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Politique

Impunité

L’impunité en marche. Alain Griset, ministre des PME, restera au gouvernement même s’il est condamné

Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises (PME), est cité à comparaître devant le tribunal correctionnel mercredi 22 septembre pour omission de déclarations de patrimoine et d’intérêt incomplètes, avec un dossier de plus en plus lourd qui remettent à la table la question d’abus de confiance. Malgré tout, Macron a expliqué que le ministre gardera son poste tant qu'il « lui fait confiance ».

jeudi 16 septembre

Tatiana Magnani

Il s’agit d’un nouveau membre du gouvernement placé sous le feu des projecteurs pour des faits de corruption, Alain Griset, ministre délégué chargé des petites et moyennes entreprises (PME), devra comparaître devant le tribunal le mercredi prochain pour « déclaration incomplète ou mensongère de sa situation patrimoniale » et de « ses intérêts ».

Le ministre, en poste depuis un an, est visé par la justice depuis l’année dernière suite au contrôle des déclarations des patrimoines de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) qui a fait part d’une omission dans sa déclaration des participations financières détenues dans le plan d’épargne en actions (PEA) qui s’élevaient à 171 000 euros. Une grande partie du montant (130 000 euros), n’avait en effet rien à faire sur son compte, et provenait de la vente de parts d’une société civile immobilière détenues par la Confédération nationale de l’artisanat et des services (CNAMS) Nord, où Griset a présidé de 1991 jusqu’à sa nomination au gouvernement. L’ensemble des éléments lui a valu un signalement de Tracfin.

Si pour Griset et ses proches, il ne s’agissait que d’une « maladresse », l’enquête ouverte en parallèle par le Parquet de Lille rend compte d’autres opérations non mentionnées par la HATVP, réalisés entre 2018 et 2020, sur les comptes bancaires du ministre et de la CNAMS Nord. Plusieurs autres manquements sont à noter dans deux des déclarations rectificatives de patrimoine et d’intérêt ce qui démontre que ces « maladresses » se répètent souvent.

Mais l’élément nouveau dans l’affaire Griset rapporté par Libération, c’est que la ligne de défense du ministre, selon laquelle les six membres du bureau de la CNAMS Nord avaient convenu de lui confier 130 000 pour qu’ils le placent sur son PEA. Selon Philippe Leporcher, ancien sécretaire général de la CNAMS Hauts-de-France, les élus n’étaient pas au courant du placement du montant sur son compte et qu’il n’a pas cherché à régulariser la situation et valider l’opération auprès de l’assemblée générale de la CNAMS Nord. « Lors de l’AG de début 2020, Alain Griset a reconnu qu’il avait placé l’argent. Il n’avait pas le choix car l’expert-comptable et moi-même nous en étions rendus compte à l’automne 2019. Mais à aucun moment, il n’a dit que c’était sur son compte personnel, ce qui traduisait pourtant le bilan comptable », raconte Philippe Leporcher, secrétaire général CNAMS.

Alors qu’une telle convocation est rarissime pour un ministre en exercice et menace son avenir au gouvernement, le protagoniste ne semble pas inquiet et affiche une pleine confiance envers le procès. Interrogé ce lundi sur France Info, il affirme « J’ai eu la confiance renouvelée du président de la République, du Premier ministre, je les en remercie ». Une telle déclaration témoigne de l’impunité dans laquelle se trouve les hommes et les femmes politiques appelés devant le tribunal. Par ailleurs, l’affaire Griset s’inscrit dans un long sillage des faits de corruption de la classe politique, à l’égard d’Eric Dupont-Moretti ou encore Jean-Paul Delevoye, qui même en cas de condamnation comptera avec la confiance du gouvernement.




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