×

Communiqué du Poing Levé

Austérité : le « gouvernement des jeunes » nous promet plus de précarité et (encore) moins d’écologie

900 millions dans le budget de l’enseignement supérieur, 2 milliards pour l’écologie,…Les coupes budgétaires annoncées par le gouvernement promettent aux jeunes un avenir de misère et de précarité.

Erell Bleuen


et Le Poing Levé

23 février

Facebook Twitter
Audio
Austérité : le « gouvernement des jeunes » nous promet plus de précarité et (encore) moins d'écologie

Crédits photo : Wikimédia Commons

Avec la rentrée universitaire catastrophique de 2023, où des étudiants sans logement se sont retrouvés au camping, à faire la queue par centaines devant des banques alimentaires, assis par terre dans les amphis par manque de places, parfois sans enseignants… on se disait que pour les jeunes, c’était impossible de faire pire. C’était sans compter le gouvernement Macron, qui vient de publier un décret imposant 10 milliards d’euros de coupes budgétaires. Une austérité qui va s’abattre sur des secteurs qui concernent en premier lieu la jeunesse.

D’abord dans les universités, puisque le texte publié par le ministre de l’Economie vient retirer 900 millions d’euros à l’Enseignement Supérieur et la Recherche. Les enseignants et les personnels administratifs seront donc ravis d’apprendre que de nouveaux postes vont être supprimés et que leurs conditions de travail risquent de continuer à se dégrader, tout ça pour servir les chantiers de Macron qui cherche à approfondir le creux entre les « facs poubelles » et les universités d’élites.

Une attaque colossale, dans un contexte où les universités sont déjà structurées par la précarité à tous les étages. Et pour les étudiants, le pire reste à venir : les coupes budgétaires vont se répercuter sur le nombre de places allouées dans les licences et masters, de quoi éjecter les plus précaires des universités. Rien à voir de mieux du côté des conditions de vie et d’études, puisque dans son plan austéritaire, le gouvernement prévoit de retirer 125 millions d’euros du budget « Vie Étudiante » qui concernent notamment les bourses et les dépenses allouées au CROUS. De quoi annoncer la teneur de la fameuse « réformes des bourses » promise par la ministre de l’Enseignement Supérieur, qui ne visait qu’à calmer la colère étudiante pendant le mouvement contre la réforme des retraites l’année dernière.

Dans l’enquête réalisé par le Poing Levé sur la précarité étudiante, près de 10 % des étudiants ont témoigné être sans logement. Avec un gouvernement pareil, le message est clair : on peut d’ores et déjà réserver des emplacements de camping pour l’année prochaine ! D’autant que le budget alloué à l’aide à l’accès au logement en a lui aussi pris pour son grade, avec 300 millions d’euros en moins pour 2024, pendant que celui de l’écologie perd 2 milliards, notamment concernant l’isolation des logements. Pour les étudiants logés dans des passoires énergétiques qu’ils payent des centaines d’euros chaque mois, que de bonnes nouvelles.

Mais Bruno Le Maire ne s’est pas arrêté là. En allant taper dans les enveloppes du ministère de l’Éducation Nationale (près de 700 millions), il va poursuivre la dégradation des conditions d’études de millions de lycéens. Le gouvernement taille dans le lard dans les postes d’enseignants et dans les moyens alloués à l’Éducation pendant qu’il ajoutait 20 millions au budget pour le SNU il y a quelques semaines encore. Pas mieux du côté du travail, où les 1,1 milliards d’euros sucrés au ministère de l’emploi vont nécessairement se répercuter sur tous les jeunes dans des formations professionnalisantes qui, lorsqu’ils ne travaillent pas gratuitement, sont payés au lance-pierre.

Le « gouvernement des jeunes » n’a donc pas grand-chose à offrir à la jeunesse, si ce n’est la misère et la précarité. Pour l’armée et le grand patronat par contre, c’est un autre débat : impossible d’oublier les 416 milliards offerts au secteur militaire il y a quelques mois que l’ensemble des forces politiques (de la Macronie au Rassemblement National en passant par La France Insoumise) avaient approuvé au parlement.. Nous n’oublions pas non plus les bénéfices records que les entreprises comme Total ou Stellantis ont réalisé en 2023. Un gouvernement par et pour les riches qui veut bâtir un projet de société à son image, dans lequel la jeunesse universitaire, lycéenne et des quartiers populaires est condamnée à une vie de galère.

Mais si Macron veut faire des universités des lieux d’élites, taillés sur mesure pour les besoins du patronat et envoyer le reste des jeunes servir de main-d’œuvre précaire sur le marché du travail ou dans les réserves de l’armée, il est possible de conquérir un autre avenir. Au Poing Levé, nous luttons pour un avenir où les facs sont gratuites et ouvertes à toutes et tous, où chaque étudiant dispose d’un revenu à hauteur du SMIC pour ne pas avoir à choisir entre manger, se loger ou étudier, et où les savoirs de l’université servent à répondre aux besoins de la majorité de la population et à la crise climatique. Les jeunes n’ont pas à payer la crise en cours ! Il est temps de se battre pour refuser la guerre sociale que mènent Macron et les patrons, et conquérir un autre futur.


Facebook Twitter

Erell Bleuen

Twitter : @Erellux

Censure : la droite veut interdire les conférences de LFI dans les facs

Censure : la droite veut interdire les conférences de LFI dans les facs

Fin des rattrapages, absences, compensation et partiels à Paris 1 : la moitié des étudiants en sursis

Fin des rattrapages, absences, compensation et partiels à Paris 1 : la moitié des étudiants en sursis


Le gouvernement veut « remilitariser » la Journée défense et citoyenneté pour embrigader la jeunesse

Le gouvernement veut « remilitariser » la Journée défense et citoyenneté pour embrigader la jeunesse

Peines contre les parents, internats : Attal s'en prend encore aux jeunes de quartiers populaires

Peines contre les parents, internats : Attal s’en prend encore aux jeunes de quartiers populaires

Menace de suppression des rattrapages à Sorbonne Université : retour sur un projet ultra-sélectif

Menace de suppression des rattrapages à Sorbonne Université : retour sur un projet ultra-sélectif

Les étudiant-es vivent en moyenne avec 718 € par mois, révèle l'enquête du Poing Levé

Les étudiant-es vivent en moyenne avec 718 € par mois, révèle l’enquête du Poing Levé

VICTOIRE. La présidence de Paris 8 portera la demande de régularisation des étudiants sans-papiers

VICTOIRE. La présidence de Paris 8 portera la demande de régularisation des étudiants sans-papiers

JO 2024 : 370 000 logements vides en région parisienne, mais l'État expulse les étudiants du CROUS

JO 2024 : 370 000 logements vides en région parisienne, mais l’État expulse les étudiants du CROUS