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Débat

LFI, la « tradition diplomatique française » et la libération de la Palestine

En prise à une campagne calomnieuse incessante en raison de sa défense des Palestiniens bombardés, LFI est sur le devant de la scène sur la question palestinienne. Mais le projet de Mélenchon d’un retour à la position diplomatique « traditionnelle » de la France et à la « solution à deux États » est rarement interrogé.

Léo Valadim

14 décembre 2023

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LFI, la « tradition diplomatique française » et la libération de la Palestine

Depuis le 7 octobre, La France Insoumise fait face à une campagne incessante de la part du gouvernement, de l’extrême-droite et des médias. Taxée d’antisémitisme, de soutien au Hamas, et attaquée, de manière plus générale, pour son refus de soutenir « inconditionnellement » l’État d’Israël, LFI est en première ligne d’une offensive maccarthyste qui touche plus largement l’ensemble de celles et ceux qui dénoncent le génocide à Gaza.

Malgré ces attaques persistantes, LFI a maintenu sa position, appelant à « la paix » et soutenant les Palestiniens. Dans ce cadre, une partie de l’organisation, à commencer par Mélenchon, a refusé de participer à la « marche contre l’antisémitisme » à l’appel du gouvernement, de la droite et de l’extrême droite. Cette attitude a conduit en retour à l’explosion de la NUPES, coalition créée par Mélenchon pour les dernières élections législatives, dont le reste des composantes a démontré une nouvelle fois qu’elles étaient pleinement intégrées au régime et subordonnées à ses orientations, même les plus réactionnaires.

Dans un débat public sur la question ancré très à droite, LFI apparaît objectivement comme l’une des principales organisations politiques nationales qui soutiennent le peuple palestinien. Alors que le maintien de sa position face aux attaques suscite une large sympathie parmi les partisans de la cause palestinienne, le contenu de son programme pour la Palestine est pourtant rarement interrogé.

Renouer avec la « position traditionnelle de la France » face au néo-conservatisme du régime

La France insoumise a le mérite de la constance depuis le début quant à sa position sur la question palestinienne. Pour LFI, il faut revenir à la « position traditionnelle de la France sur le sujet depuis le Général De Gaulle en passant par Jacques Chirac » défendait ainsi Manuel Bompard sur France 2, de concert avec la majorité des députés insoumis qui, comme Manon Aubry, affirment que « la voix de la France historiquement, c’est celle qui a porté la voix d’une solution à deux États ». Jean-Luc Mélenchon quant à lui écrivait le 10 octobre sur son blog : « Il faut en rester à la position française traditionnelle. Penser et agir comme l’ont toujours fait les Français et leurs gouvernements depuis De Gaulle au sujet de cette région du monde et de ses protagonistes ».

Cette position entend s’inscrire en opposition au tournant « néo-conservateur » de la diplomatie française depuis le quinquennat Sarkozy, poursuivi par ses successeurs, tous totalement alignés derrière la politique étasunienne et l’État d’Israël. Si la collaboration avec l’État d’Israël n’a jamais cessé, et s’est même renforcée sous Mitterrand, on a en effet assisté tout au long des années 2000 à un important rapprochement des industries militaires et à un renforcement de la coopération dans le domaine du renseignement, sécuritaire et policier, dans le partage d’expériences du contrôle des populations et du savoir-faire sur l’intervention dans les zones urbaines.

Avec ce tournant, l’État français s’est placé à la remorque des extrémistes sionistes. Une ligne qu’a poursuivie Emmanuel Macron dès son accession au pouvoir, lui qui en 2017 disait déjà que « l’antisionisme est la forme réinventée de l’antisémitisme » et dont les députés affichaient un « soutien indéfectible à l’État d’Israël » tout au long de son premier mandat. Après avoir été le seul chef de l’État à proposer une « coalition internationale » anti-Hamas, Macron a pu faire évoluer son discours alors que l’offensive génocidaire d’Israël dure depuis deux mois. Mais, par-delà ses zigzags, le gouvernement français est pleinement aligné derrière les États-Unis et Israël.

