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Politique

Extreme-droite

Dans la tradition de Jean-Marie Le Pen, le RN recrute Yves Bonnet, ex patron de la DST et officier en Algérie

Yves Bonnet, ancien directeur de la DST (Direction de la Surveillance et du Territoire) nommé par Mitterrand, ancien préfet et député pour l'UDF ( Union pour la Démocratie Française) rejoint la liste du RN de Seine-Maritime pour les élections régionales de 2021. L'expression d'un tournant à droite d'un certain nombre de haut-fonctionnaires de l'Etat, radicalisés sur le plan sécuritaire et autoritaire.

mardi 11 mai

C’est la tête de liste Nicolas Bay qui a annoncé ce mardi 11 mai qu’Yves Bonnet sera présent en cinquième position sur la liste du Rassemblement National. En intégrant cet homme à ses listes, comme Philippe Baillard, ancien présentateur de LCI, le rassemblement national tente d’étendre son électorat en vue des élections présidentielles de 2022 en mangeant à tous les râteliers. Si les liens entre la classe politique réactionnaire et les haut-fonctionnaires d’Etat chargés des missions de répression et sécurité ne nous étonnent plus, le ralliement de Yves Bonnet aux listes du Rassemblement National démontre une certaine tendance à la radicalisation d’une partie d’hommes d’Etat aux anciennes fonctions stratégique aux maintiens du pouvoir en place. Une radicalisation dans laquelle s’inscrit aussi la tribune des généraux publié dans Valeurs Actuelles (dont les liens étroits avec l’extrême droite sont avérés) et qui prend l’essor grâce au tournant autoritaire prise par le gouvernement Macron. Par ailleurs si ces hommes ne sont plus en fonction, ils gardent évidemment des liens très proches avec leur milieu interne à l’Etat, tous les avantages et poids qu’ils détiennent dans les décisions politiques.

Le CV d’Yves Bonnet n’a pas à rougir des autres membres et figure politique du Rassemblement National. Officier du contingent pendant la guerre d’Algérie, une fonction qui n’est pas sans nous rappeler la tradition de la famille LePen à l’image de Jean-Marie qui a pratiqué la torture lors de cette immonde guerre coloniale comme nous le rapportait Le Monde en 2002 « C’est un fait, un simple fait d’histoire : Jean-Marie Le Pen, l’un des deux candidats proposés aux suffrages des Français pour le second tour de l’élection décisive, celle du chef de l’Etat, a lui-même pratiqué la torture, sous l’uniforme de l’armée française, durant la guerre d’Algérie (1954-1962) ».

En 1986 Yves Bonnet est nommé préfet de la région Guadeloupe et réprime durement l’Alliance révolutionnaire des Caraïbes, une organisation de lutte pour l’indépendance des colonies françaises dans les caraïbes à savoir la Martinique la Guyane et la Guadeloupe, il fait arrêter plusieurs de ses membres et met fin à ses activités. Ainsi en plus de son expertise apparente dans la répression des militants, c’est un auto-proclamé « expert sur les questions de terrorisme, d’espionnage, ainsi que sur la politique étrangère iranienne » qui rejoint donc le Rassemblement Nationale pour les élections régionales. Il est aussi « connu pour être un ancien membre de la Commission de la Défense nationale et des Forces armées et comme rapporteur du budget de la marine » ainsi que pour son rôle comme « président du Centre international de recherches et d’études sur le terrorisme et l’aide aux victimes du terrorisme (CIRET-AVT) » selon l’express.

Un bon candidat donc pour représenter une extrême-droite réactionnaire, raciste et sécuritaire qui démontre une fois de plus les liens entre les plus hauts placés de l’Etat et la bourgeoisie qui sont pieds et mains lié en particulier en cette période de crise sanitaire économique et sociales pour faire payer la crise aux travailleurs et aux opprimés, tout en entretenant un discours et une ambiance de haine pour diviser notre camp sociale.




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