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« On est tous dans le même bateau »

Toulouse. Au collège Maurice Bécanne, « parents et personnels unis » contre le manque de moyens

Au rassemblement jeudi devant le collège Maurice Bécanne (Toulouse), parents d’élèves et personnel dénonçaient le manque de moyens dans l'éducation. Réaction importante dans une rentrée marquée par la casse du secteur et l’offensive islamophobe de l’État.

Léo Stella

7 septembre 2023

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Toulouse. Au collège Maurice Bécanne, « parents et personnels unis » contre le manque de moyens

Crédit photo : Révolution Permanente

Ce jeudi, dès 7h45, un rassemblement organisé conjointement par les parents d’élèves et le personnel du collège avait pour but de dénoncer la situation insoutenable dans laquelle se trouve le collège Maurice Becanne, classé REP à Toulouse. Suite à une rencontre avec le rectorat qui s’est conclue, comme dans la majorité des cas, par une fin de non recevoir, les parents et personnels ont décidé de dénoncer publiquement la situation, comme le raconte un enseignant : « On a été reçus une énième fois par la préfecture pour des demandes qui sont les mêmes depuis des années, à savoir des effectifs de vie scolaire plus importants, un poste de principal adjointe et un poste de CPE. Il y a six ans, il y avait 300 élèves, aujourd’hui on est 411 élèves, soit une augmentation de 30 % avec des effectifs d’encadrants qui sont les mêmes. Depuis quatre ans on tire la sonnette d’alarme sur la dégradation des conditions du collège, on nous a reçu l’année dernière, on nous a reçu cette année et le constat est le même : aucune augmentation de budget. »

Alors que les classes sont toujours plus chargées, aucun moyen supplémentaire n’est alloué au collège, ce qui tend à dégrader à la fois les conditions de travail du personnel et les conditions d’accueil des enfants. Espaces insuffisants, augmentations des violences entre les élèves... nombreux sont les points de tensions dûs au manque de moyens. Avec un seul AED pour 85 élèves en moyenne, la pression est telle qu’elle a entraîné de nombreux arrêts maladie du côté de la vie scolaire l’année dernière. Une situation qui joue aussi sur le moral des enfants, dont les parents font régulièrement remonter les souffrances et les angoisses à l’équipe pédagogique.

Comme le rappelle un enseignant, cette situation est loin de se limiter au collège toulousain et constitue « un problème national », qui touche en premier lieu les quartiers populaires et s’accentue sous l’effet des dernières attaques du gouvernement Macron. Dans de nombreuses structures, plusieurs classes se retrouvent aujourd’hui sans enseignant dans certaines matières, sans parler du fait que des psychologues ou des infirmier·es doivent parfois gérer un voire plusieurs établissements. Un tableau bien différent de celui qu’a dépeint le nouveau ministre Gabriel Attal, qui avait promis « un professeur devant chaque classe » dès la rentrée. Au niveau national, plusieurs établissements ont commencé à se mobiliser pour dénoncer la pénurie d’enseignants et le manque de moyens, à l’instar du personnel du lycée Maryse Condé à Sarcelles qui a décidé de reporter la rentrée.

Dans le même temps, la rentrée est également marquée par l’offensive islamophobe du gouvernement avec l’interdiction du port des abayas. Depuis quelques jours, de nombreux témoignages font état de la véritable traque qui s’est déployée devant les établissements, avec son lot de stigmatisation raciste et patriarcale dirigée contre les jeunes élèves musulmanes. À rebours de la logique des directions syndicales qui ont validé cette nouvelle mesure islamophobe, des initiatives du personnels commencent à voir le jour, à l’instar de la grève initiée au lycéee Utrillo de Stains en combinant la question de l’islamophobie et celle du manque de moyens

Le rassemblement mené à Maurice Bécanne, dans la continuité des mobilisations qui se multiplient dans la banlieue parisienne, montre que le combat est commun et doit s’élargir en coordonnant les luttes des établissements mobilisés autour d’un programme d’ensemble. Un programme qui, en posant conjointement la question des moyens et de l’offensive islamophobe en cours, peut permettre d’unifier les travailleuses et travailleurs de l’éducation à la jeunesse, aux parentes d’élèves et à tous les habitant·es des quartiers populaires qui sont les premières cibles de la contre-offensive antisociale et autoritaire du gouvernement.


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