×

Réarmement impérialiste

Adoption de la loi de programmation militaire : le budget munitions supérieur à la réforme des retraites

Ce jeudi, le Parlement a définitivement adopté le projet de programmation militaire (LPM) actant un budget colossal de 413 milliards pour l’armée. Une loi qui marque un saut dans le réarmement d’une des principales puissances impérialistes au détriment des travailleurs qui subissent inflation et austérité.

Rafael Cherfy

13 juillet 2023

Facebook Twitter
Audio
Adoption de la loi de programmation militaire : le budget munitions supérieur à la réforme des retraites

Crédits photos : Rama (CC BY-SA 2.0 FR)

Le projet de loi relatif à la programmation militaire pour les années 2024 à 2030 a été définitivement adopté par le Parlement à la veille du 14 juillet. Après un accord trouvé en commission mixte paritaire, l’Assemblée nationale avait adopté le projet de loi le 12 juillet 2023 avec le soutien du RN, des LR, du groupe LIOT et du PS. Le texte a ensuite été validé dès le lendemain au Sénat. Un vote qui vient confirmer une tendance générale au réarmement des principales puissances impérialistes qui, particulièrement depuis le début de la guerre en Ukraine, se préparent à un avenir fait de crises et de guerres.

Principalement, le projet de loi acte un budget colossal de 413 milliards d’euros sur sept ans pour l’armée, portant son budget annuel à plus de 68 milliards d’euros en 2030. Cela en excluant l’ensemble des dépenses liées au soutien militaire à l’Ukraine, ainsi que le budget du Service National Universel. Ainsi, la loi de programmation militaire 2024 à 2030 entérine une hausse de 40 % du budget par rapport à la précédente LPM (2019-2025). En termes d’effectif, le ministère des armées vise 275 000 militaires d’ici à 2030 (en créant 6 300 postes) tout en développant une importante réserve opérationnelle qui devrait compter 105 000 personnes d’ici 2035.

Concrètement, à quoi va servir cet argent ? Pour la Marine, ce sera acheter par exemple six sous-marins Barracuda nouvelle génération pour 9 milliards d’euros, ou encore 4 nouveau Bâtiments Ravitailleurs de Force (BRF) pour 1,7 milliard d’euros.

Pour l’armée de terre, c’est aussi Noël avant l’heure : 240 blindés Serval seront achetés (à 4 millions d’euros l’unité), 50 canons Caesar (à 5 millions d’unité), 1243 véhicules blindés Griffon et 1849 Serval (à un million l’unité à peu près).

De nouveaux engins de morts arriveront aussi pour l’aviation, avec 84 nouveaux Rafales (à 100 millions d’euros l’unité) et 13 nouveaux avions de transports A400M (à 135 millions l’unité). Si vous pouvez trouver le détail ici, rien qu’en additionnant ces exemples, ce sont 25 milliards d’euros qui seront dépensés en achat de matériel, soit un millier de collèges.

En plus d’un investissement massif dans l’armée, la LPM a été l’occasion de « rénover » le régime des réquisitions du code de la Défense à travers l’article 23. Ce dernier a scandalisé de nombreuses personnes dans la mesure où il « permet au Premier ministre, par décret, d’ordonner la réquisition de toute personne, physique ou morale, de tout bien ou de tout service ou d’habiliter l’autorité administrative ou militaire qu’il désigne à procéder aux réquisitions ».

Ces réquisitions seraient justifiées « en cas d’urgence, lorsque la sauvegarde des intérêts de la défense nationale le justifie ». Un motif très vague qui fait craindre des potentielles réquisitions massives, humaines et matérielles au nom de la « défense de la nation ».

Plus largement, le vote de cette LPM s’accompagne d’un renforcement général de l’appareil répressif police et justice démontrant que la bourgeoisie se prépare à une période de crises, de guerres, mais aussi de potentielles explosions sociales. Si l’armée, la police et la justice sont loin d’être concernées par les restrictions budgétaires, pour les services publics telles que la santé et l’éducation, c’est l’austérité qui est la règle à l’image de la récente réforme des retraites passées en force par le gouvernement. A titre d’exemple, alors que le gouvernement a fondé sa réforme des retraites sur la nécessité de résorber un déficit de 13,5 milliards d’euros, la loi de programmation militaire prévoit pas moins de 16 milliards d’euros uniquement pour les munitions !

Alors que l’immense majorité des travailleurs voient leurs salaires baisser avec l’inflation, que deux années de travail supplémentaires ont été imposées, et que les services publics sont laissés en ruine ou privatisés, l’impérialisme français se réarme massivement. Un réarmement synonyme de profits faramineux pour les entreprises d’armement (Naval Group, Nexter, Dassault, Airbus et tant d’autres), et synonymes de centaines de victimes sur les théâtres d’opérations où la France est présente.


Facebook Twitter
Formation des enseignants : Macron cherche à renforcer le contrôle des futurs profs

Formation des enseignants : Macron cherche à renforcer le contrôle des futurs profs

Lidl : comment l'entreprise soutient la colonisation en Cisjordanie

Lidl : comment l’entreprise soutient la colonisation en Cisjordanie

Solidarité : SUD Rail & la CGT Energie 75 apportent leur soutien à Anasse Kazib, convoqué par la police

Solidarité : SUD Rail & la CGT Energie 75 apportent leur soutien à Anasse Kazib, convoqué par la police

« Economie de guerre » : à Bergerac, Macron inaugure une usine militaire pour faire parler la poudre

« Economie de guerre » : à Bergerac, Macron inaugure une usine militaire pour faire parler la poudre

Mort de Shemseddine : non aux mesures répressives, il faut des moyens pour la jeunesse !

Mort de Shemseddine : non aux mesures répressives, il faut des moyens pour la jeunesse !

Limitation du droit d'asile, enfermement aux frontières : le Parlement européen adopte le pacte migratoire

Limitation du droit d’asile, enfermement aux frontières : le Parlement européen adopte le pacte migratoire

Périmètre « antiterroriste », QR code, surveillance généralisée : Darmanin dévoile son plan pour les JO

Périmètre « antiterroriste », QR code, surveillance généralisée : Darmanin dévoile son plan pour les JO

5€ pour un rendez-vous raté chez le médecin : pour Attal, le problème de la santé c'est les patients

5€ pour un rendez-vous raté chez le médecin : pour Attal, le problème de la santé c’est les patients