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Elections étudiantes

Université Paris-Cité. Qui se présente aux élections et pourquoi voter Le Poing Levé ?

Du 18 au 20 avril, les élections étudiantes se tiennent à l’Université Paris-Cité, où Le Poing Levé est candidat, pour faire entendre la voix des luttes dans les conseils antidémocratiques de cette université. Retour sur les différentes listes qui se présentent, et notamment Bouge Ta Fac - la FAGE, qui occupe le poste de vice-président étudiant.

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Du 18 au 20 avril, les élections étudiantes à l’Université Paris-Cité arrivent dans un contexte de mouvement social : contre la réforme des retraites, puis plus largement contre Macron, le 49-3, et l’autoritarisme du régime, les étudiants se sont mobilisés en nombre ces derniers mois. Plusieurs listes, (Bouge ta fac-La Fage, l’Uni, l’Écume, Solidaires étudiant-e-s) se présentent et, outre les programmes et les déclarations d’intention, leur qualité peut s’apprécier à la politique qu’elles ont mené ces deux dernières années, et notamment depuis que s’est ouvert un large mouvement de contestation et de politisation dans la jeunesse.

Avec Le Poing Levé, nous nous sommes engagés dès le début du mouvement, pour construire la mobilisation étudiante, dans les AG et les manifestations, en construisant la solidarité avec les travailleurs, notamment les cheminots et les éboueurs et égoutiers en reconductible pendant 20 journées. Élus au Conseil d’Administration et au Sénat Académique, nous avons cherché à mettre cette position au service de la mobilisation des étudiants et des personnels, en défendant la validation automatique et le 10 améliorable, pour empêcher que les étudiants qui se sont battus contre la réforme des retraites ne soient pénalisés, et l’arrêt du contrôle de l’assiduité les journées de mobilisation. La Présidence de l’université s’est opposée à cette motion, usant de manœuvres anti-démocratiques habituelles à Paris-Cité, bien aidée par les élus de Bouge Ta Fac - la Fage, qui ont empêché l’examen et le vote de la motion au Sénat Académique.

Une attitude qui met en lumière le positionnement de Bouge ta fac, qui derrière l’ambition affichée d’être « apolitique » dirige en réalité Paris-Cité aux côtés de la présidence, et aide à appliquer la politique de sélection et de tri social mise en œuvre dans cette fac élitiste. Revenons sur cette organisation, principale force aux élections étudiantes à Paris-Cité.

Dans une fac antidémocratique, Bouge Ta Fac - la FAGE un allié de la présidence pour appliquer la sélection

Bouge Ta Fac - la FAGE jouit en effet d’une position très importante dans notre université. Propulsée par les associations de promo, et les BDE appelant à voter pour elle, la liste Bouge Ta Fac a recueilli 67% des suffrages lors des précédentes élections en 2021, autour d’un profil « apolitique » et dans un paysage électoral marqué par le recul des listes de gauche, l’Unef ne présentant pas de liste, Solidaires connaissant un recul, et dans lequel se distinguait la liste Le Poing Levé, en récoltant 600 voix et obtenant la deuxième place, faisait une percée remarquée.

Avec ce résultat, Bouge Ta Fac a obtenu 2/3 des élus au CA, et 6/9 des élus au Sénat Académique (équivalent de la CFVU dans les autres universités) : a-t-elle utilisé cette position pour s’attaquer aux principaux maux dont souffrent les étudiants, comme la précarité ou la sélection à l’université ? Au contraire, ces élus ont maintenu un lien étroit avec la présidence de Paris-Cité, occupant le poste de Vice-Président étudiant, maintenant une entente sans faille et votant presque systématiquement les propositions de la présidence.

L’université paris Cité a poussé loin les logiques néolibérales à l’université, en cherchant à adapter les enseignements et la recherche dans le sens des intérêts des grandes entreprises et à restreindre les formations pour qu’elles se conforment aux besoin du marché du travail, ce qui passe par une sélection accrue. Dans une telle fac, participer à la direction de l’université implique donc de collaborer à tout un tas de mécanismes qui affectent les étudiants.

Le revers de la médaille de l’élitisme est en effet le manque de moyen, particulièrement fort dans les filières les moins valorisables par le privé. A cet égard, la faculté d’Humanités, la deuxième plus grande de l’université en terme d’effectifs, était la moins bien dotée dans le dernier budget de Paris-Cité.

Autre aspect sur lequel Bouge ta Fac s’aligne sur la présidence : la sélection, particulièrement forte dans cette fac élitiste. Ces deux dernières années, en médecine, droit ou psychologie notamment, les étudiants ont dû passer des partiels en distanciel pendant la pandémie, ont vu la sélection en master s’intensifier avec dans certains cas les places réduites de moitié, quand ce n’était pas les conditions de redoublement qui étaient durcies, avec les risques que l’on connaît en terme de perte de bourse, et d’aggravation de la précarité étudiante.

