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Répression

Pressions, « passe-droit » et répression : un machiniste dénonce la direction de Transdev Chelles

Sur le site de Chelles, un machiniste de chez Transdev est convoqué à l’inspection du travail le 30 janvier en vue d’un licenciement. Une procédure répressive qui intervient à l'encontre d'un syndicaliste combatif, connu pour dénoncer différents problèmes sur le dépôt.

Noah Rapa

26 janvier

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Pressions, « passe-droit » et répression : un machiniste dénonce la direction de Transdev Chelles

En novembre dernier, les conducteurs de bus du dépôt de Chelles (77) ont mené une grève de plusieurs semaines pour des augmentations de salaires, dénoncer la dégradation des conditions de travail causée par l’ouverture à la concurrence et le mépris de Transdev. Boujemaa, l’un des protagonistes de la grève et délégué syndical CFTC a été convoqué par la direction du dépôt à l’inspection du travail le 30 janvier prochain.

Cette convocation fait suite à un premier entretien disciplinaire auquel l’avait déjà convoqué la direction en octobre dernier. Un premier coup de pression qui faisait suite au dépôt d’un préavis de grève de la part du syndicaliste, mais aussi lié au fait qu’il ait dénoncé des « bugs » sur les fiches de paie des salariés et leurs conditions de travail. « Depuis que je défends avec force les travailleurs, que je dénonce les manœuvres de la direction pour faire des économies sur notre dos, ils font tout pour me couper la tête » explique ainsi Boujemaa.

Plus largement, cette répression s’inscrit dans une politique d’une direction « qui ne cesse de casser le transport » dénonce le syndicaliste, avant d’ajouter qu’elle « profite de sa position pour profiter d’avantages scandaleux ». L’année dernière, Boujemaa et ses collègues s’étaient ainsi déjà scandalisés lorsqu’ils ont découvert que la directrice des ressources humaines du site demandait aux mécaniciens de réparer sa voiture personnelle. « Elle s’est payé notre tête. Quand on lui demande pourquoi nos bus ne sont pas réparés à temps, elle nous dit que nous sommes en manque d’effectifs. Et derrière, elle nous demande de réparer sa voiture ? C’est scandaleux ! » dénonce-t-il.

Depuis cet événement, le travailleur dénonce des « intimidations » de la part de la direction pour l’empêcher d’exercer toute activité syndicale sur le dépôt. Il explique que cette dernière a fait en sorte que le syndicaliste soit interdit de se rendre dans les locaux de l’entreprise. « Tous les collègues, sauf moi, peuvent circuler dans les locaux. On m’accuse d’être agressif et insultant envers la direction. Mais la vrai violence, elle vient de leur part, lorsqu’elle réduit nos pauses, qu’elle nous met à disposition des bus qui ont roulé déjà 800 000 km et qui mettent notre sécurité et celles des usagers en jeu », explique-t-il.

D’après lui, pour le convoquer devant l’inspection du travail la directrice a seulement fait appel à des témoins « pro-direction », « hostiles » à lui. « Le seul élu qui représente les salariés et qui doit normalement faire partie intégrante de l’enquête vient de se retirer aujourd’hui. Lui aussi dénonce les manœuvres de la direction », explique-t-il.

Le 30 janvier, l’inspection du travail prendra donc en compte la version de Boujemaa. Elle statuera dans un délai de deux mois pour déterminer si elle laisse libre champ à Transdev pour le licenciement. Face à cette tentative de répression, il faut faire preuve de la solidarité la plus large possible et s’opposer fermement à son licenciement. La relaxe prononcée pour Julie Garnier, qui avait elle aussi dénoncé les agissements de Transdev Chelles, montre qu’il est possible de faire face à cette répression.


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