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Politique

Quand leurs manœuvres ne passent pas, ils passent en force ?

Manifs du 24 : le gouvernement toujours plus répressif !

L'image qui aura été la plus vue ce 24 mars, est assurément la vidéo du jeune lycéen frappé par un CRS devant le lycée Bergson à Paris. Mais pour un acte filmé et popularisé sur les réseaux sociaux, de quelle taille est l'iceberg de la répression ? En tout cas, chaque fois un peu plus grand... G. Gorritxo

jeudi 24 mars 2016

Lors des manifestations du 17 mars, la répression avait déjà fait un grand saut, en comparaison aux premières manifestations du 9. Répressions et gazages à Marseille, universités fermées pour empêcher des AG comme à Bordeaux (ou bien évacuation d’amphis quand on a pas fermé toute la fac, comme à Tolbiac), ou encore arrestations de lycéens comme à Perpignan, le gouvernement avait déjà profité de la moindre présence des salariés en comparaison au 9 pour d’avantage réprimer la jeunesse. Des réponses avaient même été mise en place, comme par exemple l’action du 22 devant Tolbiac.

Quelle différence avec le 24 ?

Si les manifestations de ce jeudi ont vu une légère baisse du nombre de manifestants, on y a vu aussi une hausse de la répression. A Besançon, 3 interpellation ont eu lieu, dont un syndicaliste de Solidaires Etudiant-e-s et le secrétaire général département de la CGT Doubs. A Lyon, les manifestants ont subi les charges des CRS. Rennes et Nantes ont eu leur lot "d’événements". Et bien sûr, les lycéens parisiens, qui avaient déjà fait face le 17, ont de nouveau été réprimés, dont le lycéen en sang qui a fait le tour des réseaux sociaux et plus tard des journaux télévisés.

Les limites de leur passage en force

On pourrait penser que mécaniquement, Cazeneuve et ses sbires gagnent en confiance, que la baisse de manifestants leur facilite la tâche, qu’à quelques jours de nouveaux attentats on pourrait ré-activer un peu "l’esprit Charlie" et les applaudissement des forces de l’ordre. Cazeneuve a d’ailleurs annoncé le déploiement de "1600 policiers et gendarmes supplémentaires" sur le territoire, qui viennent s’ajouter aux 7000 à 10.000 soldats déjà présent en permanence depuis les attentats de janvier (opération Sentinelle). Déploiement aux frontières, mais aussi dans les gares, ports et aéroports.
Dans le cadre de l’Euro 2016 à venir, a aussi été annoncé un "niveau de sécurité inédit", avec notamment la multiplication de caméras.

Pourtant, la stratégie répressive du gouvernement pourrait se retourner contre lui. On l’a vu, Cazeneuve a été obligé d’annoncer l’ouverture d’une enquête par l’IGPN, la "police des polices", et de se dire "choqué par les images" du policier frappant le lycéen (il n’était pas choqué par l’assassin de Rémi Fraisse pourtant, d’ailleurs peu inquiété par la justice). Les médias ont eu bien du mal à justifier cette vidéo (ne pouvant pas la cacher), mais ont tenté "d’équilibrer" en parlant de policiers blessés et de provocations, voire ont dans un premier temps menti en disant que le lycéen avait blessé deux policiers et était en garde à vue (l’initiative en revient à Métronews).

De plus, le gouvernement craint la mobilisation du 31, qui sera bien plus massive que les précédentes, et craint surtout ses suites. Il voit aussi que réprimer un mouvement qui peut avoir la sympathie de larges franges de la société (les fameux 70% contre la loi El Khomri) est risqué, et pourrait favoriser la solidarité, le "tous ensemble" qu’il cherche pourtant à éviter.

Et ça n’est pas la carte, encore une fois, de "l’attentat déjoué", qui nous fera penser le contraire. Face à la répression du mouvement, nous répondons présents, et soutenons tous les rassemblements qui s’organisent dès vendredi 25.

Libération immédiate des gardés à vue !

Face au gouvernement des patrons et à sa police, dans la rue tant qu’il le faudra pour le retrait total de la loi El Khomri !




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