×

Xénophobie d'Etat

Augmentation de 30% des expulsions d’étrangers : Darmanin toujours plus loin dans l’offensive xénophobe

Le ministère de l’intérieur a annoncé que les expulsions d’étrangers condamnés par la justice ont augmenté de 30% en 2023. Une double peine, symptôme du durcissement xénophobe que la loi immigration va encore accélérer.

Arno Gutri

8 janvier

Facebook Twitter
Augmentation de 30% des expulsions d'étrangers : Darmanin toujours plus loin dans l'offensive xénophobe

Depuis plus de deux mois, Gérald Darmanin communique quotidiennement sur son compte X (anciennement Twitter) sur le nombre d’étrangers expulsés du territoire ou placés en CRA. Alors qu’il cherchait à faire passer la loi immigration, cette nouvelle communication raciste était une façon ignoble d’instrumentaliser l’actualité pour draguer la droite et l’extrême-droite et légitimer la politique xénophobe du gouvernement.

30% d’augmentation des expulsions : les effets des lois xénophobes du gouvernement

Jeudi 4 janvier, le ministre de l’Intérieur poursuivait sa communication xénophobe pour annoncer le nombre d’ « expulsions des étrangers délinquants » sur l’année 2023. Il s’est ainsi réjoui, que « Conformément aux consignes de grande fermeté du Président de la République, 4 686 étrangers délinquants ont été reconduits dans leur pays d’origine, soit 30% de plus qu’en 2022 et plus du double du nombre de 2021 ». Une application du principe raciste de la double peine contre les étrangers, symptôme du renforcement policier et des lois xénophobes et sécuritaires impulsée par la macronie ces dernières années.

Selon des propos rapportés à l’AFP, Darmanin « s’est félicité de ce premier bilan » et a demandé aux préfets « d’accélérer encore en la matière, notamment grâce aux apports de la loi immigration dès lors que celle-ci sera promulguée ». En effet, la répression des étrangers sera accentuée par la loi immigration, qui doit passer devant le Conseil constitutionnel avant le 26 janvier. Sur le volet des expulsions, le texte permet désormais l’automatisation des expulsions pour tout crime ou délit punis de trois ans ou plus. La nouvelle loi introduit aussi la possibilité d’expulser les étrangers arrivés en France avant 13 ans, résidant dans le pays depuis plus de 20 ans ou ayant un conjoint Français. Des mesures d’une brutalité inédite, qui marquent l’accélération de l’offensive xénophobe du gouvernement ces derniers mois.

Pour autant, cette loi immigration n’est pas une initiative isolée de Darmanin, mais répond à la politique migratoire répressive de l’Union européenne plus largement, comme on a pu en voir des déclinaisons au Royaume-Uni, en Allemagne et en Italie. Cela s’incarne notamment par une externalisation des frontières en sous-traitant la répression à des pays tiers, ce qui conduit à des conséquences comme cet été en Tunisie

Une situation tragique qui, à l’image d’autres drames vécus par les personnes migrantes durant leur traversée ou du harcèlement raciste qu’elle subisse déjà et qui va être renforcé, montre la nécessité de construire un front large pour exiger le retrait de la loi et la régularisation de tous les sans-papiers, ce qui passe par la mobilisation nationale du 14 janvier.


Facebook Twitter
Opération « place nette » à Bordeaux : les Verts jouent la carte du sécuritaire

Opération « place nette » à Bordeaux : les Verts jouent la carte du sécuritaire


Bordeaux : la mosquée de Pessac à nouveau ciblée par des tags islamophobes

Bordeaux : la mosquée de Pessac à nouveau ciblée par des tags islamophobes

Répression sanglante : la police tue par balle un kanak après la visite de Macron

Répression sanglante : la police tue par balle un kanak après la visite de Macron

Islamophobie : Darmanin veut expulser le président de la mosquée de Pessac pour son soutien à la Palestine

Islamophobie : Darmanin veut expulser le président de la mosquée de Pessac pour son soutien à la Palestine

Interdiction de Tik Tok : le gouvernement peine à défendre sa répression coloniale devant le Conseil d'Etat

Interdiction de Tik Tok : le gouvernement peine à défendre sa répression coloniale devant le Conseil d’Etat

Survie : « La lutte anticoloniale du peuple kanak est une lutte pour redevenir maître de leur propre destin »

Survie : « La lutte anticoloniale du peuple kanak est une lutte pour redevenir maître de leur propre destin »


5 mai 1988 : quand l'armée française massacrait les indépendantistes dans la grotte d'Ouvéa

5 mai 1988 : quand l’armée française massacrait les indépendantistes dans la grotte d’Ouvéa


Circulaire Moretti : l'Etat se prépare à condamner massivement les Kanak

Circulaire Moretti : l’Etat se prépare à condamner massivement les Kanak