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Des moyens pour l'hôpital !

Santé. 110 services de réanimation en grève ce mardi face au manque de moyens et de reconnaissance

Suite à l’appel à la grève nationale lancé par la CGT Santé et le collectif « Union des réanimations de France pour une reconnaissance », des travailleurs de services de réanimation de toute la France se sont mobilisés ce mardi 11 mai.

mercredi 12 mai

Crédits photos : © REUTERS / BENOIT TESSIER

A Toulouse, Auch, Le Mans, Limoges, Narbonne, Ajaccio ou encore Bordeaux, les travailleurs et travailleuses des services de réanimation étaient en grève ce mardi pour réclamer des moyens à la hauteur de la situation gravissime à laquelle ils sont confrontés. Environ 110 services se sont mobilisés en France. Au micro de La Dépêche, Céline, infirmière en réanimation à l’hôpital d’Auch depuis six ans, témoigne, évoquant l’insuffisance des mesures prises dans le cadre du Ségur de la Santé : « Cela n’a rien changé. J’ai vingt ans d’ancienneté, je gagne 2 000 euros par mois, on a eu 180 euros en plus, ce qui est loin de ce à quoi on peut prétendre avec les responsabilités qu’on a. » « Cela fait des années que l’on tourne en effectif réduit. On doit être à 18 équivalents temps plein, mais on est toujours en deçà » explique de son côté Bérangère, également infirmière.

A Bordeaux, les travailleuses ont fait part de la détresse dans laquelle elles se retrouvent : « le turn over dans les équipes, la fatigue et le burn out de nombreux agents, montrent une fois de plus le manque de moyens et de personnels dans les services publics de santé, qui ont été mis en lumière avec la crise ». De même, La Provence relaye le point de vue des infirmières et aides-soignantes des services de réanimation de l’hôpital privé de Provence : la formation « se fait sur le tas » et « il faut minimum une année pour acquérir les bonnes techniques et être en autonomie ».

De fait, les revendications des travailleurs des services de réanimation sont claires : une revalorisation salariale, la titularisation de tous les contractuels, une augmentation des effectifs, des formations appropriées et des moyens matériels. Des revendications face aux manque de moyen structurel que la crise sanitaire n’a fait que révéler. « Héros d’un jour, larbins toujours » affichaient en ce sens les soignants de Poitiers sur leur banderole mardi.

Cette exaspération et cette colère des travailleurs de la santé sont légitimes : en première ligne durant la crise sanitaire, ils étaient applaudis lors du premier confinement mais subissent depuis de plein fouet la gestion catastrophique de la crise sanitaire par le gouvernement. Ce même gouvernement qui a attaqué l’hôpital à coup de réformes néolibérales, de concert avec les gouvernements précédents, entraînant la fermeture de nombreux lits de réanimation et donc la dégradation de leurs conditions de travail.




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