×

Vérité et justice

Non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d’Adama Traoré : tous dans la rue contre l’impunité !

Ce vendredi, la justice a prononcé un non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d’Adama Traoré. Face à cette décision de justice qui conforte l’impunité policière, Assa Traoré et le Comité Adama continuent d’exiger justice et vérité et appellent à une manifestation ce mardi 5 septembre à 18h place de la République. Soyons nombreux !

Raji Samuthiram

3 septembre 2023

Facebook Twitter
Audio
Non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d'Adama Traoré : tous dans la rue contre l'impunité !

Crédits photo : Assa Traoré sur France Info le samedi 2 septembre 2023.

Sept ans après la mort d’Adama Traore en 2016, les magistrats chargés de l’information judiciaire sur cette affaire ont prononcé ce vendredi un non-lieu pour les gendarmes ayant réalisé l’interpellation qui a causé sa mort. Cette décision de justice illustre une nouvelle fois l’impunité totale et la protection du système judiciaire dont bénéficient les policiers et les gendarmes impliqués dans des violences policières et des crimes racistes. Face à ce non-lieu, la famille et son avocat ont décidé de faire appel et appelle également à une mobilisation ce mardi 5 septembre à 18h, place de la République.

Cette décision des juges d’instruction suit ainsi la position du parquet, qui avait requis le non-lieu en juillet. Dans un communiqué publié ce vendredi, l’avocat de la famille Yassine Bouzrou réaffirme qu’après sept ans de lutte acharnée pour obtenir vérité et justice, que tous les éléments sont réunis pour confirmer la responsabilité des gendarmes. En effet, dans le communiqué l’avocat rappelle les trois gendarmes impliqués dans l’affaire avaient reconnu s’être jetés sur Adama Traore, le faisant supporter le poids de leurs corps, et de l’avoir plaqué au sol pendant plusieurs minutes, avant sa mort.

« Nous contestons ce non-lieu qui est une honte pour la justice française, qui est une honte pour la France », s’est indignée la sœur d’Adama et figure de la lutte contre les violences policières et le racisme, Assa Traoré sur Franceinfo contre la décision des magistrats. « C’est un non-lieu aujourd’hui que nous allons amener dans la rue » a-t-elle affirmé, appelant à poursuivre le combat contre les violences policières et l’impunité policière par la mobilisation.

Cette décision qui vient blanchir les gendarmes impliqués dans la mort d’Adama constitue un message supplémentaire envoyé aux policiers et aux gendarmes par la justice et l’État et qui vient leur rappeler qu’ils pourront continuer à tuer et à réprimer en toute impunité. De plus elle s’inscrit dans un contexte particulier où la question des violences policières racistes est au centre de l’actualité et vient entacher l’institution policière.

Ainsi, à l’heure où les témoignages et les cas de violences policières racistes se multiplient après la répression policière inouïe des révoltes historiques de la jeunesse des quartiers en juillet dernier suite au meurtre de Nahel, la justice et l’État comptent bien protéger l’institution policière en prononçant des non-lieu et en libérant des policiers impliqués dans ces violences. En effet, le même jour où le non-lieu pour les gendarmes impliqués dans la mort d’Adama était prononcé, un policier impliqué dans le passage à tabac d’Hedi, jeune marseillais de 21 ans tabassé et mutilé par la police dans la nuit du 1er au 2 août dernier, a été libéré après avoir été placé en détention provisoire.

Aujourd’hui, à peine deux mois après le meurtre policier du jeune Nahel qui a déclenché une immense révolte dans tout le pays, il est urgent de poursuivre la lutte contre les violences policières et du racisme systémique aux côtés des familles des victimes tels que le Comité Adama, dans ce combat depuis sept ans maintenant. Le 8 juillet, l’État et la police avait d’ailleurs tenté d’empêcher à plusieurs reprises une manifestation appelée par le Comité Adama et avait brutalement réprimé la marche tabassant notamment un membre du comité Adama, Yssoufou frère d’Adama et d’Assa Traoré Une répression politique d’un gouvernement qui craint un mouvement large contre le racisme et les violences policières, alors que 90 organisations politiques, associatives et syndicales avaient signé un communiqué appelant à cette marche.

Avec ce non-lieu, mais également avec d’autres mesures racistes et répressives tels que les expulsions de leur logement social de jeunes condamnés pour s’être révoltés, le gouvernement cherche à étouffer ; à réprimer et à intimider toute une génération de jeunes des quartiers populaires qui a osé se soulever contre le racisme d’État et les violences policières. Et dans le même temps, à restaurer l’image d’une institution policière dont le rôle fondamental de répression dans les quartiers et dans les mouvements sociaux est de plus en plus visible.

Au même moment et d’un même mouvement, le gouvernement prononce l’interdiction du port de l’abaya dans les écoles, et vient opprimer toujours plus les jeunes femmes musulmanes des quartiers populaires. Pris dans leur ensemble, la répression des jeunes révoltés, les attaques islamophobes, les non-lieux et les libérations de policiers c’est bien d’une offensive générale lancée par le gouvernement contre la jeunesse des quartiers populaires dont il s’agit.

Dans le sillage de la manifestation du comité Adama le 8 juillet dernier qui avait été soutenue par plusieurs organisations du mouvement ouvrier, il s’agit de construire un front large contre l’impunité policière, contre la répression les offensives racistes du gouvernement qui ciblent la jeunesse des quartiers populaires. Un front large auquel les organisations du mouvement ouvrier et de la jeunesse doivent prendre une part active, en commençant par appeler à manifester ce mardi 5 septembre place de la République aux côtés du Comité Adama.


Facebook Twitter
Solidarité avec les sans-papiers et les mineurs isolés : tous dans la rue ce vendredi 12 avril !

Solidarité avec les sans-papiers et les mineurs isolés : tous dans la rue ce vendredi 12 avril !

Répression des GJs, soutien au meurtrier de Nahel : le policier préféré des médias rejoint le RN

Répression des GJs, soutien au meurtrier de Nahel : le policier préféré des médias rejoint le RN

Albanie : la construction de camps pour enfermer les migrants arrivés en Italie a débuté

Albanie : la construction de camps pour enfermer les migrants arrivés en Italie a débuté

Tir de fusil sur la mosquée de Cherbourg : le climat islamophobe continue d'exciter l'extrême-droite

Tir de fusil sur la mosquée de Cherbourg : le climat islamophobe continue d’exciter l’extrême-droite

JO : À la Maison des Métallos, la lutte des mineurs en recours s'organise contre les expulsions

JO : À la Maison des Métallos, la lutte des mineurs en recours s’organise contre les expulsions

Dégel du corps électoral en Kanaky : le Sénat tente d'enterrer toute velléité d'indépendance

Dégel du corps électoral en Kanaky : le Sénat tente d’enterrer toute velléité d’indépendance

Fin de la trêve hivernale : 140 000 personnes menacées d'expulsion et Attal veut réduire le nombre de HLM

Fin de la trêve hivernale : 140 000 personnes menacées d’expulsion et Attal veut réduire le nombre de HLM


Acharnement : l'État porte plainte contre une lycéenne qui avait dénoncé une agression islamophobe

Acharnement : l’État porte plainte contre une lycéenne qui avait dénoncé une agression islamophobe