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Casse sociale

Saint Etienne. L’usine automobile de Mécacentre occupée depuis 3 semaines contre la liquidation

Depuis le 3 octobre, les salariés de l'usine automobile Mécacentre à Saint-Etienne occupent le site pour s'opposer à la liquidation de l'entreprise. Une casse sociale orchestrée par le groupe ZF, propriétaire de l'usine, malgré les 2,4 milliards de bénéfices qu'il a réalisé en 2022.

Ivan Ferrero

24 octobre 2023

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Saint Etienne. L'usine automobile de Mécacentre occupée depuis 3 semaines contre la liquidation

Crédits photo : page Facebook de l’union locale CGT de Saint-Étienne

Mécacentre à Saint-Etienne est depuis 1981 détenu par le groupe ZF, numéro 3 mondial des pièces détachées automobile. C’est dans cette usine que sont produits les trains avant des voitures de Mercedes, Porsche ou encore Volwasgen. Seulement, depuis 3 semaines, les travailleurs ont arrêté la production et occupent l’usine pour protester contre la fermeture de l’entreprise. « À la suite de l’annonce de la liquidation de la boite, on a décidé de convoquer une assemblée générale avec les autres syndicats et il a été voté à la quasi-unanimité de se mettre en grève et d’occuper le site » résume Yannis Paraskaevaidis, secrétaire général adjoint de l’union locale CGT de Saint-Etienne.

Depuis, les travailleurs se relayent jour et nuit pour occuper l’usine et votent quotidiennement la reconduction du mouvement. « Tous les jours à 14h on se réunit en assemblée générale pour donner aux salariés les informations du liquidateur, des avocats, de la préfecture et décider de la suite du mouvement. On reçoit aussi beaucoup de soutien. Les caissières de Grand Frais qui ont fait une grève victorieuse cet été et qu’on était allé aider sont venues en retour, les infirmières de Firminy, des métallurgistes, également, sont passés et ont donnés à la caisse de grève » raconte Yannis.

Alors que ce mercredi se tient la dernière audience au tribunal de commerce de Saint-Etienne, l’occupation qui dure depuis plus de 3 semaines coûte très cher à la multinationale : « en plus de toutes les machines de l’usine, il y a plus de 2,5 millions d’euros de pièces détachés qui restent sur site » détaille Yannis. Pourtant, les grévistes ne revendiquent pas des milliards. À l’origine, ils demandaient une simple prime « supra-légale » de 40 000 euros par salarié et 2 000 euros par année d’ancienneté.

Des revendications qui paraissent d’autant plus minimale en comparaison aux 2,4 milliards d’euros de bénéfices réalisés par le groupe en 2022. De son côté, le propriétaire ZF pointe du doigt le manque de rentabilité de l’entreprise, mais cette explication ne passe pas chez les ouvriers :« La responsabilité est à 100% sur la direction de ZF, ça fait des années qu’ils préparent méthodiquement cette liquidation. Il y a des indicateurs qui ne trompent pas, le manque d’investissement, de nouvelles pièces à fabriquer, la direction sacrifie cette unité, ils s’en foutent royalement des 187 employés » s’exclame Yannis.

Alors que l’usine a connu son âge d’or au début des années 2000, les réductions d’effectifs ont commencé dès l’année 2007 afin de préparer la délocalisation de l’usine et l’arrivée en 2019 de Paul-Henri Cecillion à la tête de l’entreprise, connu pour avoir liquidé de nombreuses sociétés comme New Look, a marqué une nouvelle étape dans la volonté de fermer l’usine au profit d’une production en Inde. La casse sociale à l’œuvre à Mecacentre résulte donc de la seule volonté du groupe ZF d’amasser toujours plus de profits sans se soucier des conséquences sur les travailleurs.

Les travailleurs de Mecacentre montrent l’exemple à suivre. Face aux différentes attaques contre l’emploi, il y a urgence à ce que les directions du mouvement ouvrier construisent une riposte qui coordonne les salariés des différentes entreprises dans une lutte commune pour interdire les licenciements et imposer le partage du temps de travail. C’est la seule solution pour que les travailleurs n’aient pas à payer les conséquences de la gestion irresponsable des entreprises par des capitalistes qui n’ont que le profit comme objectif.


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