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Putsch militaire

Myanmar. Au moins 18 morts en une journée, la répression s’accentue contre les manifestants

Au Myanmar, alors que les mobilisations contre le coup d'État militaire ne faiblissent pas, la répression continue de s'accentuer, avec près de 18 personnes tuées ce week-end.

mercredi 3 mars

Depuis le 1er février dernier, le Myanmar fait face à un coup d’Etat militaire orchestré par Min Aung Hlaing, le chef des forces armées birmanes. Pendant tout le mois de Février, nous avons relaté sur Révolution Permanente la montée et le déroulement des manifestations qui se sont opposées à ce coup d’Etat. Ils sont des centaines de milliers à mener depuis un mois la lutte contre ce coup de force militaire.

Cependant, les forces armées putschistes ont entamé ces dernières semaines une répression de plus en plus appuyée face à ce mouvement. Le 9 février, Mya Thwate Thwate Khaing, âgée de seulement 20 ans, est la première victime de cette répression. Puis, le 20 février dernier, 3 morts dues à cette répression ont été constatées. Et c’est ce week-end, le 28 février, qu’une nouvelle étape a été franchie. 18 personnes manifestantes ont été abattues par les forces armées birmanes d’après le journal Le Monde. Ces sources proviennent du dernier rapport de l’ONU à propos des manifestations de ce week-end. Les militaires n’hésitent plus à faire usage de méthodes létales en tirant à balles réelles sur la foule pour tenter de mater le mouvement national.

Cette récente escalade de violence trahit le fait que ce nouveau gouvernement militaire n’arrive pas à faire face à l’ampleur de la contestation. Face à la violence répressive des forces armées, le mouvement pourrait bien passer un cap. Le journal Le Figaro rapportait ainsi les propos d’une manifestante : « Nous avons attendu une réponse internationale, mais maintenant nous n’allons plus nous retenir. Les manifestations ne seront plus pacifiques, car nous avons déjà perdu trop de vies innocentes ». Des propos qui montrent que les Birmans ne se laisseront pas faire.

Déjà ce mardi, dans les rues de Kalay, les manifestants ont riposté contre la police qui tentait de faire reculer la manifestation. 13 personnes au moins auraient été blessées, dont 7 par balles. 3 d’entre elles sont dans un état critique et son actuellement hospitalisées et deux ont été tuées.

Face à cette répression et au coup d’État militaire, la population du Myanmar ne peut compter ni sur Aung San Suu Kyi, dont la LND, le parti bourgeois, n’a fait que précariser la classe ouvrière myanmaraise et faire des compromis avec les militaires ; ni sur l’intervention des pays impérialistes tels que les États-Unis, qui ne s’inquiètent que de préserver ses intérêts impérialistes dans la région. Les travailleurs et la jeunesse du Myanmar ne pourront compter que sur leurs propres forces et sur la solidarité de la classe ouvrière et de la jeunesse à l’international pour repousser le coup d’État.




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