Face à cette position, LFI avance son programme en opposant à Macron le « non-alignement », « condition de l’indépendance et de la liberté » selon Mélenchon, articulé à l’investissement des institutions internationales, érigées en cadre fondamental pour la résolution de la situation. LFI revendique ainsi la nécessité de s’appuyer sur l’ONU et le droit international, notamment au moyen d’une saisine par la France de la Cour Pénale Internationale contre le gouvernement israélien « quitte à retirer ensuite sa plainte ». Il s’agit pour le leader insoumis d’imposer par la diplomatie un nouvel accord de paix.

Dans la situation, cette position ne peut apparaître à première vue que modérée et progressiste, à l’heure où les soutiens plus ou moins ouverts du génocide à Gaza s’étalent dans les médias. En outre, elle peut se revendiquer de l’autorité de secteurs de la diplomatie française et d’anciennes figures du régime comme Dominique de Villepin, avec lequel les Insoumis ne cachent pas leurs proximités, s’indignant de ne pas subir le même traitement que cet ancien premier ministre de la Ve République (qui aura été celui de l’état d’urgence dans les banlieues en 2005 et du Contrat Première Embauche en 2006), alors qu’ils disent en substance la même chose. Mais précisément, ces convergences témoignent des limites d’une position qui repeint aux couleurs du soutien à l’auto-détermination de la Palestine des positions historiques de l’État français guidées par la défense de ses intérêts impérialistes.

Une mythification du non-alignement « à la française »

Pendant la guerre d’Algérie, à l’époque où la priorité française était de préserver ses colonies, les liens franco-israéliens étaient très forts, dans un combat commun contre les luttes d’indépendance, à l’image de la « crise de Suez » en 1956, pour empêcher la nationalisation du canal par l’Égypte de Nasser. Durant cette période, la France est un énorme fournisseur d’armes pour l’État sioniste, et va aller jusqu’à lui donner la technologie nécessaire à la réalisation de la bombe atomique. L’historien Samy Cohen parle même d’« interpénétration » entre les services des deux États : « s’est installée depuis Suez, secrètement, presque clandestinement, une véritable osmose entre les états-majors » avec « des liens qui unissent la France et Israël dans les domaines les plus secrets » [1].

Mais avec l’indépendance formelle de l’Algérie en 1962, la France de De Gaulle va entreprendre un virage diplomatique, avec comme nouvel enjeu de consolider une aire d’influence post-coloniale, et de restaurer les relations avec les régimes arabes, ce qui passait par une prise de distance vis-à-vis de l’état-major sioniste. Il s’agit alors de tenter d’incarner une troisième voie dans le contexte de guerre froide, en cherchant, dans la lignée des ambitions historiques du gaullisme, à maintenir la France comme puissance internationale malgré l’effondrement de son empire colonial. Une position qui revendique par ailleurs de chercher à éviter que les régimes arabes ne se rapprochent du bloc soviétique, comme s’en expliqueront des émissaires français à l’administration Nixon en 1969 : « Nous voulons que le monde arabe ne verse pas dans une dangereuse amertume, qu’il ne se livre pas à la domination de l’URSS, et demain de la Chine […]. Nous aurons ainsi contribué [...] à ce que ce monde n’échappe pas à l’amitié de l’Occident et ne se tourne pas durablement contre lui, c’est-à-dire contre les États-Unis en particulier. » [2]

La guerre des Six Jours en 1967 et l’embargo français sur les armes marquent un point de bascule [3], et la position diplomatique de la France visera pendant les trois décennies suivantes à tenir ensemble « politique arabe » et relations avec l’État Israël, pour lequel même De Gaulle continuera de clamer son amitié. Pompidou et Giscard vont ainsi poursuivre cette ligne, tout en adoucissant dès 1969 l’embargo sur les armes, qui était déjà très relatif depuis 1967, puis le supprimant en 1974. La même année, Valéry Giscard d’Estaing défend que l’ONU accorde un statut d’observateur à l’Organisation de libération de la Palestine (OLP). Cette logique du « en même temps » va être poussée plus loin encore par Mitterrand, mentor de Jean-Luc Mélenchon. Très proche d’Israël, c’est sous son premier septennat que se réactive une coopération militaire active avec l’État sioniste. Il est le premier président français à se rendre en Israël et le premier chef d’État étranger à s’exprimer à la Knesset. Lors du discours célèbre qu’il y a prononcé, il déclare « refuser d’associer plus longtemps la France au boycott commercial frapp[ant] Israël », tout en y abordant de manière inédite la nécessité de la création d’un État palestinien. Il est par ailleurs célèbre pour avoir sauvé la vie de Yasser Arafat, chef de file de l’OLP, à plusieurs reprises.

