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Solidarités internationalistes !

Meeting unitaire RP/NPA : près de 200 personnes pour s’organiser face à la crise sociale

À Bordeaux, près de 200 personnes sont venues assister au meeting unitaire contre la guerre et la crise, animé par le NPA et Révolution Permanente. Un meeting qui a permis d’exposer les positions et propositions des révolutionnaires pour affronter la période à venir.

Yann Causs

29 septembre 2023

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Meeting unitaire RP/NPA : près de 200 personnes pour s'organiser face à la crise sociale

© Crédits : Révolution Permanente

Ce jeudi 28 septembre, près de 200 personnes se sont réunis à la salle municipale de l’Athénée de Bordeaux afin d’assister au meeting unitaire organisé par Révolution Permanente et le NPA contre la guerre et la crise sociale. Un événement inédit qui a réuni de nombreux jeunes dans la salle, attentifs à ce que les révolutionnaires ont à dire et à proposer dans la période.
 
À la tribune étaient présents des acteurs du milieu syndical et politique local comme Christine Héraud, conseillère municipale de Pessac du NPA, Petra Lou, militante de Révolution Permanente et du Poing Levé, Laurent Delage, syndicaliste à la CGT Monnaie, ainsi que Ariane Annemoyanis, porte-parole nationale de Révolution Permanente. Ces derniers étaient rassemblés autour de Marie-Laure Charchar, secrétaire générale de la CGT Blanchisserie du CHU de Bordeaux et militante à Révolution Permanente, et Isabelle Ufferte, syndicaliste hospitalière du NPA, qui ont toutes deux animé la soirée. 


« On ne peut pas accepter que manger devienne un luxe »


C’était annoncé dans le titre, le meeting a été l’occasion pour les deux organisations de revenir sur la guerre en Ukraine. Après plus de deux ans de conflit, les interventions ont appuyé tant sur la barbarie qui sévit sur le front que le chamboulement profond que cette guerre amène à toute échelle. C’est dans ce sens que Petra Lou appuie dès le début de son intervention : « La guerre en Ukraine est d’une importance capitale pour notre génération. C’est l’éclatement du mythe d’une Europe garante de la paix. Aujourd’hui, on a une guerre aux portes de l’Europe et pour la première fois depuis des décennies, un conflit interétatique et de haute intensité. »


Comme la figure locale de Révolution Permanente le développe, un accord se dégage dans les interventions pour affirmer que « cette guerre n’est pas seulement l’affaire d’un fou qui a envahi un territoire », mais bien plus que « Biden et ses alliés de l’OTAN partagent la responsabilité de la guerre, au contraire de la propagande des dirigeants occidentaux qui cherche à justifier une guerre entre la seule Russie et le peuple ukrainien, et totalement détachée de la situation internationale » comme explique Christine Héraud. Ainsi, dans une guerre qualifiée de réactionnaire, « ni Poutine, ni Otan, ni Zelenski », mais « solidarité avec la population ukrainienne et russe » étaient repris de cœur.


Les conséquences sociales et économiques qui découlent de cette guerre étaient au centre des préoccupations, et plus particulièrement l’inflation constante depuis deux ans qui ne cesse d’appauvrir les travailleurs et la jeunesse. Une inflation dont pour Laurent Delage l’origine est à trouver dans les marges records que se permettent de prendre le grand patronat pour augmenter leurs profits : « L’inflation n’est pas une catastrophe naturelle, mais elle est alimentée par les marges grandissantes des multinationales qui grappillent la moindre parcelle de profits. Pour le gouvernement pas question de s’adresser aux véritables responsables, tout ce qu’ils mettent sur la table, c’est un chèque de 100 € pour ceux qui travaillent. Cela montre la trouille du gouvernement, la situation n’est pas apaisée. »



Face à cette situation où une personne sur trois se prive d’un repas par jour à cause de l’augmentation des prix, Ariane Annemoyanis, porte-parole de Révolution Permanente, appelle à « ne pas se contenter de miettes, de survivre ou accepter que même manger devienne un luxe ». Au contraire, « pour améliorer ici et maintenant la vie de toutes et tous, on doit s’attaquer aux énormes profits qu’ils sont en train de faire et revendiquer ensemble l’indexation des salaires et des minimas sociaux sur l’inflation et leur augmentation de minimum 400 euros pour toutes et tous ! » Dans le même sens, cette dernière est venue conclure son discours en affirmant l’importance que la classe ouvrière, la jeunesse et les classes populaires fassent en sorte « que ceux d’en haut se rappellent cet hymne de la commune de Paris qui dit « et gare à la revanche quand tous les pauvres s’y mettront » »
 

