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Politique

Discours nauséabond

"Ministère de la Remigration" : Zemmour surenchérit avec sa dernière proposition raciste

Alors que Zemmour ne cesse de plonger dans les sondages dans un contexte où le coût de la vie et l’inflation sont devenus le cœur de la campagne présidentielle, celui-ci vient de proposer la mise en place d’un “ministère de la Remigration”... Une nouvelle surenchère réactionnaire, qui affirme une tentative de se re positionner dans la course à trois semaines du premier tour.

mardi 22 mars

© Ludovic MARIN / POOL / AFP

Lundi soir, invité sur le plateau de M6, l’ancien polémiste vedette de CNews à annoncé vouloir créer un "ministère de la Remigration" s’il était élu.

Pour lui, ce nouveau ministère viserait à expulser un million de “clandestins”, “délinquants” et “criminels” et “fichés S étrangers” en cinq ans. “Je rétablis le délit de clandestinité qui n’existe plus depuis 2012. J’expulse les délinquants, les criminels, j’expulse les fichés S, j’expulse tous les gens dont on ne veut plus. [...] Le ministère aura des moyens, il aura des charters, on fera des vols collectifs. Dès que je serai élu, j’irai dans le Maghreb, pour voir avec les dirigeants de l’Algérie, du Maroc et de Tunisie comment on peut organiser cela.”

Cette nouvelle proposition, des plus xénophobes que l’on ait pu entendre depuis le début de la campagne, ne sort pas de nulle part. Elle est la conclusion politique logique de la théorie complotiste du “Grand Remplacement” à laquelle Zemmour veut faire croire : celui d’un supposé remplacement des populations européennes par les immigrés non européens, théorisé par l’écrivain d’extrême droite Renaud Camus.

Ainsi, sous le cap des 9% d’après le dernier sondage en date à moins de trois semaines du début des présidentielles, Zemmour semble vouloir tenter un coup “à la Sarkozy” : en 2007, ce dernier avait évoqué la création d’un “ministère de l’Identité nationale” qui lui avait permis de monter de quelques points dans les sondages. Et dans la même idée, Zemmour organise un meeting le dimanche 27 mars sur la place du Trocadéro à Paris. Cela n’est pas sans rappeler, là encore, un candidat de la droite “traditionnelle” : au même endroit, Fillon avait également organisé un meeting en 2017 pour tenter de sauver sa campagne après le scandale des emplois fictifs.

Mais pas sur que l’objectif soit réussi : Si cette surenchère réactionnaire a créé une polémique dans l’opinion publique, c’est également le cas au sein de ses soutiens : "Ça fait kitsch et désespéré”, déplore un membre de son équipe de campagne. “Le risque est d’effrayer les gens en mettant l’accent trop fort sur l’aspect identitaire”, redoute un autre.

En effet, dans un contexte où les sujets prédominants sont ceux de la guerre en Ukraine et de ses conséquences sur la vie des ménages, notamment le coût de la vie qui explose avec une inflation record, la nouvelle proposition de Zemmour démontre le caractère profondément anti populaire de son projet politique qui ne trouve rien de mieux à proposer que de pointer encore et toujours les immigrés du doigt. Car c’est en grande partie son incapacité à proposer des mesures contre la flambée des prix qui commence à lui coûter, et est le reflet de ses convictions économiques profondément libérales.

Enfin, il faut rappeler que bien que la volonté de créer un “ministère de la Remigration" soit aujourd’hui la proposition la plus xénophobe de la campagne présidentielle, celle-ci s’appuie sur la sortie de Sarkozy en 2007 comme évoqué plus haut, mais aussi sur les nombreuses politiques et structures de répression des réfugiés déjà mises en place par les gouvernements successifs de ces dernières années : ce n’est pas Zemmour qui a mis en place Frontex, les Centres de Rétention Administratives, les procédures accélérées d’obligations de quitter le territoire... Et ce sont toutes ces mesures qui rendent aujourd’hui la proposition de Zemmour beaucoup plus tangible qu’elle ne l’aurait été il y a quelques années.

Alors que le monde est chaque jour projeté davantage dans la précarisation et la barbarie des guerres et catastrophes provoquées par le système capitaliste, la classe dominante sème la xénophobie entre les peuples afin de cacher ses propres responsabilités dans les crises qui s’enchaînent et s’aggravent. Il est nécessaire de dénoncer et combattre fermement ces discours réactionnaires, et face à tous ces discours racistes et xénophobes à l’encontre des migrants, il est plus que jamais essentiel de revendiquer l’accueil inconditionnel de tous les réfugiés.



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