Tout au long de cette période, la nature du « non-alignement » à la Française est clair : il ne s’agit pas d’un soutien au peuple palestinien, mais d’une défense des intérêts de l’impérialisme hexagonal, qui passe par le fait d’adopter une position intermédiaire, favorable à un compromis entre colons et colonisés, placés sur le même plan, pour ménager ses relations à la fois avec Israël et les régimes soumis à son influence post-coloniale.

Si la perspective pour la France d’incarner une « troisième voie » est tout autre qu’à l’époque du Général De Gaulle, c’est dans cette même logique que Jean-Luc Mélenchon prône sa doctrine du « non-alignement ». Face à l’exacerbation des tensions à l’échelle internationale, il s’agit pour le leader de LFI de refuser de se subordonner par principe aux États-Unis et de chercher à la place à constituer des alliances au cas par cas, notamment avec les pays des BRICS, pour que l’État français tire son épingle du jeu. Ce « non-alignement » constitue pour Mélenchon une condition nécessaire pour que la France retrouve des marges de manœuvres et pour mettre un frein à l’affaiblissement de l’impérialisme français. Un positionnement que LFI cherche à promouvoir d’autant plus à l’aune de la guerre actuelle en Palestine et des recompositions auxquelles elle pourrait donner lieu au Moyen-Orient, alors que les BRICS doivent s’élargir en janvier prochain à l’Arabie saoudite, aux Émirats Arabes Unis, à l’Iran, l’Égypte et l’Éthiopie.

En ce qui concerne la situation en Palestine, cette position passe aujourd’hui par un soutien aux Palestiniens bombardés et par une critique ouverte du gouvernement d’extrême-droite de Netanyahou, hostile à l’existence même d’un État croupion palestinien. Mais en cohérence avec cet héritage diplomatique, le programme de LFI implique que le peuple palestinien accepte comme compromis l’existence de l’État colonial et son contrôle d’une immense partie de ses terres historiques. Une perspective cristallisée autour de la perspective stratégique de la « solution à deux États », dont l’impasse a été amplement démontrée tout au long des dernières décennies.

L’utopie réactionnaire de la « solution à deux États »

Ce programme, qui peut apparaître séduisant en réponse aux aspirations légitimes à la « paix » au Moyen-Orient, a été rudement mis à l’épreuve ces dernières décennies, s’avérant non seulement utopique, mais aussi profondément réactionnaire. Depuis 1993 et la signature des accords d’Oslo, censés consacrer cette dite « solution », et une reconnaissance mutuelle entre Israël et la Palestine, la colonisation a continué, avec son lot de massacres, d’humiliation, de déplacements forcés, pour qu’aujourd’hui la Cisjordanie ne soit plus qu’un archipel d’îlots morcelés et reliés par des routes contrôlées par l’armée Israélienne, et la bande de Gaza une prison à ciel ouvert dans laquelle la nourriture et l’eau sont rationnées par l’État colonisateur. C’est par ailleurs l’échec des accords d’Oslo, cosignés par l’OLP (Organisation de libération de la Palestine), qui a donné lieu à la seconde intifada, et au renforcement du Hamas qui a remporté les législatives de 2006 sur la base d’une dénonciation de ceux-ci.

Cette « solution à deux États » que Mélenchon défend n’a jamais été autre chose qu’une mascarade. Pire, elle a été l’outil avec lequel les puissances impérialistes (États-Unis et France en tête) et Israël ont désarmé la résistance, avec la complicité de la direction de l’OLP, qui est passée d’organisation de lutte pour la libération de la Palestine à outil d’administration de territoires palestiniens sous contrôle colonial. Aujourd’hui, l’Autorité Palestinienne issue des accords d’Oslo et dirigée par le Fatah (composante majoritaire de l’OLP) sous-traite les activités policières liées à l’occupation israélienne, réprimant la résistance sans que l’armée sioniste ait à se salir les mains. Alors que nous assistons à un génocide et à une nouvelle Nakba avec déjà près de deux millions de déplacés dans la bande de Gaza [4], un nouvel « accord de paix » et de reconnaissance mutuelle sous l’égide de l’ONU et des États-Unis ne pourrait que prendre acte d’une situation encore plus défavorable aux Palestiniens.