Répression et offensives réactionnaires : les signes d’un pouvoir français affaibli


Dans une situation instable où la crise sociale pourrait reprendre rapidement ses droits, le gouvernement français se prépare déjà en répondant sur le terrain de la répression et des offensives réactionnaires. Répression brutale des révoltes des quartiers populaires, interdiction de l’abaya ou encore SNU, pour Ariane, il est clair « ce n’est pas pour rien qu’en même temps que la précarité des classes populaires s’aggrave, la rentrée, elle, se fait sous le signe d’une offensive sécuritaire et islamophobe du gouvernement. » Pour Laurent, « les offensives anti-sociales du gouvernement se doublent d’une offensive réactionnaire dont l’objectif visé est d’opposer les travailleurs les uns contre les autres, cela passe notamment par un politique raciste qui vise et stigmatise les musulmans. »


Ce tour de vis à l’intérieur du gouvernement français est pour les deux organisations intimement lié à la remise en cause profonde des positions de l’impérialisme français en Afrique. Alors que les coups d’Etat au Mali, au Burkina Faso ou encore au Niger menacent les intérêts des multinationales françaises et sont explicitement hostile à la présence française, Christine affirme qu’en réaction « la vieille puissance impérialiste française est obligée de mener ses guerres sur le continent africain pour protéger les intérêts de total énergie ».

Parallèlement, les politiques anti-migrants et les discours de l’extrême droite face à « l’envahissement » du continent européen par la crise migratoire ne cessent de s’intensifier. Face à cela la porte-parole de Révolution Permanente y oppose « l’urgence à rappeler que les seuls envahisseurs, ce sont les impérialistes qui vont piller l’Afrique : c’est Bolloré qui déforeste l’Afrique de l’Ouest, c’est Total qui s’accapare les terres en Ouganda pour construire un pipeline chauffant, et c’est Orano qui détruit les sols du Niger pour exploiter l’uranium. De Nianmey à Paris, on le dit et on le redit, à bas la françafrique, à bas l’impérialisme français ! »
 

L’urgence de s’engager pour la révolution


Pour faire face à cette situation, l’ensemble des intervenants insistaient sur la nécessité de s’engager et de militer pour les perspectives révolutionnaires. Tandis que Laurent Delage analysait dans son intervention que « les derniers mois de lutte ont fait comprendre aux jeunes qu’il faut rompre avec les cadres institutionnels pour prendre en main nos luttes et la société de demain », Petra Lou appelait la jeunesse à « s’organiser dans un parti afin de préparer consciemment la suite, militer au quotidien et éviter de tomber éternellement dans les mêmes pièges qui nous sont tendus par la bourgeoisie. » De plus, pour cette dernière, « le rôle de la jeunesse n’a jamais été, et ne sera jamais, celui de nourrir une machine électorale qui a pour référence cette gauche en Grèce ou dans l’Etat espagnol qui a démontré à chaque fois que le réformisme ça n’était rien d’autre qu’une utopie qui nous condamne à la trahison, au désespoir et à la démobilisation. »


Revenant sur le mouvement historique contre la réforme des retraites et ses enseignements, dans sa conclusion, Marie-Laure Charchar explique que « nous faisons partie de ceux qui refusent de dire que le mouvement contre la réforme des retraites était condamné à perdre par avance, qu’au contraire la victoire était possible, mais que la politique et la stratégique de l’intersyndicale ne l’a pas permise. Alors que des brèches pour le mouvement de masse restent ouvertes, on a pour tâche de réussir à faire émerger une politique alternative aux bureaucraties syndicales qui aujourd’hui reprennent le dialogue social comme si de rien n’était. »
 
Cette dernière conclut les interventions du meeting en dressant les possibilités qui sont face aux révolutionnaires aujourd’hui : « Je finirais seulement en disant qu’on considère que la période dans laquelle nous sommes rend plus que jamais nécessaire un parti révolutionnaire, et que l’accélération de la lutte de classe en France ces dernières années, ouvre la possibilité que cette construction ne soit pas linéaire, mais se fasse bien plus par de grands sauts. Nous pensons possible qu’une organisation révolutionnaire réussisse, avec une bonne politique, à organiser des centaines, voire des milliers de travailleurs et de jeunes rapidement, c’est même une nécessité. Cette organisation révolutionnaire, communiste et internationaliste, ne pourra qu’émerger sur la base des leçons des luttes récentes et en préparant les prochaines batailles de classe à venir. C’est pour toutes ces raisons qu’on se félicite de ce meeting unitaire avec les camarades du NPA qui permet d’exposer à plus large échelle la position des révolutionnaires, et nous espérons que cette expérience commune en appellera d’autres sur le terrain de nos interventions. »


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