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Jeunesse

Paranoïa islamophobe à Lyon 3 : une prof évoque "l’islamisme" en réaction à une blague potache

L’ambiance islamophobe actuelle a des conséquences. A Lyon 3, en plein cours, une personne s’est amusée à hurler en japonais et en espagnol. La réaction de la prof ? Évoquer la responsabilité d’un « islamiste ». Une scène qui serait presque drôle si elle ne reflétait pas le climat de paranoïa que participe à instaurer le gouvernement.

jeudi 25 février

Depuis le début de l’épidémie, les cours en ligne ont été l’occasion de voir apparaître de nouvelles formes de blagues potaches, facilités par le fonctionnement à distance. Sur Youtube on a ainsi vu fleurir les canulars consistant à s’incruster dans des cours sur Zoom pour y piéger le professeur. A Lyon 3 cette semaine, lors d’un cours d’histoire sur Zoom, une professeure a fait à son tour les frais de ces blagues. Une intervention en japonais et en espagnol d’une personne non-identifiée a en effet interrompu son cours. En réalité il s’agit du son d’une parodie circulant sur les réseaux. Or, la réaction de la professeure a été pour le moins surprenante. Interloquée par le cri celle-ci a en effet évoqué la responsabilité d’un « islamiste ».

Dans la vidéo du cours que nous avons pu consulter, la professeure explique en effet devant sa classe à une personne qui semble être son conjoint : « Il y a quelqu’un de temps en temps qui se met à hurler. Je ne sais pas qui c’est. » Et son mari de répondre : « Ca donne l’impression d’être un islamiste, un prédicateur islamiste. » Ce à quoi la professeure répond à son tour : « Oui je pense que c’est ça, c’est parce que je suis en train de parler de choses qui les dérange. » Une réaction totalement délirante, dans le cadre d’un cours portant sur les couches stratigraphiques, qui a choqué de nombreux élèves.

Interrogé par Révolution Permanente, un étudiant en Licence 1 d’histoire, témoin de la scène, raconte : « Moi j’étais complètement perturbé. J’ai quitté le cours tellement j’ai la haine. J’ai trouvé ça complètement injustifié. Elle parle de l’Islam et de « l’islamisme » sans savoir qui était derrière la vidéo. » De fait, la paranoïa qu’exprime une telle réaction pourrait faire rire si elle ne témoignait pas de l’ambiance que contribue à instiller la campagne réactionnaire du gouvernement, en faisant des musulmans et de l’« islamo-gauchisme » des menaces qui pèseraient sur l’université.

Plus que jamais il faut réaffirmer que la menace contre la liberté académique c’est le gouvernement qui l’incarne, avec sa chasse aux sorcières qui vise les musulmans et l’ensemble des chercheurs critiques.




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