LFI n’est d’ailleurs pas seule à défendre la « solution à deux États », qui, comme le dit Mélenchon dans son récent entretien à Orient XXI, « est la position de l’ONU », et donc aussi des puissances impérialistes, y compris les États-Unis de Joe Biden, qui est officiellement favorable à un retour aux frontières de 1967 (comme LFI), et la France d’Emmanuel Macron. Il ne s’agit pas d’un hasard. Cette position, défendue ouvertement par la diplomatie française et Mitterrand depuis les années 1980, d’abord de manière isolée, a rapidement convaincu les Américains et fait l’unanimité dans la « communauté internationale ». Si elle reconnaît formellement le droit des Palestiniens à disposer d’un État, ce que l’ONU n’a jamais été en mesure de garantir, elle conditionne par la même occasion ce droit au fait qu’ils renoncent à leur lutte pour l’auto-détermination. C’est cette-même « solution » qui a amené d’importants secteurs du mouvement national palestinien à considérer la signature des accords d’Oslo par Arafat comme une trahison, comme c’est le cas de l’intellectuel mondialement connu Edward Said.

Lire aussi : Les accords qui ont mis la Palestine à genoux

Plutôt que de reproduire des solutions hypocrites qui ont déjà échoué, dans des coordonnées encore plus défavorables aujourd’hui, le bilan de ces tentatives qui s’impose aujourd’hui, c’est qu’il ne peut y avoir aucune paix en Palestine tant qu’existera sur ses terres un État d’apartheid soutenu par l’impérialisme. La première condition de la paix est la lutte résolue pour la fin de la situation coloniale en Palestine, le droit au retour des Palestiniens sur les terres desquelles ils ont été expulsés depuis 1947. Pour cette raison, il ne peut y avoir de position de soutien au peuple palestinien cohérente sans un soutien à sa résistance et à son droit à lutter pour son auto-détermination, sur la base de son territoire historique.

Cette libération ne sera jamais le produit d’ententes diplomatiques entre impérialistes, ni de l’action des bourgeoisies arabes, sur lesquelles compte la direction actuelle de la résistance palestinienne, dont nous ne partageons ni la stratégie, ni les méthodes. De notre point de vue, cette libération ne peut être le fruit que d’un processus révolutionnaire qui soit le fait des masses palestiniennes et arabes, sans lequel il est impossible d’envisager de démanteler les institutions coloniales, pour établir une Palestine ouvrière et socialiste, dans laquelle Arabes, Juifs et autres minorités nationales pourront vivre en paix, égaux, et exercer leur droit à l’auto-détermination.

L’État d’Israël ne tient que grâce au soutien impérialiste : il faut une perspective anti-impérialiste !

Le soutien impérialiste, en particulier des États-Unis, mais aussi de l’Union Européenne, est la clé de l’existence de l’État d’Israël. Depuis l’accord de libre-échange de 1975, Israël fait quasiment partie du marché commun européen. Une série d’accords ultérieurs, notamment à partir de la signature des accords d’Oslo, ont considérablement renforcé le caractère « spécial » du statut d’Israël vis-à-vis de l’Union Européenne, au point qu’en 2009, Javier Solana, Haut Représentant de l’Union européenne, avait déclaré qu’Israël était « un membre de l’Union européenne sans être membre de ses institutions ». Outre l’ouverture du marché européen, s’est développé jusqu’à aujourd’hui un très haut degré de partage d’information dans tous les domaines et de coopération scientifique, particulièrement en lien avec l’industrie de la « sécurité ».

Selon la plateforme publique Open Security Data Europe, entre 2008 et 2027 Israel aura reçu un total de 69,3 millions d’euros pour des projets de recherche présentés dans les programmes européens liés au domaine sécuritaire FP7 Sécurité (31,98 M€), Horizon 2020 (34,18 M€) et Horizon Europe (3,2 M€). Un montant bien supérieur à celui de certains membres de l’UE ayant une population comparable numériquement. Parmi les entreprises bénéficiaires, on compte notamment Israel Aerospace Industries, qui produit des systèmes de défense aérienne, et Tamar, qui fabrique des explosifs.