Le cœur de son programme pour les élections étudiantes se situe autour de la précarité, avec des affiches martelant « Quand tes repas deviennent une option, nos Agoraé sont là pour toi » en référence aux programmes de distributions alimentaires organisés par la FAGE. Pourtant si Bouge Ta Fac partage le constat frappant de la précarité dans la jeunesse, l’organisation se félicite du repas à un euros pour les boursiers –qui ne concerne qu’une faible partie des étudiants- et loin de défendre une solution pérenne pour remettre structurellement en cause la précarité étudiante, préfère échanger et discuter avec un gouvernement responsable de la baisse des APL. Alors que les deux personne les plus riches au monde sont françaises et que l’écart entre les plus pauvres et les plus riches s’agrandit, au Poing Levé nous pensons que nous ne pouvons pas nous contenter de distributions alimentaires pour palier la situation mais qu’il est nécessaire d’exiger un revenu étudiant à hauteur du SMIC et financé par les grandes fortunes pour vivre dignement.

Loin de l’ « apolitisme » revendiqué, les postions de Bouge Ta Fac marquent au contraire son engagement en faveur de l’université néolibérale actuelle. C’est en effet en vertu de l’attachement de Bouge Ta Fac à l’élitisme, au suivi des cours et de la valeur du diplôme, que le vice-président étudiant de l’association s’est opposé de toutes ses forces à la motion autorisant les absences les jours de mobilisation, et que de manière analogue la FAGE s’est opposée au 10 améliorable à la faculté de Toulouse-Jean-Jaurès. Rien d’étonnant il est vrai pour une organisation qui a fourni une quantité considérable de conseillers ministériels macronistes ou de cadres du parti présidentiel->] et qui était louée il y a peu par Ambroisé Méjan, président des Jeunes avec Macron, comme « une organisation avec laquelle on arrive à avancer ».

L’Uni : une liste d’extrême-droite à combattre

Bouge Ta Fac- La Fage n’est pas la seule liste à masquer son affiliation politique réelle. Aux élections étudiantes est également candidate la liste de l’Uni, qui se présente sobrement « Pour ta réussite et ton insertion pro ! ». Derrière cette formulation floue se cache une liste d’extrême-droite, pour laquelle les militants ont défendu la campagne d’Eric Zemmour à la dernière présidentielle.

Dans le contexte de la mobilisation contre la réforme des retraites, cette organisation s’est notamment attaquée Adèle Haenel, qui lors d’un meeting organisé par notre collectif féministe Du Pain et des roses, avait dénoncé le caractère sexiste de la réforme et la nécessité pour les féministes de soutenir les grévistes. Il s’en est suivi une politique sexiste, à base d’insultes et de menaces à son égard, auxquelles l’Uni a participé aux côtés de personnalités d’extrême-droite et de représentants du gouvernement. Leur politique dans l’université va en effet dans le même sens que l’offensive contre le prétendu « wokisme », les études décoloniales et les études de genre à l’université. Face à ces attaques réactionnaires, nous nous opposons à toute criminalisation des enseignements et recherches décoloniales, féministes et LGBTI. Alors que ces derniers mois et années ont été le terrain d’offensives autoritaires et islamophobes conjointes du gouvernement, de la droite et de l’extrême-droite, nous défendons le retrait immédiat de la Loi LOPMI ou de la loi séparatisme, ainsi que l’ensemble des lois liberticides et islamophobes du gouvernement.

De manière générale, l’extrême-droite avec la candidature Zemmour à la présidentielle a tenté de proliférer dans la jeunesse étudiante, et dans les universités « d’élite ». Pour nous, faire reculer l’extrême droite passe par la construction de mobilisations massives dans les universités, comme nous avons pu le démontrer dans d’autres universités où nous existons. Ainsi à l’université Paris 1 en février 2022, quand l’Uni et d’autres groupuscules d’extrême droite ont cherché à faire annuler la conférence d’Anasse Kazib, alors candidat à la présidentielle, au motif qu’il serait un candidat « 100% wokiste et 100% islamiste », avec Le Poing Levé nous avons organisé un rassemblement de plus de 500 personnes sur la Place du Panthéon, provoquant la fuite des militants d’extrême droite et assurant la tenue de la conférence.

Pour faire reculer l’extrême droite sur le terrain idéologique également, nous luttons contre tous les aspects nationalistes et racistes qui l’alimentent.

L’Ecume et Solidaires étudiant-e-s, quelles listes à gauche ?

