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Covid-19 : face au risque d’une 5ème vague, quelle est la situation en Europe ?

L'Europe connaît une nouvelle vague de Covid-19. Au Royaume-Uni comme dans les pays de l'Est, le nombre de cas a fortement augmenté et fait craindre une 5ème vague de l'épidémie.

mardi 26 octobre

crédit photo : NIKOLAY DOYCHINOV / AFP

La crise sanitaire en Europe connaît un rebond qui inquiète particulièrement. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), sur les 7 derniers jours, on enregistre une hausse de 7% des cas de Covid-19. L’Europe de l’Est est touchée de plein fouet mais l’épidémie touche aussi le Royaume-Uni et l’Europe centrale (Allemagne et Autriche), faisant craindre une 5ème vague en l’Europe.

Les raisons de cette recrudescence sont à chercher du côté de la trop faible vaccination dans certains pays, de l’absence de prise en compte des conséquences d’une levée totale des restrictions, comme c’est le cas au Royaume-Uni, mais aussi de l’affaiblissement de l’efficacité des vaccins et de l’arrivée de l’hiver.

Le Royaume-Uni fait en effet face à une augmentation très forte du nombre de cas recensé par jour sur son territoire. La semaine dernière, le nombre de cas pouvait atteindre jusqu’à 50 000 personnes par jour, un taux inquiétant qui correspond à celui de l’hiver dernier, qui avait alors donné lieu à un confinement de la population. Si le nombre d’hospitalisations et de morts reste inférieur à l’année dernière, les autorités sanitaires restent cependant méfiantes, notamment envers le sous-variant du Delta « AY4.2 » qui se propage très vite (6% des nouvelles contaminations en une semaine seulement selon l’agence de santé gouvernementale).

Le Royaume-Uni expérimente par là le contre coup de la politique de Boris Johnson qui consistait à vivre avec la Covid. La levée totale des mesures sanitaires et la faible vaccination des jeunes semblent en effet être à l’origine de la montée de l’épidémie outre-manche. Les spécialistes tels que Matthew Taylor, patron de la NHS Confederation, ont appelé le gouvernement à prendre des mesures rapidement : « les choses vont probablement se détériorer dans deux ou trois semaines », a-t-il affirmé sur SkyNews si les autorités ne font rien pour endiguer la pandémie.

Ailleurs en Europe, la situation s’aggrave également. L’Allemagne enregistre des taux qui marquent une certaine hausse. L’Autriche, en la personne de son chancelier Alexander Schallenberg, s’apprête à confiner les non-vaccinés pour prévenir un rebond de l’épidémie. Le pays est, en effet, proche de l’Europe de l’Est où l’épidémie a repris de plus belle selon le site Our World in Data dirigé par l’université d’Oxford. La République tchèque a enregistré une augmentation de 108% du nombre de cas sur une semaine tandis que la Pologne et la Hongrie ont vu augmenté de 88% leur taux de contamination sur la même période. La Bulgarie et la Roumanie atteignent des taux critiques, notamment chez les non-vaccinés.

Enfin, la Russie, pays le plus touché en nombre de morts en Europe – elle compte officiellement 229 528 morts mais pourrait atteindre les 400 000 victimes du Covid-19 selon l’agence de statistique Rosstat – connaît une flambée du nombre de cas et de morts qui met le gouvernement russe en difficulté. Samedi dernier, la Russie enregistrait 1075 morts supplémentaires et plus de 37 000 nouvelles contaminations. Selon Dmitri Peskov, porte-parole du Kremlin, la « vaccinophobie » des russes explique cette montée en flèche du nombre de cas. En effet, seul 35% des russes sont actuellement vaccinés en raison d’une défiance profonde de la population envers le pouvoir. Vladimir Poutine a même imposé une semaine de congés payés entre le 30 octobre et le 7 novembre pour limiter la propagation du virus.

La situation en Afrique est toute aussi critique, la population pâtie des politiques néolibérales nationales de gestion de la crise sanitaire des gouvernements occidentaux, du manque manifeste d’infrastructure, de tests et de vaccins. Ainsi la semaine dernière, l’OMS rapportait que les 8,4 millions de contaminations recensées ne représentaient en réalité qu’un septième du nombre d’infections réelles. Impossible donc de briser les chaînes de contaminations, et l’épidémie continue de se propager librement sur le continent qui n’a encore pas vu l’ombre d’une campagne vaccinale sérieuse, comme le rapporte Le Figaro : «  La plupart des pays africains n’ont pas atteint l’objectif de vacciner 10% de leur population en septembre. Tant s’en faut. Le taux de vaccination pour l’ensemble du continent était de 3,3% mi-septembre, contre plus de 50% dans les pays riches. À Madagascar, en Tanzanie ou en Ouganda, moins de 1% des habitants sont vaccinés. Le Burundi et l’Érythrée n’ont même pas commencé leur campagne.  »

En France, selon le ministre de la santé Olivier Véran, « on assiste à une tendance à la hausse » qui ne doit pas être surestimée. Le ministre préfère parler d’une « petite poussée » qui n’a rien à voir avec « une vague épidémique » comme on en a connu l’année dernière. Néanmoins l’épidémiologiste Arnaud Fontanet explique au Journal du Dimanche que l’« on s’attend à une poursuite de la hausse des contaminations à cause de deux facteurs : la météo et la baisse de l’efficacité des vaccins contre l’infection ». L’arrivée de l’hiver ainsi que la baisse du taux de protection du virus quelques mois après injection vont mécaniquement engendrer une augmentation des cas mais pas forcément des formes les plus graves, surtout si les plus fragiles ont accès à un rappel.

La situation peut donc évoluer très rapidement mais sans que les hôpitaux aient à subir un choc semblable à celui qui les a frappé au début de la crise sanitaire. Des mesures de protections restent nécessaires ainsi que le recours à la vaccination. Pourtant, le gouvernement continue de maintenir sa politique erratique en promulguant sa loi autorisant à prolonger l’état d’urgence et le pass sanitaire jusqu’au 31 juillet 2022, entérinant la gestion autoritaire et liberticide de la crise par le gouvernement.

Cette gestion par en haut de la crise a déjà montré ses effets délétères. C’est par en bas et en armant réellement les services publiques pour faire face à la pandémie que la vague qui touche l’Europe pourra être arrêtée. Une pandémie sans fin qui est la conséquence directe des politiques néolibérales de gestion de la crise sanitaire par les gouvernements occidentaux, qui se sont accaparés la totalité de la production de vaccin et qui, après des siècles de pillage impérialiste, ont laissé derrière eux des infrastructures de santé totalement incapables d’apporter la moindre réponse à une épidémie de cette ampleur. Des politiques qui ont conduit à un cycle d’émergence de variants plus résistants, et qui ne pourra prendre fin qu’en exigeant une réponse mondiale et durable à la pandémie, en imposant la levée des brevets sur les vaccins et la mise en place d’une campagne vaccinale internationale, pédagogique et gratuite pour toutes et tous.




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