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Politique

Délire islamophobe

"Ce mot islamophobie a tué" : les outrances de Caroline Fourest aux états-généraux de la laïcité

Invitée à l’occasion des états généraux de la laïcité, Caroline Fourest, connue pour ses sorties islamophobes, s’en est pris aux militants anti-racistes et anti-islamophobes, les accusant d’être à l’origine des meurtres atroces de Charlie Hebdo et de Samuel Paty.

mercredi 21 avril

A peine lancés les états généraux sur la laïcité, initiés par Marlène Schiappa, ont pris une colo-ration islamophobe. A nouveau, il semblerait que derrière l’étendard d’une discussion sur la laïcité se joue le procès de l’islam et des musulmans et ce sans surprise au regard des invités de la ministre, notamment Henri Pena-Ruiz qui revendiquait à l’université d’été de la France insoumise en 2019 « le droit d’être islamophobe », Raphaël Enthoven connu pour avoir quali-fié la marche contre l’islamophobie de « manif de la honte » et donc Caroline Fourest.

L’essayiste, qui n’en est pas à son coup d’essai, s’est, ce mardi, à nouveau illustrée par une sortie réactionnaire : « Le mot d’islamophobie est un mot piégé qui a été mis dans le débat pour faire passer la défense de l’égalité, de la liberté et de la laïcité pour du racisme. […] On a pas le droit de continuer à utiliser ce mot quand il tué tant de monde. Ce mot islamophobie, il a tué les dessinateurs de Charlie Hebdo, ce mot islamophobie, il a tué le professeur Samuel Paty et demain à qui le tour. »

Les accusations sont bien entendues scandaleuses et outrancières. Ici, l’essayiste s’en prend directement aux militants anti-racistes et anti-islamophobes en les accusant d’être à l’origine des meurtres atroces de Samuel Paty et de Charlie Hebdo et travestit, ceux là-même qui du fait de leur religion subissent des oppressions, en assassins ou complices d’assassinats. Par as-sociation de liens et par des moyens fallacieux, ceux qui défendent les musulmans contre les attaques dont ils sont victimes sont assimilés à des islamistes, sinon à des criminels.

Pour Caroline Fourest donc, il faudrait interdire les dénonciations de l’islamophobie. Derrière ce discours prononcé aux états généraux de la laïcité, ce qui se joue c’est une certaine concep-tion de la laïcité qui vise surtout à exclure les musulmans ou supposés comme tels de l’espace public. Fervent soutien de la loi sur l’interdiction du voile à l’école en 2004 qui avait conclu à l’exclusion de l’école de jeunes filles musulmanes, majoritairement arabes et issues de quartiers populaires, la journaliste s’était aussi lancée de plein fouet dans la chasse aux sorcières islamo-gauchistes à l’université à la suite de Frédérique Vidal.

Avec la surenchère sécuritaire dans laquelle le gouvernement s’est engagé, avec les lois séparatisme et Sécurité Globale, à la suite de l’instrumentalisation de la tra-gédie de Conflans, un climat fertile aux idéologies réactionnaires a été institué. La semaine dernière encore les attaques islamophobes s’enchainaient, de l’incendie criminel d’une mosquée aux menaces de mort contre une journaliste dans un climat de haine attisé par le gouvernement et l’extrême-droite. Alors que les états généraux de la laïcité, comme le laisse présager l’intervention de Caroline Fourest ce mardi, vont consacrer de nouvelles attaques islamophobes, il y a urgence à rompre avec la pas-sivité qui a caractérisé la gauche politique et syndicale ces derniers mois pour dé-noncer ce qui est non seulement une offensive raciste mais aussi démocratique, qui a accouché de la dissolution du CCIF ou de l’amendement anti-UNEF au Sénat notamment.




Mots-clés

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