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Justice pour Wanys !

Marche blanche pour Wanys : des milliers de personnes contre les crimes policiers

Plus d’une semaine après la mort de Wanys, tué par la police la semaine dernière, une marche blanche a été organisée jeudi après-midi à La Courneuve. Un rassemblement pour lui rendre hommage et dénoncer le racisme d’État et les violences policières.

Daniel Matisa

21 mars

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Marche blanche pour Wanys : des milliers de personnes contre les crimes policiers

Crédit photo : Révolution Permanente

Le 13 mars dernier à Aubervilliers, Wanys était tué par la police suite à une collusion violente avec la police qui le poursuivait. Le passager qui l’accompagnait, Ibrahim, est quant à lui blessé et actuellement en soins intensifs.

S’en sont suivies la cabale médiatique habituelle : sur CNEWS, on relaie le discours policier selon lequel « la voiture n’aurait pu éviter le scooter », tandis que chez Le Parisien, on s’empresse d’écrire que « Wanys avait été condamné par la justice et condamné à un an de prison avec sursis ». Une méthode désormais bien connue pour tenter de cacher la réalité, à savoir que Wanys fait partie de ceux que l’impunité policière a tué. Et la nuit de révolte à la Courneuve témoigne que les jeunes des quartiers populaires en ont bien conscience.

Hier, Ibrahim est sorti du silence au micro de France 3. Il raconte depuis son lit d’hôpital qu’une autre voiture de police avait déjà tenté de les renverser quelques minutes avant l’accident. Après la collusion avec la voiture qui, précise-t-il, « n’avait pas de gyro  », il a entendu les policiers se satisfaire d’avoir «  réussi leur coup  », et se demander « s’il y avait des caméras autour  ». Il ajoute également : « Quand ils ont vu que j’étais conscient et que j’avais entendu, alors ils m’ont tapé ou essayé de m’étouffer pour que je me rendorme  ». Une version bien loin de celle que défendent les policiers, selon laquelle « leur présence à ce moment-là relève d’un complet hasard ». Un récit policier déjà mis à mal par une vidéo des faits largement diffusée sur les réseaux sociaux et dans les médias.
C’est dans ce contexte que la marche silencieuse s’est élancée à La Courneuve, rapidement rejointe par des milliers de personnes venues dénoncer les crimes commis par la police en toute impunité. « C’est arrivé à mon frère, c’est déjà arrivé à d’autres avant  », rappelle le grand frère de Wanys, avant d’ajouter : « Il ne faut pas rester les bras croisés à regarder. Il faut se mobiliser pour que cela cesse ».

Des membres de la communauté éducative de La Courneuve étaient présents. Ils avaient déjà témoigné de leur solidarité avec la famille de Wanys dans un communiqué et sont descendus dans la rue pour «  protester contre les violences policières dont on est tous victimes dans les quartiers populaires, surtout les jeunes » comme le témoignait un enseignant au micro de Révolution Permanente. Younès, ancien professeur de Wanys au collège Georges Politzer, est lui revenu sur la réalité quotidienne de la répression policière dans le 93 : « « Sa mort nous rappelle qu’être prof dans le 93 c’est enseigner à des élèves qui ont une cible dans le dos, qui subissent des violences policières et des contrôles abusifs, le racisme de l’Etat dès très jeunes ».

Assa Traoré, dont le frère est également mort entre les mains de la police, était également présente. Elle a lu un texte émouvant rédigé par Ibrahim depuis sa chambre d’hôpital, en hommage à Wanys : « Je suis à l’hôpital, j’ai une fracture à la cheville, des points de suture au pied gauche, deux fractures au bassin, et mon corps est blessé partout. Mais ce qui me fait le plus mal c’est que tu ne sois pas là, je t’aime Wanys ».

Aux cris de « Justice pour Wanys  » et « Police, assassins !  », les participants sont finalement arrivés à Aubervilliers, sur les lieux où la voiture de police a percuté le scooter. Ils ont ensuite observé une minute de silence pour Wanys. Dans toutes les têtes, de la tristesse et de la colère contre des institutions qui tuent des jeunes et blanchient les meurtriers. C’est par rejet d’une police qui tue, terrorise et réprime que des milliers de personnes se sont rassemblées aujourd’hui. Par rejet d’une police raciste à laquelle les quartiers populaires sont confrontés quotidiennement. Avec la mort de Wanys, c’est l’urgence de la construction d’un front large pour lutter contre le racisme et les violences D’État qui se fait une nouvelle fois ressentir.


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