×

Violence policière

« Refus d’obtempérer » : la police tue pour la troisième fois en trois mois

Six mois après la mort de Nahel, tué à bout portant par un policier à Nanterre, la liste des personnes mortes après un « refus d’obtempérer » s’allonge. La dernière victime en date est un homme de 22 ans, mort dans la nuit de vendredi 15 à samedi 16 décembre, après une course-poursuite avec la BAC de Marseille.

Arno Gutri

18 décembre 2023

Facebook Twitter
Audio
« Refus d'obtempérer » : la police tue pour la troisième fois en trois mois

Crédit photos : Rog01

Un jeune homme de 22 ans est mort à Marseille, dans la nuit du vendredi 15 au samedi 16 décembre, suite à un « refus d’obtempérer ». Tentant d’échapper à un contrôle de la BAC, une course-poursuite s’était engagée entre le jeune homme et la police, peu après minuit. Quelques minutes plus tard, le jeune homme est éjecté de son scooter après avoir perdu le contrôle du véhicule sur un dos d’âne. Il a succombé à ses blessures vers une heure du matin.

Répétant une rhétorique bien connue, les médias se sont empressés de criminaliser le jeune homme en listant les éléments qui permettent de construire la figure du « délinquant » et déshumaniser la victime : « En défaut de permis et d’assurance, un morceau de résine de cannabis et un couteau à cran d’arrêt ont été retrouvés dans la sacoche de l’individu qui était connu des services de police », précise intentionnellement CNews.

Interrogé par Sud Radio, le secrétaire national du syndicat Unité SGP Police FO, Bruno Bartocetti, a surenchéri dans la criminalisation en flirtant avec l’idée d’ “ensauvagement” de la société : « Vous avez des chauffards qui prennent tous les risques parce qu’ils sont recherchés (...) On se met en danger pour un simple défaut de permis (...) C’est regrettable de refuser l’autorité, il y a une perte d’autorité aujourd’hui dans notre pays ».

Une déclaration qui s’inscrit dans la lignée de l’offensive autoritaire du gouvernement en réponse aux révoltes des quartiers populaires après la mort de Nahel, tué à bout portant par un policier en juin dernier à Nanterre, après un « refus d’obtempérer ». Que ce soit sur le terrain de l’école ou celui de la famille, l’objectif reste le même : discipliner et accentuer la répression de la jeunesse des quartiers populaires.

La mort du jeune homme à Marseille intervient après une série de morts suite à des “refus d’obtempérer”. Vendredi 8 décembre à Chelles (Seine-et-Marne), deux adolescents de 17 ans ont trouvé la mort après une course-poursuite avec la BAC. Pris pour cibles après avoir grillé un feu rouge, le conducteur du scooter a glissé sur la chaussée et s’est encastré dans un véhicule à l’arrêt. Samedi 7 octobre, un jeune âgé de 23 ans est mort dans des circonstances similaires à Saint-Priest, dans la métropole lyonnaise. Plus récemment encore, la police a tué à Paris. Le 12 décembre, un homme de 84 ans est mort après avoir été percuté par la BRAV-M. Six mois après la mort de Nahel et un mois après la libération du policier qui l’a tué, l’impunité policière demeure et la liste des morts pour « refus d’obtempérer » continue de s’allonger.


Facebook Twitter
Opération « place nette » à Bordeaux : les Verts jouent la carte du sécuritaire

Opération « place nette » à Bordeaux : les Verts jouent la carte du sécuritaire


Bordeaux : la mosquée de Pessac à nouveau ciblée par des tags islamophobes

Bordeaux : la mosquée de Pessac à nouveau ciblée par des tags islamophobes

Répression sanglante : la police tue par balle un kanak après la visite de Macron

Répression sanglante : la police tue par balle un kanak après la visite de Macron

Islamophobie : Darmanin veut expulser le président de la mosquée de Pessac pour son soutien à la Palestine

Islamophobie : Darmanin veut expulser le président de la mosquée de Pessac pour son soutien à la Palestine

Interdiction de Tik Tok : le gouvernement peine à défendre sa répression coloniale devant le Conseil d'Etat

Interdiction de Tik Tok : le gouvernement peine à défendre sa répression coloniale devant le Conseil d’Etat

Survie : « La lutte anticoloniale du peuple kanak est une lutte pour redevenir maître de leur propre destin »

Survie : « La lutte anticoloniale du peuple kanak est une lutte pour redevenir maître de leur propre destin »


5 mai 1988 : quand l'armée française massacrait les indépendantistes dans la grotte d'Ouvéa

5 mai 1988 : quand l’armée française massacrait les indépendantistes dans la grotte d’Ouvéa


Circulaire Moretti : l'Etat se prépare à condamner massivement les Kanak

Circulaire Moretti : l’Etat se prépare à condamner massivement les Kanak