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"Islamo-gauchisme" : un média d’extrême-droite fiche tous ceux qui dénoncent l’islamophobie

Le journaliste Taha Bouhafs vient de révéler sur son Twitter l’existence de fichiers, publiés sur le site d’extrême droite "Fdesouche", dans lesquels sont répertoriés une multitude de personnalités, militants, professeurs, syndicalistes, tous taxés « d’islamo-gauchistes ». Une menace ouverte qui s’inscrit dans la même offensive qu’a mené le gouvernement depuis un an.

samedi 18 septembre

Crédit : Taha Bouhafs

Publié sur twitter, une enquête du journaliste Taha Bouhafs révèle l’existence de deux fichiers Excel provenant du site d’extrême droite Fdesouche qui prétend recenser les “islamogauchistes” en France, avec une liste très détaillée de personnalités politiques, de journalistes, de militants antiracistes, d’imams, d’associations d’aides aux réfugiés et de groupes politiques.

Au total, le nom de plusieurs centaines de personnes figurent dans ce document qui s’avère relever d’un fichage précis, où sont indiquées les professions et organisations dont sont membres chacun d’entre eux. Parmi lesquels notamment de nombreux représentants de partis politiques, de la gauche institutionnelle comme EELV et la FI, constamment sous le feu des accusations en “islamo-gauchisme” depuis la manifestation du 10 novembre 2019. Sont également mentionnés de nombreux journalistes et universitaires s’étant positionnés contre l’islamophobie, à savoir Taha Bouhafs, Mathieu Mollard de StreetPress ou Ludivine Bantigny. Mais aussi des dizaines de syndicalistes de SUD de la CGT ou de l’UNEF et de militants d’extrême-gauche comme le NPA, mais aussi en particulier Anasse Kazib et notre organisation, Révolution Permanente, étaient visés dans ce document.

Dans un second fichier qui recenserait principalement les initiatives et collectifs d’aide aux migrants d’après Taha Bouhafs, figureraient aussi des coordonnées telles que des adresses, des e-mails, des numéros de téléphones et réseaux sociaux. Taha Bouhafs n’a pas communiqué le lien vers cette seconde liste, sûrement par respect pour les données en question.

Ce nouveau fait n’est d’ailleurs pas sans rappeler la vidéo choquante d’il y a quelques mois du Youtubeur fasciste Papacito, dans laquelle il avait ouvertement appelé à tuer les militants de gauche et d’extrême gauche. On se souvient d’ailleurs du traitement bien conciliant des médias bourgeois qui avaient appelés à « relativiser » cet appel aux meurtres suite à la prise de position de Mélanchon qui avait suivi de près la publication de la vidéo, ce dernier ayant été même accusé de complotisme par des membres du gouvernement.

Comme l’explique Taha Bouhafs dans son thread Twitter, ce fichier a été publié en novembre 2019, à savoir au moment même où se déroulait la marche contre l’islamophobie, du 10 novembre. On retrouve d’ailleurs dans le fichier un nombre important de signataires de l’appel qui avait été lancé pour participer à la marche.

Un fichier qui, à travers la logique réactionnaire du terme islamo-gauchisme, expose toute personne qui a exprimé son opposition à la politique raciste du gouvernement. L’affaire montre bien la connivence entre les secteurs de l’extrême-droite derrière ce fichier, et le gouvernement qui a constitué l’offensive islamophobe, à l’image de la ministre Frédérique Vidal qui avait, de la même façon, lancée la chasse à « l’islamogauchisme à l’université » et missionné le CNRS d’enquêter sur les recherches décoloniales et intersectionnelles. On retrouve d’ailleurs dans le fichier de Fdesouche de nombreux membres de la communauté universitaire.

Darmanin, taxait encore il y a encore quelques mois, dans un débat qui l’opposait à Marine Le Pen, cette dernière de plutôt « molle », l’offensive islamophobe de la loi séparatiste jusqu’à l’instrumentalisation du meurtre de Samuel Patty, ou encore l’offensive sécuritaire qui continue encore aujourd’hui, depuis la loi sécurité globale jusqu’aux toute récentes sorties de Macron à Marseille.

Évidemment, cette offensive raciste et islamophobe menée par le gouvernement participe plus qu’amplement à la décomplexion des groupuscules d’extrême-droite et de leur média comme “Fdesouche”, et les encourage à ce type d’initiatives menaçantes.

Face à sa décomplexion et à l’image de cette dernière affaire choquante, l’extrême-droite doit être combattue sur le plan idéologique et par la rue. Le mouvement ouvrier doit se saisir de cette lutte et ne laisser aucune place aux discours réactionnaires et aux politiques racistes.




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