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Impunité

Enquête Streetpress : le patron d’UNSA-Police a couvert un policier condamné pour violences conjugales

Une enquête de Streetpress révèle qu'un policier délégué UNSA-Police condamné pour violences sur sa femme et ses enfants et accusé de violences sexuelles a été couvert par le secrétaire général du syndicat Olivier Varlet. Malgré des faits ultra-violents et une condamnation, le policier est toujours en poste.

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Enquête Streetpress : le patron d'UNSA-Police a couvert un policier condamné pour violences conjugales

Crédit photo : BFMTV

Dans une enquête publiée ce 4 mars, Streetpress révèle qu’Yves Milla, ancien CRS, officier à la police aux frontière à Metz et délégué à l’UNSA Police, a commis des violences contre son ex-femme ainsi que ses deux enfants. Des faits pour lesquels il a été condamné en juillet 2023 à 18 mois de prison avec sursis et au retrait de son autorité parentale. L’enquête expose des faits d’humiliation permanente, de violences psychologiques et de violences physiques répétées allant jusqu’à des hématomes pendant 15 jours et des étranglements jusqu’au bord de la perte de connaissance. Son ancienne épouse l’accuse également de nombreux viols, notamment en la menaçant avec une arme à feu, et de l’avoir forcée à avoir des rapports sexuels avec d’autres fonctionnaires de police à trois reprises.

Le policier exerçait aussi sa violence sur ses enfants, ce que raconte son ex-femme à StreetPress dans un récit glaçant : « Pendant la période scolaire, ça pouvait être tous les soirs. Et comme je rentrais tard du boulot, j’arrivais et je voyais [mon fils] rouge ou Yves encore en train de s’en prendre à lu » raconte son ex-femme. Au moment de leur divorce en 2018, il l’aurait menacée de mort : « Il m’a menacée qu’il me pousserait au suicide s’il perdait la garde des enfants, que ça ne lui poserait aucun problème de me supprimer ou de le faire faire ». Pour empêcher que ces faits soient dénoncés par son épouse, Yves Milla rappelait son statut de policier et de représentant syndical à coups de menaces : « Ça ne sert à rien d’aller porter plainte parce qu’on ne te croira pas et que c’est moi qui fait l’avancement [NDLR : les promotions] des gars ».

Délégué départemental, trésorier national de l’UNSA-Police et délégué zonal de la région Grand Est de 2018 à 2020, ce dernier occupait en effet des responsabilités importantes dans le syndicat d’extrême-droite, marqué par le racisme décomplexé et notamment auteur à l’été 2023 d’un communiqué comparant ceux les jeunes révoltés par la mort de Nahel à des « nuisibles » contre lesquels le syndicat se déclarait « en guerre ». C’est au sein de ce syndicat qu’Yves Milla se lie avec Olivier Varlet, ami proche depuis plus de 15 ans, qui n’est autre que le secrétaire général d’UNSA-Police, et donc son principal dirigeant depuis 2020.

Or de nombreux éléments apportés par Streetpress font penser que le secrétaire général aurait couvert son collègue et ami. En effet, alors que Milla est condamné par la justice le 17 juillet 2023, et fait appel de cette décision, pour un procès qui doit se tenir le 14 mars prochain, il n’a fait l’objet d’aucun conseil de discipline au sein de l’institution policière et, près de neufs mois après la condamnation, le dossier n’apparaît toujours pas à l’ordre du jour des prochains conseils de discipline et le policier est toujours en activité, comme le révèle StreetPress.

Olivier Varlet aurait ainsi joué un rôle actif pour retarder la procédure en « organisant » une mutation pour Yves Milla en région parisienne, qui lui a permis de ne pas être jugé par la Commission Administrative Paritaire Interdépartementale (CAPI) de Moselle, ce qui aurait sans doute, au vu des faits pour lesquels il a été condamné, mener à sa révocation. Il a ainsi été muté à un poste à la Direction des Ressources Humaines des Financements et des Soutiens (DRHFS) à Paris, un poste qui permet traditionnellement aux syndicats de « [négocier] directement l’étouffement d’un dossier » comme le raconte une source syndicale à StreetPress.

Le secrétaire générale de l’UNSA-Police aurait donc utilisé un des nombreux mécanismes par lequel l’institution policière et ses relais syndicaux, qui ont une mainmise importante dans la gestion des dossiers disciplinaires, se couvre et assure l’impunité de ses agents, pour protéger un proche accusé de violences intrafamiliales et de violences sexistes et sexuelles. Une affaire qui illustre une nouvelle fois l’impunité qui règne dans la police et montre les logiques patriarcales profondes de l’institution.


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