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« Meloni , le peuple a faim »

Italie. Des milliers de travailleurs en grève contre la politique austéritaire de Meloni

À Milan, à Naples ou à Rome, des milliers de manifestants sont descendus dans la rue à l’appel de l’UGIL et de la CGIL ce vendredi 17 novembre contre le gouvernement de Giorgia Meloni et sa politique austéritaire.

Léo Stella

22 novembre 2023

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Italie. Des milliers de travailleurs en grève contre la politique austéritaire de Meloni

Crédits photo : Marco Merlini via CGIL Nazionale

Vendredi 17 novembre, des milliers de travailleurs des services publics comme du secteur privé se sont mis en grève et ont manifesté contre le gouvernement d’extrême-droite de Giorgia Meloni. Une journée de lutte appelée par l’UGIL et l’UIL, deux des trois plus grandes centrales syndicales du pays, qui a réuni pour la première fois depuis des années plusieurs dizaines de milliers de travailleurs de différents secteurs sur tout le territoire. Dans certains secteurs stratégiques les chiffres de mobilisation atteignent 80% comme dans la logistique ou 70% dans le transport ferroviaire, selon l’UGIL.

Les étudiants étaient également de la partie, avec plusieurs universités mobilisées pour revendiquer une réforme du système éducatif. Chaque année en effet, de nombreux jeunes se blessent lors de leurs stages en entreprise qu’ils effectuent gratuitement pour le patronat italien. Ils revendiquent l’élargissement de l’accession aux bourses, la fin de la mise en place de stage obligatoire dans les lycées ainsi qu’une couverture santé.

Plusieurs milliers de manifestants ont défilé dans toute l’Italie pour dénoncer le projet de finance 2024 porté par le gouvernement d’extrême-droite de Meloni qui comporte une série d’attaques austéritaires. La principale d’entre elles concerne les retraites et prévoit de durcir considérablement les conditions d’accès à la retraite avant l’âge légal, qui est de 67 ans.

Si à l’heure actuelle, la plupart des travailleurs peuvent partir à la retraite à 62 ans et 64 ans, le projet de loi compte réserver ce droit aux travailleurs les plus aisés en mettant en place des pénalités plus lourdes pour ceux qui partent à la retraite avant 67 ans. Des conditions qui seront encore renforcées pour les travailleurs des services publics avec le renforcement de la loi Fornero de 2011.

Le projet de loi proposé par Meloni vise également à s’attaquer de manière brutale aux services publics, avec une vague de privatisation des biens publics qui s’élèverait à 20 milliards d’euros au cours de la période 2024-2026. À cela s’ajoute la volonté de retirer quatre milliards d’euros au budget des collectivités locales, qui devront elles-mêmes prendre dans l’enveloppe allouée aux services publics locaux. Des attaques qui visent à favoriser le secteur du privé, des entreprises aux services de santés privés à qui le gouvernement promet d’allouer 600 000 euros.

Prendre aux pauvres pour donner aux riches, voilà l’objectif visé par le gouvernement d’extrême-droite. En effet, « le gouvernement Meloni prévoit 8 milliards d’euros de baisse des dépenses qui seront entièrement absorbés par les 24 milliards d’euros de baisse d’impôts prévus, tant sur le travail que sur le revenu » selon Mediapart. Un programme « classiquement néolibéral » qui coupe « dans les dépenses sociales », à l’image du fonds d’aide aux dépenses énergétiques pour les foyers les plus précaires qui va être divisé par deux, et baisse « des prestations pour financer les baisses d’impôts » qui vont bénéficier aux secteurs les plus aisés du pays.

Ces attaques austéritaires d’ampleur que prévoit le gouvernement s’inscrivent dans la continuité d’une série d’offensives anti-sociales, à l’image de la suppression du RSA italien le 1 mai dernier. Depuis son accès au pouvoir, l’extrême-droite de Meloni mène une politique néolibérale qui impacte directement les travailleurs et les classes populaires italiennes : alors que la valeur monétaire des actifs des milliardaires italiens a augmenté d’environ 13 milliards de dollars, 60 % des italiens n’arrivent pas à boucler leurs fins de mois à cause de l’inflation.

Suite à la mobilisation de vendredi contre l’austérité, le ministre des transports Mateo Salvini a cherché jeter le discrédit sur la colère des travailleurs italiens, évoquant un « caprice » des travailleurs qui aurait pour but d’avoir un « long week-end » pour ne pas avoir à travailler. Un crachat au visage qui s’est accompagné d’une attaque contre le droit de grève par la réduction des capacités de grève de 8 à 4 heures par jour pour les travailleurs des transports.



Alors que le gouvernement mène une offensive anti-ouvrière et multiplie les réformes austéritaires, la journée de grève nationale de vendredi n’est qu’un premier pas et devrait servir de point d’appui à la construction d’une mobilisation d’ensemble contre le gouvernement d’extrême-droite de Meloni, qui mène une guerre depuis plus d’un an contre les plus précaires, les immigrés et les personnes LGBT.


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