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Racisme et violences d’Etat

La police tue

La police tire et tue à nouveau : à Nice, un homme meurt sur le coup suite à un contrôle

Deux jours, deux nouvelles victimes des mains de la police : après la mort d’une femme de 22 ans à Rennes, c’est un homme d’une trentaine d’année qui a été abattu à bout portant par un tir policier à Nice.

jeudi 8 septembre

Les victimes changent, mais les circonstances de leur mort ne changent pas : hier à Nice, une nouvelle personne a été tuée par la police au volant de son véhicule. Un policier a fait feu sur le conducteur, le tuant sur le coup.

C’est la toute dernière victime d’une série d’homicides policiers : Sevran, 26 mars, Jean-Paul est tué par un tir de police dans son véhicule ; Paris, le 25 avril, deux morts tués à coups de fusil d’assaut ; Vénissieux, 20 août, deux morts ; Tourcoing, 29 août, un mort ; Rennes, 7 septembre, 1 mort. Les contrôles de véhicules par la police sont devenus des potentielles scènes de crimes. Cette fois, la victime est un homme tunisien d’une trentaine d’année. Une fois de plus, c’est un homme racisé qui a été la victime des tirs de la police. Sur les 9 personnes qui ont été tuées depuis le début de l’année lors de contrôle de police, les jeunes hommes racisés sont une nouvelle fois sur-représentés à l’image des deux jeunes hommes noirs tués dans leur voiture par la police sur le Pont-Neuf le soir du second tour de l’élection présidentielle ou de Jean-Paul, homme noir tué par un tir de police à Sevran en mars dernier alors qu’il était dans son véhicule de travail. Une donnée qui montre le caractère raciste de ces contrôles et de ces homicides.

Côté policier, les arguments sont toujours les mêmes « refus d’obtempérer », « mise en danger de la vie des policiers », « rodéo urbain »… Une version policière allègrement relayée par la presse. Mais cette fois, des images ont été tournées de la scène, mettant, 24 heures à peine après les faits, la version des policiers en cause. Selon la Direction départementale de la sécurité publique, le conducteur aurait percuté « à plusieurs reprise la voiture des policiers », juste avant que ceux-ci fassent feu. Or, sur deux vidéos, on voit une voiture reculer, s’arrêter, bloquée par la voiture des forces de l’ordre, puis un agent tire à bout portant au niveau de la vitre côté conducteur.

Selon l’avocate de la famille, Me Sefen Guez Guez, citée par 20 Minutes, « il est évident qu’on a [affaire] à un homicide, il n’y a pas de discussion là-dessus ». « Qu’importent les circonstances ou la réalité de son comportement antérieurement, il n’y avait pas de danger de mort qui justifie qu’on tue de sang-froid cet homme » a-t-elle ensuite développé. Face à ces déclarations, le directeur général de la police nationale a déjà commencé à couvrir ses agents : « dans une affaire comme celle-là, c’est l’ensemble de l’action qui doit être analysée. Ce qui s’est passé avant, dans l’environnement. La perception qu’ont pu en avoir les policiers au moment de l’intervention  ».

Cet argumentaire policier suit un schéma classique qui vise à légitimer et à justifier les crimes policiers : criminalisation de la victime puis invocation de la légitime défense afin de blanchir le policier auteur de l’homicide. Le policier a été mis en examen et l’enquête a été confiée à l’IGPN, « la police des polices ». Une instance qui permet à l’institution policière de blanchir les policiers mis en cause dans des violences policières et des homicides policiers.



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