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Scandaleux. Le Bal des migrant.e.s interdit par la préfecture après une campagne de haine

La préfecture de police de Paris a interdit ce mardi 13 juillet la tenue du Bal des migrant.e.s prévu le soir même. Une décision qui vient conclure une longue série d’offensives racistes contre l’évènement festif et militant organisé par le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrant.e.s.

mardi 13 juillet

L’association qui œuvre et lutte à l’année pour un meilleur accueil des réfugiés, des demandeurs d’asile et sans-papiers, avait tout préparé pour son bal annuel qui devait avoir lieu dans le 19ème arrondissement de la capitale ce 13 juillet. « Nous sommes en colère », a déclaré le Bureau d’accueil et d’accompagnement des migrant.e.s (Baam) suite à l’interdiction tombée à midi du jour même.

Si le communiqué de presse de la préfecture de Didier Lallement prétexte de « forts risques de troubles à l’ordre public » il va jusqu’à en attribuer la responsabilité à l’organisation victime depuis plusieurs jours d’une violente campagne de harcèlement sur les réseaux et de la part de l’extrême-droite : « cette manifestation fait l’objet de polémiques violentes sur les réseaux sociaux après les déclarations faites notamment par l’un des animateurs de la soirée ».

En vérité, il revient au député LREM François Jolivet d’avoir ouvert sur un mensonge le bal des racistes qui a présidé à cette interdiction. Entre le 9 et le 10 juillet, il accuse à plusieurs reprises le Baam d’organiser un bal en non-mixité et demande à la secrétaire d’État Marlène Schiappa et à la maire PS de Paris Anne Hidalgo d’intervenir pour interdire à une DJ de se produire au bal et ce « contre le racisme »…

Avec cette performance c’est en vérité un triple mensonge que réalise le député. Premièrement, comme tous les ans, le bal doit se tenir en mixité. Deuxièmement, la story instagram de la DJ mise en cause et dont se sert le député invite bien « toutes les personnes non-blanche, meuf, queer, trans à occuper l’espace qui leur revient » car « le dancefloor est un espace politique où les relations de pouvoir se reproduisent aussi » mais en vue d’une soirée organisée le 9 Juillet et non directement du bal comme le rappelle Mediapart. Enfin, le sermon « antiraciste » de Jolivet est profondément hypocrite, surtout quand on se rappelle de ses votes xénophobes à l’assemblée, comme en 2018 avec la loi Asile-Immigration.

Suite à cette demande, Emmanuel Grégoire (PS), premier adjoint à la mairie de Paris lui emboite le pas et convient que la présence de la DJ « soulève de graves atteintes à l’esprit républicain ». Malgré les démentis et le retrait de l’artiste de l’événement obtenu, la pression s’intensifie et les attaques continuent de fuser. Dans son dernier communiqué de presse, le Baam fait état de l’ampleur et de la gravité du harcèlement essuyé par l’association et la DJ Fanaya sur les réseaux par l’extrême-droite. Pour les réactionnaires le bal a été un « véritable défouloir à leur aigreur raciste et sexiste, traduite par autant de menaces de mort et de viol ».

Suite à cette interdiction, des militants étaient présents hier à Stalingrad où devait se tenir le bal pour dénoncer cette censure et la nouvelle offensive contre le mouvement anti-raciste. La diversité des acteurs qui ont armé cette interdiction nous montre la profondeur systémique du racisme qui a servi à ce déferlement de haine. De LREM à la police en passant par le PS et la fachosphère, le mensonge aura partout voyagé en lieu sûr. Il ne fait par ailleurs aucun doute que cette nième offensive réactionnaire n’aurait pu trouver de meilleur premier architecte qu’un député de la majorité. En effet, une telle « polémique » - pour reprendre le syntagme normalisateur utilisé par les médias bourgeois et qui a tant couvert l’offensive réactionnaire – n’aurait pu être permise sans l’aide du gouvernement Macron. C’est ses campagnes autoritaires et racistes systématiques qui lui ouvrent la voie aujourd’hui.

Convaincus du caractère plus que jamais impératif de lutter pour les droits et la dignité des migrant.e.s, nous exprimons toute notre solidarité avec les camarades du Baam après cette censure arbitraire et raciste. A ce titre, nous invitons tous nos lecteurs à rejoindre la marche organisée pour protester contre l’interdiction du bal des migrant.e.s prévue ce vendredi 16 Juillet à 18h au départ de l’Assemblée nationale et jusqu’à la mairie de Paris.




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