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Politique

L'écologie ne sera pas aux mains des financiers !

Pollution. Malgré la crise climatique, les financiers investissent massivement dans le charbon

L’ONG Reclaim Finance a dévoilé ce mercredi un classement des gérants d’actifs à propos de leur sortie du charbon. Ce rapport montre que la majorité des gestionnaires d’actifs évalués sont loin de vouloir rompre avec l’investissement dans le charbon, rupture pourtant indispensable pour pouvoir préserver l’environnement.

mercredi 21 avril

Source photo : John MacDougall/AFP

L’ONG Reclaim Finance, affiliée aux Amis de la Terre France, consacre son activité à l’étude des enjeux qui lient finance et justice sociale et climatique. Soutenue par les organisations Urgewald, Re : Common et The Sunrise Project, l’ONG a publié un rapport classant les grands gérants d’actifs quant à leur sortie du charbon. Pour l’ONG, l’objectif étant de découvrir comment les gestionnaires d’actifs, du fait de leur importance quant à la gestion des finances des entreprises, mettent leurs pouvoirs au service de la transition écologique.

Pour cela, 29 gestionnaires d’actifs, basés principalement en Europe comme BNP Paribas ou PIMCO, ont été interrogés à propos de leur investissement dans le changement climatique, en partant du secteur du charbon, celui-ci étant la principale cause d’émissions de carbone. Alors que l’objectif de l’Accord de Paris, qui était de limiter le réchauffement climatique à 0,5°C d’ici 2100 est déjà largement dépassé, l’augmentation de la température de la Terre est désormais estimée à 1,5°C d’ici 2030 si aucun changement en terme d’émissions de gaz à effet de serre n’est opéré. A ce titre, Reclaim Finance alerte sur la nécessité de l’arrêt de la production d’électricité à partir de charbon, si l’on souhaite que ce seuil ne soit pas dépassé.

Les gestionnaires d’actifs parient contre le climat

« Notre étude montre qu’en dépit d’un nombre croissant d’engagements visant à aligner les investissements sur les objectifs climatiques à long terme, la plupart des gestionnaires d’actifs n’en sont même pas à la moitié du chemin lorsqu’il s’agit de mettre fin concrètement aux investissements dans le secteur du charbon. Parmi les 29 gestionnaires d’actifs que nous avons analysés, seuls six ont obtenu plus d’un tiers du total des points. » Sans surprise, la priorité des gestionnaires d’actifs est loin d’être celle de la préservation de l’environnement. Le rapport se base sur trois critères pour évaluer les gestionnaires d’actifs quant à leur politique d’investissement dans le secteur du charbon : l’alignement et l’engagement sur le terrain climatique, les politiques charbons dans la gestion active, et les politiques charbon dans la gestion passive. Les résultats, peu reluisant, montre que les géants de la finance sont mauvais élèves : seule AXA Investment Managers obtient une note supérieure à la moyenne avec 52 sur 100. Concernant les autres, dix se retrouvent avec une note inférieure à 10 dont Natixis IM, Eurizon ou encore Vanguard. Les conclusions tirées par le rapport sont sans appel : « Moins de la moitié des gestionnaires d’actifs évalués ont une politique publique d’exclusion du carbon », et même lorsqu’ils adoptent des politiques publiques, elles autorisent « de nombreuses exceptions », faisant qu’une majeure partie des entreprises qui mènent encore des projets d’expansion liés au charbon sont rarement exclues.

La transition écologique ne sera pas l’oeuvre des financiers ! 

Si les gestionnaires d’actifs ne respectent pas les engagements qu’ils ont pris concernant l’écologie, ce n’est pas par ignorance de l’enjeu climatique, mais bien parce que leur volonté est guidée par l’accumulation de profits toujours plus faramineux. Il n’est pas envisageable de croire que ceux qui sont en charge, pour les entreprises, de la gestion des finances, des revenus, et de leur optimisation s’investissent au service des intérêts de la majorité de la population. Quand on sait qu’à l’heure actuelle la crise climatique est la cause d’un quart de la mortalité dans le monde, cela prouve que la transition écologique est nécessaire et urgente, mais il est illusoire d’attendre que les directions d’entreprises les plus polluantes se décident enfin à tenir réellement leurs engagements. Car ce ne sont pas les patrons, qui ont pour seul intérêt l’accumulation de profit, qui sont à même de mener une véritable politique écologique en accord avec la situation climatique de plus en plus dramatique. Seuls les travailleurs, qui ont les mêmes intérêts que la population, c’est-à-dire de bonnes conditions de vie, la préservation de nos lieux de vie et l’avenir de nos enfants, pourront mener à bien une réelle transition écologique. A ce titre, les travailleurs de Grandpuits, qui ont mené une grève de 40 jours contre le greenwashing de Total et ses attaques contre l’emploi, en alliance avec des associations écolos comme Greenpeace et les Amis de la Terre, ont commencé à montrer l’exemple.




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