En ce qui concerne la France, sa police, son armée, ses services de renseignements et son industrie militaire sont aujourd’hui plus que jamais intimement liés à ceux de l’État sioniste, par de multiples collaborations, au point que la police française a une nouvelle fois demandé en juin des conseils à Israël pour mater la révolte des banlieues, ce qu’avait déjà fait en 2005 Sarkozy. Le savoir-faire lié à des décennies d’occupation et de colonisation est tellement précieux que de nombreuses unités de l’armée française vont se former en Israel. Mais ce partage d’expérience ne se fait pas à sens unique, puisque comme l’expliquait Sébastien Lecornu en octobre : « L’essentiel du soutien que nous apportons aujourd’hui est du renseignement. Le renseignement fourni l’est dans le cadre du partenariat habituel entre nos deux pays. Nous avons malheureusement une longue expérience en matière de lutte antiterroriste et nos services de renseignements disposent de moyens et de capteurs particulièrement performants. » Il faut aussi noter que la France dissimule ses ventes d’armes à Israël en privilégiant le fait de fournir des « composants militaires », qui pour partie se retrouvent notamment dans les missiles utilisés contre les populations civiles à Gaza, et que les fleurons de l’industrie de l’armement français travaillent de manière très étroite avec leurs homologues israéliens.

La France et l’Union Européenne sont donc étroitement liées à la machine de guerre israélienne, et impliqués dans la répression et les massacres des forces d’occupation. De ce point de vue, le soutien aux Palestiniens et le combat contre le massacre en cours doit passer par un combat résolu contre notre propre impérialisme. À rebours d’une logique comptant sur les leviers diplomatiques pour entériner une situation de « paix », dans laquelle la colonisation et l’apartheid se poursuivrait, le mouvement de soutien à la Palestine doit se doter de revendications immédiates qui s’attaquent en profondeur au soutien mutuel entre la France et Israël, et renforcent la capacité du peuple palestinien à lutter pour sa propre libération.

L’urgence face au massacre, pour laquelle le mouvement en cours ne peut compter que sur ses propres forces, c’est donc celle de la lutte pour la fin des bombardements et de l’intervention militaire israélienne  ; la fin du blocus de Gaza et des mesures de punition collective qui plongent dans la misère le peuple palestinien  ; la libération des prisonniers palestiniens et des militants de la cause palestinienne retenus partout dans le monde, et notamment de Georges Ibrahim Abdallah détenu ici en France  ; la fin de la répression du mouvement de solidarité  ; la fin de l’aide militaire à Israël et le retrait des troupes et navires français de la région  ; la rupture de tous les accords militaires, de sécurité, politique et de recherche avec Israël.


[1Cohen, Samy, « De Gaulle et Israël. Le sens d’une rupture ». Barnavi, Élie, et Saul Friedländer, La Politique étrangère du général de Gaulle, Genève, Graduate Institute Publications, 1985 (p. 192-202).

[2Laurens, Henry, « La diplomatie française dans le conflit israélo-arabe (1967-1970) », Matériaux pour l’histoire de notre temps, vol. 96, n°. 4, 2009, p. 3-11.

[3De Gaulle, qui est alors préoccupé par le risque que représenterait un embrasement guerrier de la région en pleine guerre froide, s’oppose fermement à la guerre, décrète une série d’embargos sur les armes, quitte à se mettre à dos une partie importante de l’opinion publique en France, qui soutient Israël, jusqu’à organiser des marches de plusieurs dizaines de milliers de personnes, avec le soutien de pans importants de la presse et de figures comme Serge Gainsbourg. Pourtant, malgré ces embargos, ce sont bien avec des armes françaises fournies dans les années précédentes, et notamment les avions « Mirage », qu’Israël remporta la guerre de 1967. Les soldats Israéliens se battent même avec des uniformes du surplus militaire français de la guerre d’Algérie. Le premier embargo décrété n’empêchera pas la France de continuer pendant près de deux ans à fournir plus d’armes à Israël que les États-Unis.

[4Chiffres de l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine (UNRWA). Nakba signifie « catastrophe » en arabe. Le terme est employé pour désigner le déplacement forcé de près de 800 000 Palestiniens entre 1947 et 1949 à la création de l’État d’Israël. L’historien Ilan Pappé parle de « génocide progressif ».



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