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Édito du Poing Levé

Ouverture de la plateforme Mon Master : top départ pour les Hunger Games étudiants

Ce lundi 26 février, la nouvelle plateforme sélective « Mon Master » mise en place l’année dernière par le gouvernement Macron vient d’ouvrir. « Puisse le sort être favorable » aux milliers d’étudiants angoissés à l’idée de se retrouver sans formation l’année prochaine.

Erell Bleuen


et Le Poing Levé

27 février

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Ouverture de la plateforme Mon Master : top départ pour les Hunger Games étudiants

Mon Master, présentée par le gouvernement comme une plateforme permettant de « simplifier les procédures », vise en réalité à simplifier la sélection brutale que subissent les étudiants qui souhaitent poursuivre leurs études. En effet, en 2023, la plateforme ne proposait que 185 000 formations pour 209 000 candidats. De quoi laisser sur le carreau des milliers d’étudiants, qui après avoir passé l’épreuve de Parcoursup et validé toutes leurs années de licence, se voient malgré tout refuser leur entrée en Master.

Une politique qui prend racine dans la suppression successive du nombre de places en Master. Alors que le nombre d’étudiants en troisième année de licence augmente considérablement chaque année - une hausse de 10% en 2022 -, l’offre de formation réduit progressivement. Pour la rentrée de 2022, la plateforme Vite mon Master créée par des étudiants, recensait 1165 places de master 1 supprimées sur 1613 masters référencés. À titre d’exemple, la filière de psycho compte quasi 16 000 étudiants en Licence 3, pour… même pas 6 000 places en Master.

Une sélection brutale qui vise à éjecter toujours plus d’étudiants précaires de l’université, quand la plateforme Parcousup ne parvient pas à elle seule à réserver l’université à une poignée d’étudiants privilégiés destinés à être les futurs bras droits du patronat. Autrement dit, tout ça risque de s’approfondir encore. Car si la ministre de l’Enseignement Supérieur expliquait l’année dernière qu’il n’était pas question « d’ouvrir des places » puisque ça reviendrait à « gaspiller l’argent public », les 900 millions de coupes budgétaires de l’enseignement supérieur annoncées pour 2024 vont sans aucun doute se répercuter sur le nombre de places à l’université.

En réalité, la plateforme Mon Master s’inscrit dans le projet politique global que réserve le gouvernement à l’université et aux étudiants : entre les coupes budgétaires, la suppression de certaines filières, « l’acte II de l’autonomie » des universités, le macronisme promet de poursuivre la transformation néolibérale des universités, pour les modeler aux besoins patronaux du XXIème siècle.

Un modèle universitaire où la sélection brutale s’approfondit, où les centaines d’étudiants qui se nourrissent grâce aux banques alimentaires abandonnent leurs études, et où la santé mentale des jeunes se détériore. Dans l’enquête sur la précarité étudiante réalisée par le Poing Levé, 51 % des étudiants qui témoignent disent être anxieux en raison de leurs études. Avec le plan de Macron pour l’université d’ici à 2027, la situation risque de s’empirer encore si nous n’y opposons pas un autre projet pour l’enseignement supérieur.

Avec Le Poing Levé, nous faisons de la perspective d’une université ouverte à toutes et tous, au service des besoins de la majorité, une revendication centrale de notre programme. De quoi rappeler toute l’urgence de se battre pour l’abrogation immédiate de toutes les réformes sélectives, de Parcoursup à Mon Master en passant par la suppression des places dans les formations universitaires.


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Erell Bleuen

Twitter : @Erellux

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