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Jeunesse au pas

Chair à patron : dans les lycées, Pôle Emploi recrute des agents de sécurité pour les JO

Pour recruter des agents de sécurité pour les JO, une délégation Pôle Emploi circule dans les lycées franciliens en pleine période du baccalauréat. Dans le contexte de réforme du lycée pro qui vise à livrer la jeunesse en pâture aux entreprises, mais aussi dans le cadre ultra-sécuritaire de l’organisation des JO, une offensive de plus contre la jeunesse au service du patronat.

Sophie Martin

13 juin 2023

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Chair à patron : dans les lycées, Pôle Emploi recrute des agents de sécurité pour les JO

Les lycées : un vivier pour une main d’œuvre jetable et bon marché

En pleine période de révision et de préparation des dernières épreuves du baccalauréat, le gouvernement a mis en place ces dernières semaines une délégation Pôle emploi itinérante qui circule dans les lycées franciliens pour recruter les jeunes sur des missions de sécurité sur les sites des JO. Les équipes éducatives se sont vues équiper d’un kit d’information pour indiquer aux élèves les processus de recrutement. Les lycéen.ne.s ont également été destinataires d’un mail les informant des modalités d’inscription et des missions proposées.

Darmanin l’avait annoncé : l’objectif est de recruter 3000 jeunes pour assurer la sécurité des JO via une formation accélérée de trois semaines (106h dont une semaine en distanciel), gratuite et rémunérée à hauteur de 352 euros pour les moins de 26 ans, 482 euros pour les plus de 26 ans. Une formation au rabais qui ne délivre même pas la certification complète d’agent de sécurité, permettant de candidater à tous les postes, qui dure 5 semaines et n’est ouverte que sous conditions aux jeunes.

Le gouvernement entend ainsi faire des lieux d’études le vivier d’une main d’œuvre toujours plus précaire, alors même que les élèves ne sont pas encore diplômés et toujours dans l’incertitude quant à leur avenir dans le supérieur, dépendant des résultats de la plateforme Parcoursup. Pas de temps à perdre pour envoyer les élèves, tout juste majeurs, sur le marché du travail.

Le gouvernement ne cache même plus son jeu. En se rendant directement dans les écoles pour recruter de la main-d’œuvre pour le marché des JO, il entend bien entériner ses politiques éducatives du moment, à commencer par la réforme du lycée pro : la jeunesse doit répondre aux besoins du marché, servir les intérêts des patrons et pallier l’importante pénurie d’agents de sécurité pour les jeux de 2024.

Une nouvelle offensive contre la jeunesse dans le cadre d’une organisation sécuritaire, raciste et anti-pauvres des JO

Cette offensive contre la jeunesse s’inscrit dans la droite ligne de l’organisation des « JO de la honte ». Alors que le gouvernement cherche à faire des JO une vitrine de la France à l’international et à maquiller la misère des banlieues à grand coup de chantiers onéreux et de modernisation des infrastructures, ces derniers sont aussi l’occasion de renforcer les plans sécuritaires, racistes et anti-pauvres, notamment à travers la politique « zéro délinquance » revendiquée par Darmanin, qui cible particulièrement les migrants et tous les sans-abris et qui a pour objectif de déplacer les populations vers des « sas d’accueil temporaires régionaux » en dehors de Paris.

Une politique de « désengorgement » qui touche aussi les jeunes les plus précaires, qui seront les premières victimes du plan de délogement des CROUS. En mai, les bénéficiaires des logements CROUS ont été destinataires d’un mail leur demandant de libérer les logements dès le 1er juillet 2024, ceux-ci étant réquisitionnés dans le cadre des jeux. Le gouvernement entend bien faire de la jeunesse une donnée malléable au service de ses plans en faisant payer les plus précaires.

Dans la lignée du SNU qui vise à mettre la jeunesse au pas, le recrutement d’agents de sécurité dans les facs et les lycées est aussi une manière de faire des jeunes une partie prenante de cette gestion policière et sécuritaire des Jeux. En témoigne la description des missions de sécurité qui leur sont proposées : « Ces missions de surveillance et de prévention de la sécurité privée s’inscrivent en complémentarité des missions de sécurité publique menées par la Police nationale, la Gendarmerie nationale et la Police municipale et régies par la Loi, code de la sécurité intérieure – CSI. »

Contre des lycéen.ne.s chair à patron et supplétifs des flics pour les JO, exigeons des moyens pour l’Éducation et un autre avenir pour la jeunesse !

Derrière ces mesures, le gouvernement fait de l’école un vivier de chair à patron, dans la droite ligne de ses politiques éducatives. Au premier rang desquelles la récente réforme du lycée pro, qui vise à précipiter la jeunesse sur le marché du travail en l’exploitant pour des salaires de misère, en assujettissant les apprentissages aux besoins des patrons. Il est nécessaire de s’opposer à ces délégations qui s’installent dans nos établissements, qui s’inscrivent dans la lignée d’une soumission totale de la jeunesse aux besoins de « l’économie » et du patronat.

De même, nous nous opposons à la mise au pas de la jeunesse, que ce soit à travers le SNU ou par des procédures de recrutement qui visent à faire des jeunes les supplétifs de la police. Les lycées sont des lieux d’apprentissage et non des annexes de Pôle emploi ou du ministère de Darmanin ! Le scandale de ces délégations met ainsi en avant les choix politiques du gouvernement Macron pour l’école des quartiers populaires.

Alors que les conditions d’enseignement se dégradent, que les locaux sont insalubres, que le bac Blanquer a brisé le rythme scolaire et que les échéances Parcoursup entérinent les inégalités socio-territoriales, plus particulièrement dans les quartiers populaires où les chantiers des JO sont légion, Macron choisit d’investir des milliards dans les jeux tout en multipliant les petites économies sur le dos de l’éducation et des jeunes. C’est avant tout de bonnes conditions d’apprentissage et de vie que la jeunesse a besoin, et c’est le retrait de toutes les contre-réformes du gouvernement, du bac au lycée pro en passant par la réforme des retraites, que nous devons exiger, ainsi que des moyens pour l’école et tous les services publics.


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