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Notre classe

Réquisition des logements vides !

Mal logement : après le bilan désastreux de Macron, l’urgence de la réquisition des logements vides

Chaque année la fondation Abbé Pierre rend un rapport sur "l'état du mal logement en France". Ce dernier fait, sans surprise, état d'une situation critique, aggravée par la crise sanitaire et bien loin des promesses de début de mandat d'Emmanuel Macron. Il est temps d’en finir avec cette situation et d’imposer la réquisitions des logements vides !

jeudi 3 février

Crédit photo : chingyunsong

Présenté ce mercredi 2 février le rapport de la fondation l’Abbé Pierre est sans appel « les plus pauvres restent les oubliés de ce quinquennat.  ». Décrivant l’effet combiné de la crise sanitaire avec la crise du logement (notamment par la réduction de l’offre de logements sociaux disponibles et chute de leur construction), le mal-logement «  l’enracinement général de la pauvreté en France et l’état des inégalités se sont renforcé durant le quinquennat de Macron  ».

Cela devient une tradition, Emmanuel Macron ne fait pas l’exception, les promesses du candidat en 2017 pour un « droit de domiciliation » et un plan d’urgence pour en finir avec le mal-logement ne restent qu’au stade de promesse. La fondation Abbé Pierre tire un constat clair : la précarité et le mal-logement ont explosé durant le quinquennat. « Je veux que nous puissions apporter un toit à toute celle et ceux qui sont aujourd’hui sans abris. », c’est en citant Emmanuel Macron le 31 décembre 2017, que la fondation Abbé Pierre introduit la troisième partie de son enquête consacrée à l’état du mal-logement en France. Cinq plus tard, les chiffres sont objectifs : 300 000 personnes sont sans domicile fixe en France, c’est trois fois plus qu’en 2012.

A titre d’illustration le rapport souligne que pour la seule journée du 6 décembre 2021, environ 4 000 personnes ont appelé le 115, mais n’ont pas pu bénéficier d’un hébergement d’urgence, 22 189 personnes (dont 5 965 mineurs) vivent dans des lieux de vie informels (bidonvilles, squats…), soit plus de 2.000 personnes en plus par rapport à 2018. Plus globalement, la fondation Abbé Pierre s’inquiète d’une dégradation toute particulière de l’accès au logement, ainsi que de l’accroissement du mal-logement. La fondation parle de “ménage à bout de souffle” et là encore les chiffres parlent d’eux-mêmes. Selon le rapport, “la demande de logement social a progressé cinq fois plus vite que le nombre de ménages et deux fois plus vite que le nombre de logements sociaux, pour atteindre 2,2 millions de ménages”. Au total, en additionnant ces chiffres aux logements sans confort minimal (sans eau courante, de douche, de cuisine ou de chauffage par exemple), les logements surpeuplés, les personnes en hébergement contraint chez un tiers, au total 4.1 millions de personnes sont mal logées dans l’hexagone.

Avec une focale plus large, la fondation comptabilise un « halo de 12.1 millions de personnes fragilisées par la crise du logement ». Ce constat ce couple avec celui de la saturation des hébergements d’urgences dont « les limites se sont révélées encore plus douloureusement en contexte de crise sanitaire. Malgré l’augmentation continue du nombre de places, le secteur de l’hébergement d’urgence est de nouveau saturé dans les grandes villes et des milliers de nouveaux demandeurs restent à la porte », décrit la fondation.

Malgré l’augmentation objective de cette pauvreté, la fondation Abbé Pierre qualifie le logement social, comme « le mal aimé » du quinquennat. En effet parallèlement à l’approfondissement de l’extrême précarité et le mal-logement “la production de logements sociaux est en baisse constante depuis le début du quinquennat, à un niveau qui n’a jamais été aussi bas depuis 15 ans (87 000 agréments en 2020, environ 95 000 en 2021)."

De même, le prix des logements, notamment sous l’effet de la spéculation et de l’absence d’encadrement des loyers, n’a fait que croître depuis 20 ans pour atteindre une hausse de plus de 154 %. Ainsi, ce bilan est bien loin des promesses de début de mandat d’Emmanuel Macron. Comme le rappelle la fondation, bien que délaissée par le candidat Macron lors de sa campagne, il avait malgré tout affirmé avoir pour objectif de" libérer” le marché du logement et “protéger" en réduisant le déficit de logements dans les zones tendues. Pourtant, force est de constater que la question du logement a manifestement été laissée de côté pendant ce quinquennat. À ce titre, le rapport démontre que “les aides publiques au secteur du logement, exprimées en pourcentage de PIB, diminuent depuis 10 ans et n’ont jamais été aussi basses (1,6 % du PIB en 2020) alors que les recettes fiscales que rapporte le logement à l’État ont plus que doublé en 20 ans (79 milliards d’euros)”.

