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Casse sociale

« Les conséquences sociales s’annoncent désastreuses » : 700 postes supprimés chez ExxonMobil

Ce matin, la multinationale américaine Exxonmobil a annoncé l’arrêt de ses activités pétrochimiques à Port-Saint-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime). Un arrêt qui provoquera la suppression de près de 700 emplois, soit plus d’un tiers des 1926 postes que compte le site normand.

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« Les conséquences sociales s'annoncent désastreuses » : 700 postes supprimés chez ExxonMobil

Crédits photo : Flickr, ExxonMobil Aviation Fuel Tanker, CC BY-NC 2.0 Deed.

Ce jeudi matin, la direction de Exxonmobil France a annoncé une importante réduction de ses activités sur le site de Port-Saint-Jérôme-sur-Seine (Seine-Maritime), avec l’arrêt définitif de plusieurs unités de pétrochimie dont un vapocraqueur. En conséquence, ils ont également annoncé la suppression de 677 postes, notamment sur le site de Gravenchon qui avait connu un important mouvement social à la fin de l’année 2022, brisé par la réquisition des raffineurs grévistes.

Comme le souligne le communiqué de la CGT Exxonmobil, « les conséquences sociales s’annoncent désastreuses ». Non seulement pour les nombreux employés qui seront contraints de partir, mais également pour « les collègues sous-traitants et les emplois du bassin de Port-Saint-Jérôme-sur-Seine ». Comme l’explique Germinal Lancelin, secrétaire CGT d’ExxonMobil chimie, « Exxon annonce la suppression de 700 postes, au niveau du bassin d’emploi c’est beaucoup plus. Exxon a énormément sous-traité, notamment la logistique. Nous on a aucune logistique. Cela veut dire que les suppressions concernent énormément d’entreprises proches. On est en contact avec ces entreprises par les unions locales, mais notre objectif c’est de mobiliser les travailleurs de ces entreprises parce qu’ils ne pourront pas compter sur des PSE ou des remplacements. Cela va être des licenciements économiques purs et durs ».

Exxonmobil, qui annonçait des profits records de plus de 55 milliards de dollars en 2022, entreprend ainsi une attaque d’envergure contre les travailleurs les plus précaires. Ces suppressions de poste bénéficieront en premier lieu aux actionnaires de la multinationale américaine, qui continueront sans aucun doute à s’engraisser davantage sur le dos des salariés. « Pour les actionnaires d’Exxon, poursuit Germinal Lancelin, la rentabilité est trop faible, ce qui ne veut pas dire qu’Exxon ne va pas continuer à vendre et à produire pour la France, sauf que les produits viendront de Singapour ou du Texas ». Sans compter que Exxonmobil peut également compter sur les milliards d’euros de subventions versés par le gouvernement aux multinationales les plus polluantes de France

Sur le site de Gravenchon, l’annonce du plan a été vécue comme un « coup de massue ». « On est encore un peu assommé, raconte le secrétaire CGT, on s’attendait à un mauvais coup de la part de la direction, mais un plan de cet ampleur, certainement pas. On est un peu chaos-debout. Il ne va rester qu’une seule unité en chimie et un autre petit morceau d’unité qui rapporte de l’argent, qui nécessite un peu d’emploi. La direction a ségrégué les unités qui rapportent encore ». Mais la riposte commence à se préparer : « On essaye de réveiller un peu tout le monde pour construire une riposte. Les élus CGT, qui sont tous concernés par le plan, vont se battre. Le plan est si massif que tout le monde se dit que l’on n’a plus rien à perdre. On a eu notre première réunion syndicale cet après-midi. Les travailleurs veulent que les syndicats soient unis. On pousse les autres OS. Au mieux, pas de suppression de poste, au pire, en garder un maximum, mais on ne veut pas rentrer dans des négociations ».

Contre la casse sociale à l’œuvre dans bon nombre des secteurs (récemment par exemple, lors de la reprise de Casino) et qui menace de s’amplifier pour le seul bénéfice des patrons et des actionnaires, il est nécessaire de revendiquer l’interdiction des licenciements et le CDI pour tous. Ces revendications vont de pair avec une baisse du temps de travail et sa répartition entre tous et toutes sans diminution de salaire, en accord avec les besoins concrets des travailleurs.


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