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Monde

GESTION COLONIALE DE LA CRISE SANITAIRE

Guyane. Un nouveau confinement rappelle la gestion coloniale de la crise

Alors que la grande majorité des Français se prépare à un déconfinement, la situation sanitaire se détériore grandement en Guyane. Face à un retard de la vaccination et une majorité de cas provoqués par le variant brésilien, de nouvelles restrictions sanitaires sont appliquées à la population.

vendredi 14 mai

Crédits photo : Jody Amiet, AFP

Mercredi soir, le gouvernement a pris la décision de durcir les restrictions sanitaires en Guyane. Avec déjà un couvre-feu de 19h à 5h la semaine et un confinement le dimanche en place, le préfet a décidé suite au Conseil des ministres de reconfiner en exigeant une attestation de déplacement au-dessus de 10km, de fermer restaurants, bars et lieux culturels, et de limiter les activités sportives à 1h par jour. Cette décision est effective à partir du vendredi 14 mai jusqu’au 30 a minima.

Ce nouveau confinement intervient à l’heure où la situation en Guyane se veut particulièrement mauvaise. En effet, "la situation se détériore nettement en Guyane", de l’aveu même de Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement. Que ce soit les nombres de personnes hospitalisées dans les services de réanimation qui ne cessent d’augmenter en Guyane ou un taux d’incidence global qui a doublé en un mois, les indicateurs sont mauvais. Le taux d’incidence par exemple est de 321 pour 100.000 alors qu’au niveau national, ce chiffre est de 183,54, et est en baisse depuis plusieurs jours.

De plus dans les hôpitaux selon Loïc Epelboin dans des propos recueuillis par France Info « la situation s’aggrave progressivement, notamment à Cayenne, où les salles d’hospitalisation classiques comme la réanimation sont arrivées assez rapidement en quelques jours à saturation ».

La situation en Guyane s’explique par plusieurs facteurs. D’une part, par sa situation géographique, la Guyane, étant limitrophe du Brésil, connait une majorité de malades contaminés par les variants. Le brésilien V3 (ou P1 de Manaus) a été détecté pour 80 % des prélèvements positifs et le britannique pour 10 à 20 %. Le sud-africain est présent aussi mais minoritaire.

D’autre part, le processus de vaccination est encore plus lent qu’en métropole. Au 5 mai, seuls 1305 professionnels de santé avaient reçu deux doses de vaccin, soit moins 20% des professionnels de santé et assimilés du territoire. Seulement 4,7% de la population guyanaise a reçu les deux doses de vaccins contre 13,1% pour l’ensemble de la population française : c’est presque 3 fois moins en Guyane qu’en métropole !

Une situation symptomatique de la gestion coloniale de la crise sanitaire, et si déjà dans l’hexagone le plan du gouvernement était difficile à comprendre et à défendre, il devient ridicule dans les territoires d’outre-mer. La gestion catastrophique sur les vaccins est un nouvel exemple des errances de ce gouvernement. En Guyane, non seulement les squats et les bidonvilles abondent, mais les infrastructures hospitalières ainsi que les ressources humaines et matérielles laissent beaucoup à désirer. Face à cela, il est urgent de revendiquer l’auto-organisation démocratique des travailleurs, en particulier des travailleurs de la santé, afin de pouvoir établir, un véritable plan à la hauteur de la crise qui priorise la vie et la santé de la population au lieu de veiller sur le profit des grandes entreprises de l’impérialisme français.




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