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Amie des patrons

Coup de pression du patronat sur Pécresse. Une mesure sur les salaires retirée

Suite à l’ire patronale, Pécresse a remodelé sa proposition d’augmentation de 10% des salaires et multiplie les gages en leur direction. De quoi nous rappeler que du côté des patrons on ne lâche jamais un centime même à la demande de ses soutiens.

mardi 1er février

Crédit photo : Afp

La candidate du parti Les Républicains alors en campagne pour les primaires du parti avait présenté en grande pompe il y a quelques mois, une mesure supposément « phare » de son programme pour séduire les classes populaires : l’augmentation de 10% de des salaires nets du privé allant jusqu’à 2,2 fois le smic. Présentée comme un « grand choc du pouvoir d’achat » la proposition avait déjà de quoi faire redire tant sur la teneur de l’augmentation que sur la volonté affichée de ne pas la faire payer au patronat, mais pour Pécresse et ses amis du Medef il semblerait que ce fusse déjà trop.

Dans sa première proposition, la candidate LR souhaitait transférer les cotisations vieillesse des salariés vers les entreprises, l’Etat prenant en charge les deux-tiers du coût, « restaient cependant à la charge des entreprises environ huit milliards d’euros » selon Les Echos. De quoi pousser à une levée de boucliers côté patronal toujours selon les Echos « Cette mécanique avait fait grincer les dents des chefs d’entreprise. « Cela revenait à augmenter le coût du travail, nous avons fait passer le message à son équipe que cela posait un vrai problème », souligne une source patronale. « Nous ne comprenions pas cette mesure », renchérit un responsable d’une autre organisation ».

Alors qu’un autre grand ami des patrons et probable candidat à sa réélection sautait sur l’occasion pour mettre des battons dans les roues d’une rivale –« ces derniers jours, Bercy faisait également circuler une note pointant les obstacles techniques à ce transfert des cotisations salariales vers les entreprises, pour mieux critiquer le projet de cette concurrente d’Emmanuel Macron »- Pécresse finissait par faire volte-face.

Jeudi 27 janvier, Geoffroy Didier, son porte-parole, a ainsi fait savoir au cours d’une conférence de presse que les modalités de cette proposition allaient être modifiées. Ayant bien reçu le message, Pécresse s’est donc empressée de revenir sur ses propos, proposant une simple baisse des cotisations salariales de 2,4 points (soit environ 3% du salaire net final), et qui sera entièrement prise en charge par l’Etat, laissant les entreprises bien tranquilles. “Le pari, c’est la confiance aux entreprises.”, explique l’eurodéputé Geoffroy jusqu’à leur proposer de nouvelles attaques contre leurs salariés et « de nouvelles possibilités, notamment sur l’assouplissement du temps de travail » selon un autre porte-parole. Pour arriver à l’augmentation initiale de 10% et combler l’écart il faudra compter directement sur les entreprises. Mais rassurons-nous au sein de l’équipe de Pécresse on « refuse de se mettre dans le scénario du pire où les entreprises refuseraient de jouer le jeu ». De notre côté, nous pourrions presque en douter, au regard des difficultés du patronat ne serait-ce qu’à envisager de sortir 8 milliards de ses poches.

Alors que la question de la vie chère en pleine crise de l’inflation revient en premier plan, les patrons et leurs candidats nous démontrent qu’en 2022 et après il faudra se serrer la ceinture. De quoi nous rappeler que les patrons surveillent leurs billets comme le lait sur le feu tant qu’ils le peuvent et que du côté des classes dominantes on surenchérit les uns sur les autres pour leur plaire.



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