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Répression

Menace de dissolution de Sud educ 93 : les directions syndicales doivent préparer la riposte !

Ce 17 mars, Sud Educ 93 était auditionné au tribunal d'instance de Bobigny suite à la plainte déposée par des parlementaires LR dont le délibéré sera rendu le 19 mai. Une attaque scandaleuse, visant un syndicat pour sa lutte antiraciste, contre laquelle il est nécessaire de faire front.

jeudi 17 mars

Crédits photo : Révolution Permanente

Ce 17 mars, Sud Éducation 93 était auditionné au tribunal d’instance de Bobigny suite à la plainte déposée par 5 parlementaires les Républicains en juillet 2019 qui réclamaient... la dissolution de la section syndicale au motif de l’organisation d’ateliers en non mixité raciale. Une offensive scandaleuse visant un syndicat qui porte la question antiraciste et constitue à ce titre non seulement une attaque intolérable contre une organisation syndicale mais se destine aussi à mettre au pas la lutte contre les oppressions.

Une attaque réactionnaire contre l’antiracisme et l’organisation syndicale

Cette attaque réactionnaire s’inscrit à plein dans l’offensive islamophobe et autoritaire menée par le gouvernement et autres réactionnaires : loi Sécurité globale, loi Séparatismes, dissolutions autoritaires d’organisations antiracistes et anti-impérialistes – comme le CCIF, BarakaCity, dernièrement le Collectif Palestine Vaincra, ou encore acharnement contre les militants antiracistes figurent parmi l’arsenal de mesures utilisées par le gouvernement. Une offensive d’ailleurs combinée à son volet idéologique, la lutte contre l’ « islamo-gauchisme » et le « wokisme », qui servent à justifier la répression à l’encontre des militants et qui intervient notamment en réaction au mouvement antiraciste historique qui a marqué l’été 2020.
Dans le secteur de l’éducation, le climat répressif est particulièrement aigu, Blanquer ayant engagé une véritable offensive contre les travailleurs et travailleuses mobilisées contre ses réformes à coups de sanctions disciplinaires, et contre tout « wokisme », visant tout particulièrement... Sud Éducation 93 et ses militants.

Faire front face au climat réactionnaire et répressif

C’est dans ce contexte que Sud Educ 93 appelait à un rassemblement en défense du droit syndical et antiraciste et pour dénoncer l’offensive réactionnaire contre le monde militant.

« C’est la troisième plainte que nous subissons, après les deux plaintes de Blanquer », rappelle Manel, militante Sud Educ 93 figurant parmi les organisatrices des formations sur l’antiracisme. « Ce qui a posé problème c’était le terme de racisme d’État et surtout l’organisation d’ateliers en non mixité de personnes racisées. Ce stage, c’est l’aboutissement d’une lutte pour l’antiracisme politique, c’est la valorisation des luttes dans nos quartiers, contre les violences policières, contre l’islamophobie et ça a montré que les professeurs et personnels racisés de l’éducation sont capables de s’organiser et de produire des analyses sur le système scolaire. Nous on est fier d’avoir organisé ce stage qui a analysé les conséquences du racisme structurel sur les enseignants, sur les élèves et sur les parents », revendique-t-elle. Une intervention qui souligne l’importance pour les organisations du mouvement ouvrier de se saisir de la lutte contre les oppressions, et dans le secteur de l’éducation en particulier puisqu’il constitue un lieu de reproduction de l’exploitation et des oppressions.

Un militantisme syndical et antiraciste salué, à l’image du soutien apporté par Youcef Brakni et Anasse Kazib.

Face à ces attaques contre l’antiracisme et au tournant autoritaire qu’elles incarnent, il est nécessaire de faire front et de se mobiliser contre la répression.

C’est ce que défend Marion, militante à Révolution permanente et syndiquée à Sud éduc 93.

« Il ne faut plus qu’on soit sonné face aux attaques ou qu’on banalise ce genre d’offensive. La période est ultra réactionnaire lorsqu’on voit les offensives qui sont faites contre les militants antiracistes, du comité Adama à Anasse Kazib en passant par le collectif Palestine vaincra. Et notre camp mérite des réponses d’ampleur face à ces attaques, comme celle qui vise à nous dire comment nous devrions nous organiser. Ces attaques elles nous apprennent une chose, ils ont peur de l’antiracisme politique, ils ont peur que notre camp s’organise et relève la tête pour remettre en question leur système. Dans l’éducation on a un ministre qui passe son temps à stigmatiser, des mamans d’élèves aux jeunes filles voilées en passant par le refus de l’écriture inclusive, un ministre qui ne dit pas un mot sur la tentative de suicide d’une collègue il y a encore quelques jours et qui attaque, divise, stigmatise : c’est un condensé du meilleur agent de la bourgeoisie. »

« Ce qu’il faut désormais, c’est avancer vers la constitution d’un véritable front anti-répression, constituer des organisations de défense du mouvement ouvrier qui ne soient pas simplement défensives mais également offensives et qui ne laissent plus l’espace aux réactionnaires pour imposer un récit ou tenter d’intimider les militants », revendique-t-elle.

En ce sens, il est important non seulement de porter la question de la lutte contre les oppressions au sein de nos syndicats mais il est aussi nécessaire pour le mouvement ouvrier de lutter contre toutes les lois réactionnaires et islamophobes, aux côtés du mouvement antiraciste. La lutte contre la dissolution d’un syndicat par le gouvernement et les députés LR tout comme contre l’ensemble des dissolutions d’organisations politiques demande une véritable réaction du mouvement syndical et ouvrier !



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