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Casse de l'université

Université Paris-Cité : 24 millions de réduction de budget pour toujours plus de précarité

Des macarons à l’entrée du conseil d’administration... C'est ainsi que l'université Paris-Cité a accueilli les élus avant de voter 24 millions de réduction de budget. Tout un symbole pour une université élitiste qui précarise ses personnels et accumule les retards de paiement.

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Université Paris-Cité : 24 millions de réduction de budget pour toujours plus de précarité

Ce vendredi se tenait le Conseil d’Administration de l’Université Paris Cité avec à l’ordre du jour le vote du budget 2024. L’occasion pour la présidence d’acter près de 24 millions d’euros de restrictions de budget.

24 millions d’euros de coupes budgétaires

Un projet austéritaire annoncé dès le début de l’année, puisque la direction de la fac avait annoncé en septembre une réduction du budget à hauteur de 30 millions d’euros. Toujours sous les mêmes auspices, le président Edouard Kaminsky a introduit la séance du 15 décembre, en arguant que « Le budget a dû être construit dans une situation compliquée avec les annonces de Macron qui mentionnaient que les « mesures salariales de soutien ». Dès lors selon la présidence, pas d’autres choix que de réduire le budget.

Neuf millions d’euros ont ainsi été supprimés sur la partie « fonctionnement » du budget et quinze millions sur l’ « investissement ». Dans le même temps des filières devraient être fusionnées et des places en master et en licence de psycho réduites, alors même que la demande est chaque année très importante et que de nombreux-ses étudiant-es se retrouvent sans inscription.

Dans une université déjà exsangue, où le manque de moyens se fait sentir à toutes les échelles, avec des personnel-les en burn out, des salles peu chauffées, des secrétaires en sous-effectif pour des inscriptions pédagogiques toujours compliquées, ces réductions de budget risquent d’aggraver gravement la situation.

Des retards de salaires pour les moniteurs, des contrats précaires pour les M2 : une fac qui exploite ses étudiants

De façon ironique, la séance, censée décider d’une restriction des moyens alloués au fonctionnement de l’université, a débuté par un rappel des effets criants des défaillances actuelles. La séance s’est en effet ouverte sur la demande portée par les élu-es du Poing Levé et de la liste Pour une Université Plus Humaine (PUPH) de recevoir une délégation des moniteurs et monitrices étudiant-es des bibliothèques de la fac, rassemblé-e-s devant le bâtiment du Conseil d’administration. En effet ces dernièr-es ont vu s’accumuler des mois de retard dans les versements de leur salaire, les mettant en difficulté pour payer leur loyer ou faire leurs courses.

La présidence a encore une fois refusé de les recevoir, un comble alors que cette dernière prétend lutter contre la précarité étudiante, ayant signé une tribune sur le sujet en septembre dernier. Une hypocrisie que dénonçait déjà Alex* au mois d’octobre : « le président de la fac a signé une tribune pour un revenu étudiant mais il refuse d’accéder à nos revendications, lui qui est notre employeur, il nous laisse dans la précarité ».

Mais la direction ne compte pas s’arrêter là dans la précarisation des personnels, et des étudiants travaillant pour l’université. A l’ordre du jour du conseil d’administration figurait également le «  recrutement à titre dérogatoire des étudiants inscrits en 2ème année de Master en qualité de vacataires d’enseignement  ». Or le statut de vacataire est un moyen de ne pas embaucher d’enseignant-es de façon pérenne, sans donc apporter de réponse durable aux besoins, et les personnes embauché-es sous ce statut, généralement des doctorant-es ou des post-doc en recherche de poste (précisément !) se retrouvent payé-es plusieurs mois après avoir effectué-es leurs heures, parfois même avec neuf mois de retard.

Refuser les coupes budgétaires, se battre contre la sélection et la précarité

C’est justement pour dénoncer ces coupures budgétaires et la précarité dans l’enseignement supérieur qui les accompagnent que des étudiant-es, personnel-les et moniteurices en lutte se sont retrouvées devant le siège de l’université.

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Une publication partagée par Le Poing Levé Université Paris Cité (@lepoingleve_up)

Dans le même sens nous avons décidé avec Le Poing Levé de quitter le Conseil d’administration après la présentation du vote de la réduction de 30 millions d’euros, en rappelant notre combat pour une université gratuite, sans sélection, avec des conditions d’études dignes. L’élu de la CGT au sein du CA a également fait le choix de boycotter le conseil. Alors que le gouvernement a ces derniers mois augmenté les budgets de la police et de l’armée nous nous battons pour une injonction massive des moyens à l’université et dans l’ensemble des services publics.

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Loin d’être une politique isolée, cette première attaque actée à l’université Paris Cité répond aux annonces du gouvernement macronie qui entend dégrader nos conditions d’études et renforcer la néo-libéralisation de l’enseignement et de la recherche.

Face à ces offensives contre notre droit à étudier, aggravées par l’inflation grandissante, la situation nous rappelle combien il est nécessaire de se battre pour en finir avec la précarité, pour un revenu étudiant à hauteur du smic, financé par un impôt fortement progressif sur les grandes fortunes. C’est dans ce sens que nous avons lancé une enquête pour récolter des données précises sur la situation des étudiant-es, et de sonder l’échos d’un revenu étudiant et de la réquisition des logements vides.


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Philomène Rozan

Etudiante à l’Université Paris Cité , élue pour Le Poing Levé au Conseil d’Administration

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