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Notre classe

« Arc en Ciel esclavagiste, la fac complice »

Plus de 200 personnes en soutien à la grève des « petites mains invisibles » de la Sorbonne

Les personnels du nettoyage de Jussieu sont en grève depuis près d’une semaine pour protester contre leurs conditions de travail et d’emploi au sein d'un sous-traitant la société Arc en Ciel. Ce mardi, un rassemblement de soutien a réuni plus de 200 personnes.

mercredi 22 septembre

Cela fait près d’une semaine que 130 salariés du nettoyage, chargés de l’entretien de la faculté des Sciences de la Sorbonne à Jussieu sont en grève. Depuis son arrivée en février dernier, leur employeur, la société sous-traitante Arc en Ciel, mène une politique brutale en direction de ses salariés. Cette dernière s’est incarnée par des licenciements, des mutations forcées, des contrats précaires - si contrat il y a -, une surcharge de travail, des heures supplémentaires non payées et parfois des salaires non versés, mais aussi par la surveillance, des menaces et du harcèlement.

L’un des grévistes explique sur le piquet de grève : « Il y a beaucoup de charge de travail, des licenciements. Je sais qu’ils vont tenter de nous réprimer, de me licencier parce que j’ai pris la parole, mais je n’ai pas peur, parce que notre force c’est être soudés, c’est notre union ».

Un autre poursuit : « Cela fait 20 ans que je travaille ici. On a pas demandé une seule augmentation. Mais là c’est trop. On est pas des esclaves, nous sommes des êtres humains ».

Pour l’instant Arc en Ciel au chiffre d’affaire en 2019 de plus de 23 millions d’euros fait la sourde oreille et manœuvre pour casser la grève en essayant d’embaucher des salariés supplémentaires ou en recourant à des menaces, les grévistes eux sont décidés à aller jusqu’au bout. En reconductible depuis la semaine dernière la détermination est toujours intacte. Sur le piquet de grève, ce mardi, une gréviste a résumé cet état d’esprit : On continuera jusqu’au bout, même si ça doit durer un mois on ira jusqu’au bout ».

Et ce mardi, plus de 200 soutiens étaient sur place pour leur dire qu’ils accompagneraient les grévistes dans cette perspective. Parmi eux les syndicats de l’université Jussieu présents depuis le premier jour de la grève, mais aussi des personnalités politique comme Nathalie Arthaud de Lutte Ouvrière ou Danielle Simonet de la France Insoumise ou encore le NPA.
Mais aussi Rachel, femme de chambre d’Ibis Batignolle et ex-gréviste victorieuse après 22 mois de lutte contre le sous-traitant STN, qui a apporté son soutien : « On travaille pour 800 euros, quand on vit en banlieue, quand nos enfants sont victimes de violences policières : tout ça c’est l’exploitation, c’est le racisme ! C’est nous qui nettoyons la France, ça suffit l’esclavagisme ».

Pour le Poing Levé, organisation de jeunesse de Révolution Permanente, Lili étudiante à Jussieu a tenu à souligner le soutien nécessaire des étudiants vers les agents du nettoyage en permanence invisibilisés, et pourtant essentiels au fonctionnement quotidien de la fac, rappelant que sans ces travailleurs il ne peut y avoir d’université.

Alors que les salariés poursuivent toujours la grève, et décident de sa reconduction chaque jour en assemblée générale, la question du soutien financier va rapidement s’imposer comme le nerf de la guerre. Nous appelons donc à participer financièrement à leur cagnotte en ligne. Nous tiendrons également une caisse de grève sur nos tables tous les jours à Tolbiac. Solidarité avec « les petites mains invisibles » de Jussieu !




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