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Répression

« Coalition internationale » : Macron fait appel à ses alliés pour des JO toujours plus répressifs

Après que la Pologne ait annoncé hier l’envoi de soldats en France pour « sécuriser » les JO, le gouvernement a confirmé sa volonté de mobiliser 2000 soldats étrangers supplémentaires. Face à un renforcement répressif qui fait écho à l’escalade militariste, le mouvement ouvrier doit sortir du silence et opposer une riposte d'ensemble.

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« Coalition internationale » : Macron fait appel à ses alliés pour des JO toujours plus répressifs

Jeanne Menjoulet @flickr.com / CC BY 2.0 Deed

Via un post sur son compte X (ex-Twitter), le ministre de la Défense Polonais a annoncé hier que « les forces armées polonaises rejoindront la coalition internationale mise en place par la France pour soutenir les préparatifs et la sécurité des Jeux olympiques d’été de 2024 », à travers l’envoi d’une « task force » composée de soldats et de maîtres-chiens. Des déclarations qui ont d’abord provoqué un certain malaise du côté de l’Elysée et du ministère des Armées, qui a dans un premier temps démenti qu’il s’agissait d’une « coalition internationale pour les Jeux Olympiques », avant de reconnaitre dans une déclaration à l’AFP que « plusieurs nations étrangères » vont bien renforcer le dispositif de sécurité mis en en place pendant les JO « dans certains domaines critiques, comme les capacités cynophiles, où les besoins sont énormes. »

2000 soldats supplémentaires, renforcement du plan Vigipirate : le gouvernement fait feu de tout bois pour renforcer la présence policière et militaire pendant les JO

Selon les déclarations du ministère de l’Intérieur, ce sont « près de 2 185 renforts de forces de sécurité intérieure » fournies par « 46 partenaires étrangers » qui devraient être envoyés cet été à Paris. Ils viendraient s’ajouter aux 35 000 policiers et 18 000 militaires français déjà mobilisés pour « sécuriser » les Jeux Olympiques. En plus des militaires polonais, le gouvernement allemand a d’ores et déjà promis à Gérald Darmanin l’envoi de « forces opérationnelles de la police fédérale » et « d’autres renforts pour la sécurisation de voie publique en appui aux services français ».

Niant tout lien avec l’escalade militariste en cours, le ministère de l’Intérieur a rappelé que le gouvernement a déjà fait appel à des forces d’autres pays dans le cadre de la Coupe du Monde de Rugby ou encore sur la Coupe du Monde au Qatar et considère ce renfort comme « une démarche classique des pays hôtes pour l’organisation des grands événements internationaux ». Les évènements internationaux sont en effet l’occasion de renforcer la répression, à travers le déploiement « exceptionnel » de forces armées et policières. Les JO de Tokyo ont ainsi été l’occasion de mettre en place la reconnaissance faciale dans l’espace public, tandis que ceux de Rio ont donné lieu à l’intervention de l’armée et de l’expulsion de centaines de personnes dans les favelas.

En avril dernier, le préfet de Paris déclarait, sous prétexte de lutter contre la « délinquance », que « Plus on va s’approcher des JO, plus on va saturer l’espace public de policiers ». En plus de la systématisation de la vidéosurveillance, la « loi JO 2024 » prévoit, la mise en place « expérimentale » de la vidéosurveillance automatisée, alors que s’accélère le « nettoyage » des rues de Paris par les forces de police, avec le déplacement forcé de migrants et de SDF.

Dans le même temps, le gouvernement instrumentalise aujourd’hui la « menace terroriste » pour justifier le renforcement de la « sécurité » pendant les JO. Le 5 mars dernier, la directrice générale de la sécurité intérieure évoquait devant le Sénat « des organisations terroristes qui ciblent l’Occident et à n’en pas douter, à l’approche de l’événement, se saisiront de l’opportunité que sont les Jeux olympiques ». Le renforcement du plan Vigipirate, repassé en alerte maximale suite aux attentats de Moscou, va ainsi permettre de renforcer encore le recours à des militaires pendant les JO.

Renforcer la « coopération internationale » en pleine escalade militariste

Si le gouvernement a aussitôt cherché à nier tout lien avec la « coalition internationale », terminologie qui avait été utilisée dans le cadre de la guerre contre le Hamas, le recours à des « partenaires étrangers », et en particulier européens, s’inscrit dans le contexte de militarisation à l’échelle internationale suite au déclenchement de la guerre en Ukraine, puis en Palestine. D’après le ministère de l’Intérieur lui-même, il s’agit, à travers le recours à des forces militaires étrangères, de « renforcer la coopération internationale » entre la France et ses « partenaires ». Alors que la Pologne, l’Allemagne et la France ont annoncé le mois dernier renforcer leur coopération sur les plans diplomatiques et militaires à travers un revival du « triangle de Weimar » pour faire face à la Russie, il n’est pas anodin que ces deux Etats soient les premiers à avoir officiellement annoncé l’envoi de policiers et de soldats à Paris pour les JO.

En construisant des « coopérations internationales » dans le cadre de la sécurisation des JO, Macron cherche à poursuivre l’opération qui vise à faire de la France la tête de pont de la guerre en Ukraine contre la Russie. Dans le même temps, le démenti du gouvernement quant à l’usage du terme « coalition » illustre l’importante pression auquel est soumise l’exécutif, à quatre mois des JO. A l’heure où, dans le cadre des européennes, l’extrême-droite recherche la moindre brèche, le gouvernement cherche à s’éviter toute crise qui entacherait sa crédibilité sur le terrain du maintien de l’ordre. Prenant acte des derniers sondages, qui pointent que plus de 52% de la population est plutôt « pessimistes » quant à la capacité d’organisation des JO, la macronie craint que l’opinion publique se consolide dans une certaine défiance.

Alors que le gouvernement compte faire des JO un évènement pour redorer l’image de la France à l’international, la perspective que s’ouvre une crise majeure est probable. Pour que celle-ci ne profite pas à l’extrême-droite et ne se résolve sur le terrain d’une escalade répressive et d’un encadrement quasi-militaire des JO, il est urgent que le mouvement ouvrier rompe avec la logique qui consiste à garantir la « bonne tenue » de l’évènement. Entre hausse des prix, gentrification, répression et militarisation, il est plus que jamais nécessaire que les directions syndicales construisent un plan de bataille qui articule le refus des attaques austéritaires, les revendications salariales et le rejet du militarisme et de l’offensive autoritaire et répressive, qui apparaît toujours plus comme l’envers des offensives anti-ouvrières. Avec un programme capable d’unifier notre classe et l’ensemble des opprimés, et une stratégie pour l’imposer, il est possible de faire reculer le gouvernement.


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