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Etats-Unis

« One Job Should Be Enough » : 50 000 salariés des casinos de Las Vegas votent pour la grève

Plus de 50 000 salariés des casinos du Nevada ont voté « oui » pour lancer des grèves pour obtenir de meilleurs salaires et une réduction du temps de travail. « Un seul emploi devrait suffire » est devenu le mot d’ordre de cette grève.

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« One Job Should Be Enough » : 50 000 salariés des casinos de Las Vegas votent pour la grève

Crédits photos : Culinary Workers Union Local 226

« J’ai voté oui pour autoriser la grève, parce que je me bats pour ma famille et notre avenir » explique María Sánchez, femme de chambre à l’hôtel et casino Bellagio, le cinquième plus grand hôtel de Las Vegas. Membre du syndicat des travailleurs de la restauration (Culinary Workers Union, CWU), la mère de famille explique que « depuis la pandémie, la charge de travail a été intense. Quand je rentre chez moi, je suis tellement épuisée que j’ai même plus la force d’emmener mes deux enfants au parc ou de jouer avec eux. Je me sens triste, comme si je ne vivais uniquement que pour travailler, ce n’est pas juste. J’ai réfléchi à prendre un second emploi, mais je travaille plus que je ne devrai dans mon travail actuel : je pense qu’un seul emploi devrait suffire pour vivre. C’est pour ça que j’ai voté oui à la grève : pour obtenir la meilleure convention collective de tous les temps, afin de pouvoir vivre d’un seul emploi et rentrer à la maison pour pouvoir passer du temps avec mes enfants ».

Dans cette interview, la femme de chambre du Bellagio résume bien l’état d’esprit des 60 000 travailleuses, principalement des femmes, organisées dans le syndicat de la restauration, qui s’est joint au syndicat des barmans pour appeler à la grève. Les deux syndicats représentent 60 000 salariés à Las Vegas et Reno (troisième ville de l’état du Nevada), et 53 000 d’entre eux étaient appelés à voter ce mardi pour autoriser ou non le déclenchement d’une grève. 40 000 d’entre eux travaillent depuis le début du mois alors que leur convention collective a expiré, les privant de nombreuses protections sociales.

Avec un vote à 95% pour la grève, la direction du syndicat peut maintenant appeler légalement à une grève, mais les négociations avec plusieurs hôtels devraient se poursuivre pendant encore une semaine avant que cela ne puisse arriver. Sous la devise « One Job Should Be Enough » (Un seul emploi devrait suffire), les syndicats demandent une nouvelle convention collective de cinq ans incluant de meilleurs salaires, une réduction du temps de travail et une amélioration des conditions de travail.

Avec ce vote, les deux syndicats sont donc autorisés à appeler à la grève dans 22 entreprises de casinos de Las Vegas, dont des grandes chaînes comme MGM Resorts, les célèbres casinos Caesars Palace ou encore l’entreprise Wynn/Encore Resorts, les trois principaux employeurs de Las Vegas. Si les négociations n’aboutissent pas, le syndicat menace donc d’arrêter purement et simplement les casinos, qui ont battu des records de recettes depuis 2021. En 2022, MGM Resorts, qui compte 18 casinos dans le Nevada a enregistré 1,47 milliards de bénéfices à elle seule. « Les travailleurs ont soutenu chacune de ces entreprises pendant la pandémie et les ont amenées à une excellente reprise économique. Les salariés méritent une part équitable, explique Ted Pappageorge, le secrétaire du syndicat. Les entreprises se portent bien, et nous exigeons que les travailleurs ne soient pas laissés pour compte ».

Lire aussi : Grève dans l’automobile aux Etats-Unis : « la CGT a beaucoup à apprendre de la lutte de l’UAW »

Alors que la grève dans l’automobile est en train de devenir l’emblème national des salariés qui luttent pour de meilleurs salaires et conditions de travail, la grève des travailleurs des casinos de Las Vegas montre que la situation politique est ouverte à la possibilité d’une extension nationale des grèves pour les salaires. Pour des augmentations réelles des salaires, pour la semaine de 32 heures, pour la dignité : même dans les casinos, la lutte des classes revient bel et bien aux Etats-Unis.


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Arthur Nicola

Journaliste pour Révolution Permanente.
Suivi des grèves, des luttes contre les licenciements et les plans sociaux et des occupations d’usine.
Twitter : @ArthurNicola_

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