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Loi séparatisme : le gouvernement s’attaque à la liberté d’expression en ligne

Dans le cadre de la loi séparatisme, le gouvernement a déposé un long amendement visant à encadrer les réseaux sociaux. Ce genre de mesure va conduire à la limitation des comptes militants sur ces plateformes.

jeudi 11 février

Crédit photo : BFMTV

La Loi « séparatisme » a déjà marqué l’actualité par son caractère islamophobe et raciste. Les députés de la majorité ont profité de la loi pour faire passer un amendement reprenant pour partie la loi Avia contre la haine en ligne, qui avait été retoquée par le Conseil Constitutionnel.

L’objectif annoncé de cet amendement est de lutter contre la haine en ligne, en renforcant la censure exercée par les opérateurs des réseaux sociaux. En effet, ces amendements visent à rendre beaucoup plus strictes les règles concernant la non-suppression de contenus haineux.

Le cœur de la question sera alors de savoir ce qui considéré comme un contenu haineux. En effet, la définition de contenu haineux pour les gestionnaires des réseaux sociaux peut être particulièrement extensive face aux contenus en ligne. Par exemple, il y a quelques semaines, Twitter a suspendu les comptes de plusieurs militantes féministes qui avaient tweeté la question « Comment fait-on pour que les hommes arrêtent de violer ? » – question qui s’inscrivait dans la droite ligne du mouvement de libération de la parole MeToo qui a marqué ces dernières années.

Il faut aussi compter sur la volonté de Facebook de faire disparaitre les contenus politiques de la plateforme., l’objectif étant d’accentuer le caractère de plateforme publicitaire du réseau social.

L’offensive contre les pages et les publications « de gauche » en général sera sans aucun doute accentuée par cette loi. En effet, vis-à-vis des pages et des publications, les plateformes vont préférer une modération zélée par rapport à un respect de la liberté d’expression. Ces mesures conduisant à la suspension ou la suppression animés par des militants. Cet amendement va donc bien au-delà d’une aspiration de suppression des contenus allant contre la dignité des personnes.

Du fait de la réduction des rapports sociaux liés à la pandémie de Covid-19, les réseaux sociaux et Internet de façon plus générale ont joué un rôle important dans la possibilité de discussions politiques. En conséquence, une attaque contre l’expression sur les réseaux sociaux dépassent l’aspect virtuel, mais témoigne d’une véritable offensive anti-démocratique. Il est indéniable que les contenus haineux trouvent leur public en ligne. Cependant, ils trouvent aussi leur place à la télévision sur des chaînes appartenant à de grands capitalistes et sur lesquelles des membres du gouvernement interviennent régulièrement, comme CNews ou BFMTV.

Dans la suite des manifestations contre la Loi sécurité globale comme face aux violences policières, il est important de se mobiliser face à toutes les lois liberticides, en descendant dans les rues pour exiger leur retrait total !




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