il y a tout juste un mois, la LDNA. Ces attaques sont bien loin de s’arrêter. Au moment de l’annonce de la dissolution de la LDNA, Gérald Darmanin avait ainsi annoncé la mise en place de procédures pour fermer six lieux de culte, avant d’enchaîner : « dans l’année qui vient, dix autres associations vont faire l’objet d’une procédure de dissolution, dont quatre dès le mois prochain ». Des menaces qu’il a finalement mises à exécution ce mercredi avec la dissolution de la CRI.

A quelques mois de la présidentielle, le gouvernement poursuit son offensive réactionnaire entamée depuis plus d’un an, appliquant les mesures contenues dans la Loi Séparatisme. Promulguée en août dernier, celle-ci offre un cadre juridique à l’offensive islamophobe de la macronie puisqu’elle prévoit la possibilité de dissoudre toute association contrevenant aux « lois » et « principes de la République. » Un contenu très flou qui permet de s’attaquer à toute organisation qui dénonce sa politique, à commencer par les associations anti-racistes. Plus largement, ces dissolutions font peser des menaces de dissolution sur toutes les organisations politiques contestataires. Il est donc fondamental que l’ensemble des organisations du mouvement ouvrier et du mouvement social dénoncent l’offensive réactionnaire du gouvernement et prennent position contre cette nouvelle mesure liberticide.




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