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Politique

Darmanin porte plainte contre Médiapart : la liberté d’expression selon Macron

Après avoir demandé la dissolution de plusieurs associations, Darmanin poursuit ses attaques. Ce matin il porte plainte contre Médiapart "pour diffamation publique envers la police nationale".

mercredi 21 octobre

Crédits photo : BFM-TV

Ce matin Darmanin a annoncé vouloir porter plainte contre Médiapart. Il a pris pour cible un article intitulé « Exécution sommaire du suspect : nouvelle norme en matière de terrorisme » qui a été publié sur le blog de Médiapart -une plateforme participative d’information où chaque abonné du journal a le droit de publier.

Comme on peut le voir dans le communiqué publié par le ministre sur Twitter, Médiapart est attaqué « pour diffamation publique envers la police nationale » et cette plainte fait suite à une alerte du syndicat Alliance-Police nationale.

L’article publié sur le blog de Médiapart contiendrait des propos « de nature à porter atteinte à l’honneur et à la considération de la police nationale ». Cette attaque du ministre contre Médiapart constitue une tentative d’intimidation contre un organe de presse et une attaque scandaleuse contre la liberté de la presse. Le gouvernement et Darmanin cherchent par là à faire taire toutes voix de contestation de la politique islamophobe gouvernementale.

Au cours d’une interview au micro de BFMTV, Gérald Darmanin attaquait déjà hier directement Edwy Plenel, sous-entendant que ce dernier porterait une part de responsabilité dans de tels actes terroristes : « Quand j’entends monsieur Plenel dire qu’il ne parle pas de l’affaire Mila, parce qu’après tout ’des milliers de menaces ce n’est pas si grave que ça’, je me dis qu’il y a de la lâcheté intellectuelle évidemment. Ils sont aussi, entre guillemets, responsables de cette ambiance, à cette température qui permet à des individus de passer à l’acte, en excusant tout ».

Dans un contexte général d’offensive du gouvernement contre les musulmans, cette plainte contre Médiapart sonne ainsi comme une expression de la « chasse aux sorcières » orchestrée par Macron contre tous ceux qui remettraient en cause la politique islamophobe de l’Etat. Cette plainte fait suite à la volonté du gouvernement de dissoudre plusieurs associations comme le CCIF ou l’ONG BarakaCity, qui a reçu ce matin une notification qui allait dans ce sens, mais aussi la fermeture de la Mosquée de Pantin ou encore le remplacement probable du rapporteur de l’Observatoire de la laïcité jugé trop modéré.

Une attaque qui révèle les dessous de la défense de la "liberté d’expression" dont se prévaut le gouvernement pour instrumentaliser l’attaque à des fins islamophobes. Après l’ignoble assassinat de Samuel Paty, le gouvernement veut approfondir son offensive réactionnaire et répressive, contre les musulmans mais aussi contre toutes celles et ceux qui ne rentreraient pas dans l’union nationale appelée de ses vœux par le gouvernement. Contre cette pression à l’unité nationale, qui voudrait faire taire toutes les voix contestatrices, il est urgent de défendre véritablement nos libertés démocratiques, comme la liberté de la presse, mais aussi la liberté de culte et d’expression, une lutte qui ne se mènera pas aux côtés mais bien contre le gouvernement et ses soutiens.




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