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Troisième jour de blocage au lycée Jacques Brel à la Courneuve : « c’est un ras-le-bol général ! »

Depuis le troisième jour consécutif, les lycéens du lycée Jacques Brel de la Courneuve ont bloqué ce matin leur établissement pour l'annulation des épreuves du bac compte tenu des profondes inégalités qui ont été creusées cette année par la gestion désastreuse de la crise sanitaire.

mercredi 5 mai

Les lycéens étaient entre cinquante et cent ce matin, massés à l’entrée des grilles de l’établissement pour le bloquer, pour le deuxième jour de suite, sous la surveillance de la police et des « Équipes Mobiles de Sécurité » du rectorat, sortes de vigiles chargés de les intimider.

Parmi les présents on comptait surtout des élèves de première et de terminale, qui sont directement concernés par le maintien des épreuves du bac, qu’ils jugent totalement inégalitaire compte tenu de l’année chaotique qui leur a été imposée par la mauvaise gestion de la crise sanitaire.

Nadia, CPE, présente devant les grilles en soutien aux élèves, nous témoigne que localement « il y a des profs qui ont été absents toute l’année parce qu’ils étaient personnels vulnérables, sans être remplacés. Il y a quatre classes qui n’ont quasiment pas eu de cours de philosophie de l’année. En Seine-Saint-Denis nous sommes extrêmement touchés par le Covid, dans certaines familles il y a eu des décès. On nous demande, à nous agents comme aux élèves, de faire comme si tout était normal, alors que toutes les classes sont en demi-jauge depuis le mois de novembre. Il n’y a pas d’égalité et une fois de plus ce sont les quartiers populaires qui en prennent plein la gueule ».

Jeroen, qui fait partie des organisateurs du blocus, souligne que le mouvement en cours est l’expression d’un « ras-le-bol général », « ça fait 5 mois qu’on a des demi-groupes alors qu’il y a des lycées parisiens qui ont décidé de faire 100% de présentiel pour être favorisés. L’année dernière les épreuves ont été annulées alors pourquoi pas aujourd’hui ? ».

Les élèves sont bien décidés à poursuivre le mouvement, tout comme dans de nombreux autres établissements. Ayse, lycéenne de Jacques Brel, affirme que « c’est notre droit de nous battre. C’est pas en attendant que nos proviseurs envoient des mails à leurs supérieurs que ça va changer. En tant qu’élèves on se doit de manifester pour que nos revendications aboutissent », consciente que pour obtenir gain de cause, il va falloir durcir le rapport de force.

Cependant, de nombreux lycéens nous ont confié leur déception quant au peu de mobilisation des enseignants et des parents d’élèves, ainsi qu’à l’éparpillement des journées de mobilisation par organisations lycéennes, qui ne se mettent pas d’accord sur un plan commun pour manifester toutes et tous ensemble. En effet, la CLAP appelle à manifester dimanche, et l’UNL, quant à elle, souhaite mobiliser dans la rue le lundi.




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