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Crise économique

14 000 suppression d’emplois à Nokia : le géant du téléphone fait payer la crise à ses salariés

Ce matin, le géant des télécommunications Nokia a annoncé la suppression de 14 000 emplois, soit 16% de ses effectifs, d’ici 2026. Des suppression de postes qui s'inscrivent dans la vague de licenciements en cours dans le secteur de la tech.

Louise Bravo

19 octobre 2023

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14 000 suppression d'emplois à Nokia : le géant du téléphone fait payer la crise à ses salariés

PX-Here / CC0 Domaine public

Jeudi 19 octobre, le géant de la tech Nokia a annoncé un plan de suppression de poste massif, équivalent à 16 % de ses effectifs. L’objectif étant de parvenir à un taux de marge d’au moins 14 % à long terme quand celui des neuf premier mois de 2023 équivalait plutôt à 8,2 %. Cette nouvelle a provoqué une réaction instantanée puisqu’au milieu de la journée, le cours de l’action Nokia avait déjà chuté de 4,4%.

Concrètement, c’est près d’un salarié sur six qui va subir cette politique de suppression de poste au cours des trois prochaines années. Cependant, les contours de cette suppression massive de postes sont encore floues pour les salariés. À l’image des salariés de l’usine de Lannion (Côtes d’Armor), qui, en attendant de savoir s’ils sont concernés, se disent inquiets de cette annonce, alors qu’est déjà en cours une rupture conventionnelle collective concernant 28 personnes. 

Nokia n’a pas donné plus de précision sur les sites touchés mais sa filiale française avait déjà mis en place plusieurs PSE. En juin 2020, par exemple, un plan de suppression de postes avait dû être revu à la baisse en raison de révélations sur les aides que Nokia recevait de l’état, une nouvelle qui avait mobilisé syndicats et travailleurs. Cela n’a pourtant pas empêché le géant de la télécommunication d’annoncer sa volonté de supprimer 10 000 postes l’année suivante.

L’entreprise accuse la lenteur du développement de la 5G dans le monde, occasionnant une baisse de leurs profits au dernier trimestre, pour justifier la suppression de 16% de ses effectifs au niveau de toute l’entreprise. Elle a par ailleurs lancé une ligne de fabrication de smartphones 5G en Hongrie d’après le magazine Clubic. 

Nokia ne cache pas le but de ces licenciements : gagner toujours plus d’argent pour les actionnaires : au quatrième trimestre 2022, ses bénéfices atteignaient 1,15 milliards d’euros. Loin d’être une entreprise en crise, ce sont donc 14 000 personnes qui vont être licenciées pour simplement engraisser les actionnaires de l’entreprise.

Dans le contexte inflationniste actuel, Nokia n’est pas le seul géant de la tech à licencier à tour de bras. On peux penser à l’industrie du jeu vidéo, par exemple, qui a déjà licencié 6 300 salariés en 2023. Une logique commune donc, à savoir une volonté de faire payer la crise économique au travailleurs, tout en se servant des problèmes économiques du groupe pour chercher à accroître la rentabilité de ce dernier.


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