  •  L’Ecume

    Dans ce paysage marqué par la présence de la droite et l’extrême-droite, deux listes de gauche se présentent également, l’Ecume, et Solidaires étudiant-e-s, en plus du Poing Levé donc. Il s’agit de listes avec lesquelles nous pouvons avoir un certain nombre de points d’accords et que nous côtoyons pour l’essentiel dans les luttes, mais avec lesquelles nous maintenons des divergences importantes tant sur le fond que sur la stratégie à adopter, ce qui explique que nous nous présentons dans des listes différentes.

    L’Ecume, syndicat fondé il y a quelques mois à Paris-Cité, est rattaché à l’Alternative, sans en être officiellement membre. Cette organisation, courroie de transmission de la Nupes et de la France Insoumise, a récemment fusionnée avec une partie de l’Unef pour fonder « l’Union Etudiante ». Derrière la volonté de reconstruire un syndicalisme unifié se cache en réalité une réhabilitation de l’UNEF après les trahisons de la loi Travail en 2016 ou l’accord sur la sélection signé aux côtés de la Fage. L’objectif de cette union est donc de refonder un syndicalisme de gauche respectable qui puisse être en mesure d’être un interlocuteur pour le gouvernement.

    Sur le fond, si l’Ecume dénonce bien entendu la précarité étudiante et les politiques néolibérales de destruction de l’université, leur programme ne cherche pas à remettre en cause le fonctionnement et la structure de l’université actuelle. L’Ecume défend ainsi le fait de « réellement faire aboutir nos propositions à l’université au lieu de se contenter de simples promesses ». Cette idée qui est un point central de leur programme omet le fait que les conseils sont des lieux profondément anti-démocratiques dans lesquels les étudiants ont une voix minoritaire et où la seule chose qui est proposée aux élu.e.s est de gérer la misère des budgets toujours plus réduits imposés par l’Etat.

    En ce sens, plusieurs revendications témoignent d’une vision illusoire de ce que pourrait être l’université, comme celle de « développer la vie étudiante » présentée comme un des 5 points principaux de la liste, ou la demande de « mettre en place un budget participatif pour l’utilisation de la CVEC », alors que cette taxe devrait être tout bonnement supprimée, dans un contexte où la précarité étudiante fait rage.

    Enfin, l’absence de référence aux luttes sociales, à la mobilisation contre la réforme des retraites, et au caractère anti-démocratique des conseils universitaires, pourtant particulièrement présent à l’UPC, dessine une organisation davantage orientée en direction du dialogue social et des négociations avec les directions d’établissement que dans la construction du rapport de force dans les mobilisations, à partir de l’auto-organisation démocratique des étudiants dans les AG.

  •  Solidaires étudiant-e-s

    Pour ce qui est de Solidaire-s étudiant-e-s, nous côtoyons leurs militants dans les luttes, partageons un certain nombre de revendications et nous avons mené plusieurs combats communs au sein du Sénat Académique.

    Pour autant, nous défendons une logique différente. Si le syndicat se présente comme un « allié dans la lutte contre les oppressions et dominations », les revendications qu’il met en avant se limitent presque exclusivement au champ de l’université, sans dessiner une remise en cause plus profonde du système.

    A l’heure où la mobilisation sur les retraites et notamment la répression qu’a subi la jeunesse étudiante donne à voir un saut autoritaire du gouvernement et éclaire les mécanismes antidémocratiques du régime dans lequel nous vivons, on constate justement le besoin de s’attaquer de front à ces questions depuis nos universités. Dans le même sens, l’écologie et la conscience de la crise climatique politise largement les étudiants et nécessite de s’organiser depuis nos lieux d’étude, par exemple pour montrer que les savoirs enseignés à l’université, s’ils seraient utilisés aux côtés des travailleurs et mis au service des besoins de la majorité pourraient contribuer à la prise en compte des problèmes environnementaux ou œuvrer à la transition énergétique. Autant de revendications politiques qui sont plus que nécessaires dans la période, et ne peuvent s’exprimer dans le cadre du syndicalisme étudiant.

    Le Poing Levé, une liste anticapitaliste et révolutionnaire : pour des élu-e-s au service des luttes

    L’élection dans les conseils centraux d’une liste anticapitaliste et révolutionnaire, qui se bat aux côtés des travailleurs pour une autre société, serait en effet le signal de la détermination de la jeunesse à se battre pour un autre futur.

    Nous n’avons pas l’espoir de changer l’université depuis l’intérieur des conseils mais dans cette campagne nous voulons faire entendre la voix des luttes et défendre un programme révolutionnaire pour préparer un autre avenir que celui qui nous est réservé par cette société. De même que nos vies ne s’arrête pas aux portes de l’université, que nous avons souvent d’ors et déjà un travail, des parents qui vieillissent et des factures à payer, nos combats contre le système, contre le patriarcat, le capitalisme, pour une planète qui ne brûle pas ne s’arrête pas aux frontières de l’université. Si tu veux en savoir plus sur notre programme, clique ici !


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