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Inflation

10 % d’augmentation de l’électricité : un pas de plus dans le racket des classes populaires

Ce 1er février, les travailleurs verront leur facture d’électricité augmenter de près de 10% alors que le gouvernement supprime progressivement les aides pour faire face à l’inflation.

Benoit Barnett

1er février

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10 % d'augmentation de l'électricité : un pas de plus dans le racket des classes populaires

Crédit photo : Иван Манилов, CC BY 3.0 <https://creativecommons.org/license...> , via Wikimedia Commons

C’était annoncé, c’est désormais acté ce 1er février. Après l’augmentation des prix des denrées alimentaires, c’est au tour de l’énergie de franchir un nouveau pallier ce mois-ci avec une augmentation des prix de l’électricité de 8,6 % pour les tarifs normaux et de 9,8 % pour les tarifs heures creuses/heures pleines. Quelques mois après l’augmentation de 10 % des tarifs réglementés de vente d’électricité (TRVE) en août dernier, le gouvernement continue de faire les poches des travailleurs.
 
Cette augmentation survient alors qu’en septembre dernier, Bruno Le Maire, ministre de l’économie, avait contredit les prévisions de la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) qui annonçait une hausse des tarifs de l’électricité de 10 % à 20 % début 2024, en disant qu’il s’agissait d’un scénario « exclu » par le gouvernement. Bien obligé de se rendre à l’évidence, le ministre a annoncé fin janvier des chiffres se rapprochant des pronostics du CRE.
 
L’impact de ces augmentations pour les ménages coûtera cher aux classes populaires. Alors que les prix de l’alimentaires n’ont pas fini de grimper (+21% sur deux ans), l’augmentation des prix de l’énergie constituera une source d’angoisse de plus sur les portefeuilles. Selon la simulation du ministère de l’Économie et des finances, les ménages de quatre personnes se retrouveront avec une augmentation de 91 € par an pour ceux qui se chauffent au gaz et de 214 € pour ceux qui se chauffent à l’électricité. Un célibataire vivant seul verra, lui, sa facture d’électricité augmenter de 100 € par an s’il se chauffe à l’électricité et de 54 € par an s’il se chauffe au gaz. Ces hausses s’ajoutent en outre aux augmentations déjà effectives ces dernière années avec le passage de la facture annuelle d’un logement avec un chauffage électrique de 2 179 € en août 2021 à 2 891 € en août 2023.
 
Des augmentations qui ne sont pas parties pour s’arrêter, alors que la fin progressive du bouclier tarifaire est actée pour 2024. Une suppression qui menace particulièrement les plus pauvres. Ces derniers étaient les premiers bénéficiaires du « bouclier », car les dépenses d’énergies représentent une part importante dans les dépenses des ménages précaires. L’austérité ne sera pourtant pas pour tout le monde. Alors que les géants de l’industrie énergétique ont accumulé des bénéfices records depuis deux ans (+50%, soit 4,6 milliards d’euros pour Engie rien qu’en 2022), les Total Energie, La Belle Energie ou encore Ekwateur n’ont pas manqué d’annoncer des réductions de 10 % à 20 % par rapport au tarif réglementé. De quoi relancer à moindre frais la compétitivité pour les entreprises privées qui accumulent des profits sur le dos de la population.
 
Contre le prix de la vie et les offensives anti-pauvres du gouvernement, c’est d’une riposte globale du monde du travail dont nous avons besoins. Comme l’explique Virginie Neumayer, syndicaliste FNME-CGT et travailleuse dans l’énergie, dans nos colonnes : « ce sont les travailleurs eux-mêmes qui peuvent assurer le bon fonctionnement du service public de l’énergie. Ce sont eux qui peuvent assurer la transition écologique dont nous avons besoin également. Ce sont eux qui, par leur travail, sont en capacité d’assurer des prix abordables pour les consommateurs. […] Il faut un changement structurel : ne pas accepter que l’énergie soit soumise à la spéculation […] et un monopole public sur l’énergie. »


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