On se souvient d’ailleurs de la réforme des APL entraînant une diminution drastique de ces dernières pour de nombreux bénéficiaires. Pour la fondation, les coupes dans les APL est « le symbole de l’injustice des choix budgétaires et fiscaux », qui ont « creusé les inégalités ». Les coupes budgétaires dans les APL ont permis de réaliser 4 milliards d’euros d’économies en 2022. Encore plus, selon l’institut des politiques publiques (IPP), l’ensemble des mesures prises lors du mandat de Macron ont diminué le niveau de vie des 5 % les plus pauvres, ceux qui vivent avec moins de 800 euros par mois. Cela confirme encore une fois de plus que Macron est le président des riches.

Le mandat de Macron est aussi celui de la répression : entre le premier novembre 2020 et le 31 octobre 2021, avec 1 330 cas recensées, un nombre record d’expulsions des lieux de vies a été enregistré (472 personnes chaque jour). Pire, 64% de ces expulsions ont été réalisé durant la trêve hivernale ! Des chiffres scandaleux qui viennent démontrer que les volontés affichées sur la lutte contre le mal-logement sont hypocrites. Le quinquennat de Macron rime avec un renforcement du racisme développé par l’État, en plus du record d’expulsion, un demandeur d’asile sur deux n’est pas hébergé dans le dispositif d’accueil. Parmi ces multiples expulsions, nous pouvons citer celles de 130 personnes hébergées à l’Éclaircie à Gradignan, à Bordeaux, une maison non utilisée et laissée à l’abandon depuis de nombreuses années. Mais aussi les trop nombreuses actions à l’encontre des camps migrants installés dans des tentes qui finissent lacérées ou jetée.

 

 

Dans l’une et l’autre des situations, sans jamais proposer de solution d’hébergement pérenne. À l’image de l’ensemble du quinquennat de Macron, la réponse aux problématiques sociales est autoritaire et répressive.

Cette situation est d’autant plus scandaleuse, qu’il existe plus de 3 millions de logements vides souvent gérés par l’État ou par de grands groupes immobiliers privés. Un chiffre en hausse de 7 % en cinq ! La situation du mal-logement n’a jamais été aussi dramatique et ne cesse de se dégrader, cette étude de la fondation Abbé Pierre vient confirmer cette tendance. Déjà, la pandémie et les confinements avaient mis en exergue les inégalités entre ceux confinés dans les résidences secondaires, avec vaste jardin, et ceux dans des micro-appartement insalubres et surpeuplé. Face à cette situation, il est urgent de porter un programme de rupture qui se donne véritablement les moyens d’en finir avec l’extrême précarité et le mal-logement !

C’est ce que nous souhaitons porter au travers du programme d’Anasse Kazib à l’élection présidentielle. Un programme qui affirme qu’il faut réquisitionner sans indemnités tous les logements vides et vacants. Parallèlement, il faut exproprier l’ensemble des marchands du sommeil et en finir avec ce business consistant à faire vivre dans des conditions indignes et dangereuses les franges les plus précaires de notre classe.

Il faut, par ailleurs, bloquer immédiatement les loyers et les baisser, sur proposition des comités populaires de quartier, dans les zones livrées à la spéculation, mettre en place un programme ambitieux de rénovation de logements et de bureaux vides ainsi qu’un plan de construction de logements sociaux, de très haute qualité, éco-compatibles et durables, qui aurait le double avantage d’apporter une réponse de fond au problème du mal-logement et de créer des emplois.

Des mesures urgentes et qui remettent en cause profondément les fondements de la société capitaliste qui permet l’enrichissement d’une petite poignée de personnes sur le dos de la précarité de la majorité. Pour porter cette réalité, dénoncer l’hypocrisie des discours des politiciens sur cette question, imposer cette voix et ces propositions à la présidentielle, faut-il encore que la candidature d’Anasse Kazib rassemble les 500 parrainages requis pour y participer, et c’est possible !

Pour aller au bout, nous aurons besoin de toutes les forces possibles pour démultiplier le nombre de tournées et tenter d’arracher les 500 parrainages. Pour nous aider, rejoignez la campagne de Anasse Kazib en vous inscrivant sur www.anassekazib2022.fr pour faire un don, prêter une voiture, participer à une tournée ou contacter votre maire. Avec vous, tout est possible !



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